Lavancia-Epercy (Jura) : la fermeture de l'usine LMT Belin France provoque la suppression de 100 emplois

LMT Belin est situé à Lavancia-Epercy, à la frontière entre le Jura et l'Ain. / © Google Street View
LMT Belin est situé à Lavancia-Epercy, à la frontière entre le Jura et l'Ain. / © Google Street View

Le groupe allemand LMT, installé à Lavancia-Epercy dans le Jura, a décidé de se retirer de la gestion de l'usine Belin. La direction va transférer l’essentiel de l’activité de l’entreprise en Allemagne, provoquant ainsi la suppression de 100 emplois. Elle cherche un repreneur.

Par S.R, C.E-Z et I.B

Au total, 100 emplois pourraient être détruits sur le site installé à la frontière entre le Jura et l'Ain. L’essentiel de l’activité de l’entreprise Belin s'apprête à être transféré sur le site Allemand. LMT Belin France est un fabricant français d'outils coupants de précision, spécialistes des fraises de découpe une dent et de la fabrication d'alésoirs haute précision pour les industries. 

Le site de Lavancia dans le Jura est l'une des trois usines que possède le groupe LMT  en Europe, les deux autres sont basés en Allemagne. LMT  emploie 2000 salariés dans le monde, ce groupe est très dépendant de lactivité de l’automobile, un secteur qui connait actuellement de profonds changements avec, notamment des volumes jugés trop importants, et surtout des bouleversements technologiques.

C’est le site jurassien qui fait les frais de cette restructuration. Le groupe veut garder l’ingenierie et la commercialisation, donc les clients. Seule la production restera à Lavancia. Cette entreprise a été créée en 1962 par Yvon Belin et elle a été vendue en 2001 au groupe allemand LMT, le site jurassien devient Belin-LMT.

Belin-LMT est le plus gros employeur de Lavancia, ce village jurassien compte moins de 700 habitants. 

PAS DE GREVE POUR MONTRER "LE PROFESSIONALISME DES SALARIES"

L'annonce de la suppression de ces emplois a provoqué l'incompréhension et la colère des salariés qui, malgré ce contexte d’incertitude, veulent être positifs. Pas question de débrayer, ils poursuivent le travail « pour montrer notre professionnalisme » dit Isabelle Courtet, déléguée  syndicale CFDT. Même volonté de "positiver" de la part de Christophe Rodia, délégué syndical CFTC, responsable du pôle de production. Tous les deux sont membres du Comité Social et Economique.

« C’est difficile dans les ateliers » raconte Christophe Rodia, les larmes aux yeux. Il est entré dans cette entreprise à l’âge de 18 ans, il y a 35 ans. Une cellule psychologique a été mise en place pour aider les salariés. 
Difficile aussi pour le Directeur Général, qui dirige cette société depuis plus de 10 ans. Le dirigeant insiste : « Ce ne sont absolument pas nos performances qui sont en jeu. Nous venons de réaliser d’excellentes années. »

LE SITE JURASSIEN A DES ATOUTS

Le site jurassien semble effectivement avoir beaucoup d’atouts : une entreprise performante, qui a réalisé de très bonnes années, notamment les deux dernières. En 2019, 18 millions de chiffre d’affaires. Des éléments qui pourraient séduire un éventuel repreneur. Des démarches sont en cours, avec un bureau d’experts basé à Paris, pour dénicher l’industriel « qui aurait un beau projet » espère la syndicaliste.
Dans un communiqué, la direction précise qu'elle "souhaite intégrer les partenaires sociaux du site au cœur du dispositif de recherche. Elle se veut optimiste quant aux chances de succès de cette recherche aux vues des atouts indéniables du site de Belin et de ses salariés".

"UNE INCOMPREHENSION TOTALE"

Le 10 février dernier , un communiqué de la CGT avait été publié déclarant "Alors que l’activité de Belin bénéficie d’une image prestigieuse, que le savoir-faire de l’entreprise, donc de ses salariés est mondialement reconnu, la décision du groupe allemand constitue un véritable gâchis industriel, de compétences et dessine des avenirs inquiétants pour les salariés jurassien(nes) et aindinois(es)" s'indignent les représentants syndicaux dans un communiqué.

La CGT dénonce "une stratégie de rentabilité financière et de rapatriement de production car l’activité des sites allemands serait en baisse d’où la décision de restructuration". Et de préciser : "Déjà en 2018, le groupe avait décidé de transférer une part de l’activité en Chine et avait demandé aux salariés de Lavancia de former leurs collègues chinois à l’affûtage de leurs outils." Selon la CGT "La décision de séparer de la production en France engendre une incompréhension totale". Le syndicat  dénonce fermement la décision du groupe et "déplore profondément le silence de l’Etat, des pouvoirs publics et des élus locaux"

 
Avec Isabelle Courtet
Déléguée CFDT, Trésorière du CSE
Bertrand Lefevre
Directeur Général de Belin-LMT
reportage C.Eme-Ziri, H.Perret et G.Bessaa
 

 



 

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