Lavancia-Epercy (Jura) : débrayage chez LMT-Belin, les salariés veulent obtenir du "temps pour trouver un autre travail"

Les personnels de cette entreprise industrielle de près de 100 salariés se sont battus pour garder leur site de production, leurs savoir-faire et leurs emplois. Vendredi 27 novembre, ils débrayeront deux heures, pour obtenir des formations indispensables pour trouver un autre travail.

 
LMT Belin est situé à Lavancia-Epercy, à la frontière entre le Jura et l'Ain.
LMT Belin est situé à Lavancia-Epercy, à la frontière entre le Jura et l'Ain. © Google Street View
Ils y ont cru : en février 2020, ils se battaient encore pour essayer de garder leur site de production situé dans le Haut-Jura. Leurs atouts : un chiffre d'affaires en hausse, des bénéfices accrus et leurs savoir-faire. Vendredi 27 novembre, ils débrayeront deux heures pour tenter d'obtenir un PSE (Plan de Sauvegarde de l'Emploi) de "qualité". Afin d'être formés pour trouver un nouveau travail, ailleurs.

Le groupe LMT va arrêter la production sur son site jurassien


Belin situé à Lavancia-Epercy a été racheté en 2001 par LMT. Ce groupe allemand de 2.000 salariés gère plusieurs sites de production, comme aux Etats-Unis, en Chine ou encore en Inde.
Le site jurassien produit de l'outillage coupant pour l'automobile, la lunetterie et le secteur publicitaire. De l'outillage coupant, tout comme deux sites du groupes, basés en Allemagne. Trois sites en Europe ? Un de trop pour la direction du groupe, et c'est celui du Jura qui a été choisi pour disparaître. Seuls une dizaine de technico-commerciaux, sur les 93 salariés, garderont leurs postes. Il n'y aura plus de production à Lavancia-Epercy.

Déception et amertume pour Emmanuel Hivernat, segrétaire général du CSE, Comité Social et Economique, et porte-parole des salariés : "On conteste ce choix stratégique mais la décision est inéluctable. Pourtant, notre site fait des bénéfices, le chiffre d'affaires est en hausse. C'est ça qui fait mal au coeur : on est compétent, nos produit sont d'excellente qualité... On est meilleur que les Allemands ! Et on va arrêter la production..."

Dominique Thivillier est le directeur du site jurassien depuis 6 mois. Il réagit au débrayage : "Je comprends les salariés. On est à deux semaines de la fin de la négociation. On a encore trois réunions. Moi, ma mission, c'est de trouver un accord équilibré. J'y consacre tout mon temps. J'étais encore en visio avec nos collègues allemands. Il faut trouver le meilleur accord possible entre les deux parties. J'y mets un point d'honneur."

Dernière action pour un nouveau départ dans un marché de l'emploi en pleine crise

Vendredi 27 novembre, en débrayant deux heures, les salariés espèrent attirer l'attention des pouvoirs publics et obtenir un PSE "de qualité". Emmanuel Hivernat pose la situation : "En moyenne, les salariés sont âgés de 56 ans, 42 % d'entre nous ont plus de 50 ans. Pour se reclasser, on doit faire des formations pour répondre aux nouvelles demandes du marché du travail... Certains ont fait toute leur carrière chez Belin... 

Emmanuel Hivernat est inquiet, d'autant que la situation économique du Jura n'est pas brillante aves des entreprises qui connaissent de grandes difficultés, comme SKF à Lons-le-Saunier, ou, plus près de Lavancia-Epercy, la lunetterie L'Amy, MBF Alu à Saint-Claude... MBF Alu est, d'ailleurs, l'un des clients de LMT-Belin. Le porte-parole des salariés conclut : "Belin, ça s'étiole. L'entreprise s'en va tout doucement. C'est dur à vivre..."
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