Lons-le-Saunier : les urgences vont perdre plusieurs médecins

© France 3 Franche-Comté : Franck Menestret
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Les urgences de Lons-le-Saunier vont perdre deux médecins et un demi-poste dans les prochaines semaines. En profond désaccord avec le non renouvellement par la direction du contrat d’un jeune médecin, l'urgentiste Yves Duffait a annoncé son départ volontaire d'ici décembre prochain.

Par Lucie Thiery

Le service des urgences de Lons-le-Saunier va perdre deux médecins et un demi-poste dans les prochaines semaines. 
Depuis le début de l'année les urgences ont connu cinq départs de praticiens.

"Malheureusement rares sont les services d'urgence qui tournent à effectif plein" déplore Yves Duffait. En avril dernier, l'urgentiste avait relié Lons-le-Saunier à Paris au ministère de la santé à vélo pour sauver la deuxième ligne SMUR.
Aujourd'hui le responsable de ligne SMUR a décidé de quitter son poste à l'hôpital de Lons-le-Saunier pour protester contre le non-renouvellement du contrat d'un jeune médecin. Son départ volontaire est prévu avant la fin décembre 2019. "Une ligne blanche a été franchie" explique-t-il, "c'est un praticien qui n'a rien à se reprocher sur le plan professionnel, je ne vois rien qui puisse légitimer ce non renouvellement, surtout dans un tel contexte de pénurie d'urgentistes".
 
 

 
Interview de l'urgentiste Yves Duffait, "Cela risque d'être très compliqué d'assurer la présence de trois urgentistes jour et nuit aux urgences"

 "A ce jour les 5 départs de praticiens ne sont pas remplacés et cela risque d'être très compliqué car on avait déjà de la peine à trouver des remplaçants les weekends pendant les fêtes ou les jours fériés" craint Yves Duffait qui ajoute : "cela va être très difficile d'assurer la présence de trois urgentistes de jour comme de nuit". Aujourd'hui les urgences fonctionnent avec 10 praticiens, il en faudrait au moins 12 selon lui.
Interview de l'urgentiste Yves Duffait, "le remplacement des praticiens sur le départ va représenter un coût de 60 000 euros par mois pour l'hôpital de Lons-le-Saunier"

Yves Duffait exerce depuis 9 ans au service des urgences de Lons-le-Saunier. Depuis janvier il lutte pour la sauvegarde de la deuxième ligne de SMUR. "C'est une page qui se tourne qui est difficile à tourner, mais le combat se poursuit, je continuerai à le mener pour les urgences au niveau national et pour le système de santé de manière générale qui est en souffrance". 

De son côté, la direction de l'hôpital de Lons-le-Saunier confirme deux départs et précise que des recrutements de praticiens sont en cours.
À l’heure actuelle, deux lignes de SMUR sont en fonctionnement à Lons-le-Saunier le jour, contre une seule la nuit. La mise en place de la ligne SMUR bis (devant remplacer SMUR 2) est en place depuis septembre. La direction déclare travailler sur différents projets : "la requalification du SMUR mais également l’installation d’une unité de surveillance continue avec la création de six lits, la mise en place d’un transport infirmier inter hospitalier, le recrutement de personnels para –médicaux, ou encore la rénovation du service de réanimation".

Le médecin Patrick Pelloux, président de l'Association des Médecins Urgentistes de France (AMUF), devait se rendre aux urgences de Lons-le-Saunier mercredi 23 octobre. En raison des perturbations ferroviaires prévues, il reporte sa venue à une date ultérieure. Il devait rencontrer la direction pour évoquer les difficiles conditions de travail des soignants des urgences, le manque de personnel et de moyen.

Une manifestation nationale est prévue le 14 novembre prochain à l'appel du collectif de soignants inter-hôpitaux.

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