Meurtre de Yannick Dietsch à Faverois près de Belfort : deux hommes jugés en appel

La cour d’appel doit rejuger à partir de ce mardi 4 mai, deux personnes dans le cadre de la  la mort de Yannick Dietsch, 27 ans, tué à coups de fusil de chasse en décembre 2016 à Faverois dans le Territoire de Belfort.

Le corps de Yannick Diestch retrouvé début décembre 2016 à Faverois dans le Territoire de Belfort.
Le corps de Yannick Diestch retrouvé début décembre 2016 à Faverois dans le Territoire de Belfort. © France Télévisions

Le procès en appel se déroulera à Lons-Le-Saunier dans le Jura. Dans le box des accusés, deux hommes, Dilan Laurence et David Tournier déjà jugés en septembre 2020 par la cour d’assises de la Haute-Saône et du Territoire de Belfort. Le parquet avait fait appel de leur condamnation. Ils avaient été acquittés pour meurtre, écopant de peines de prison pour recel d’armes uniquement. Le parquet avait pourtant requis 22 ans à leur encontre.

Tué avec un fusil de chasse 

Yannick Dietsch, un sans domicile fixe qui vivait dans une tente, est retrouvé sans vie le 2 décembre 2016. Un agriculteur fait la macabre découverte le long d’un chemin forestier, proche de la RD26, à proximité d’une cabane de chasse sur la commune de Faverois. L’homme est mort de plusieurs plombs de chasse (plomb de 8, grenaille de 4) tirés par un fusil de chasse de calibre 12, une arme volée. L’homicide ne fait aucun doute. 

Les enquêteurs ont rapidement des doutes sur un suspect, Jonathann Grohens qui se trouvait avec la victime cette nuit-là pour cambrioler une cabane.

Des armes découvertes, de l’ADN et l’enquête s’accélère

Début mars 2017, des armes sont découvertes dans un buisson à Saint-Dizier l’Evèque non loin des lieux du meurtre dont le fusil de calibre 12. Une trace d'ADN parle quelques semaines plus tard. Sur le fusil, les traces sont celles de la compagne de Jonathan Grohens. Placé en garde à vue, l’homme avoue fin mars avoir tiré accidentellement sur Yannick Diestch, il est mis en examen pour assassinat. “« J’ai eu une altercation avec Yannick...Je l’ai poursuivi avec un fusil à la main. J’ai trébuché. L’arme s’est actionnée en tombant et a touché Yannick. Il est tombé face contre terre. Quand je me suis approché, il agonisait. J’ai tiré une seconde fois pour l’achever et lui éviter de souffrir. Je fais cette déposition pour soulager ma conscience. » relate alors l’Est Républicain. Les deux hommes se sont disputés, la victime voulant acquérir l’un des deux fusils de chasse dérobés dans une cabane à Réchésy le 21 novembre. L’accusé va changer plusieurs fois de version accusant dans sa troisième version Dilan Laurence et David Tournier d’avoir été présents sur les lieux.

© France Télévisions

 

Quel rôle ont tenu les deux hommes à nouveau jugés ? 

Lors du procès en première instance, l’avocat général avait requis 22 ans de réclusion criminelle à l’encontre de Jonathan Grohens, Dilan Laurence et David Tournier. Les nombreux mensonges et variations de version des deux derniers à priori destinées à dissimuler leurs agissements illégaux (achat et consommation de stupéfiants) ont très certainement contribué à la placer dans le box de accusés. Des zones d’ombre subsistent ? Les deux hommes étaient-ils sur les lieux de la scène de crime ?. Non assure leur avocate, ils étaient alors en Suisse pour y acheter de la drogue, ils ont été filmés en train de faire le plein de carburant. Y avait-il une seconde arme présente au moment de la mort de Yannick Dietsch ? La cour d’appel va débattre durant 4 jours. Jonathann Grohens sera cité comme témoin.

Les peines prononcées lors du procès en première instance

En septembre 2020, la cour d’assises de Haute-Saône et du Territoire de Belfort a condamné Jonathan Grohens a 20 ans de réclusion pour meurtre. Dilan Laurence et David Tournier, avaient été condamnés à deux ans et un an de prison pour recel d’armes volées, mais acquittés pour le fait de meurtre. La compagne de Jonathan Grohens qui avait dissimulé les armes dans un buisson avait elle été condamnée à un an de prison avec sursis pour modification de scène de crime. Elle n'est, comme Jonathann Grohens, pas rejugée en appel.

La cour d'appel pourrait rendre son délibéré vendredi 7 mai, à moins que le procès ne dure moins longtemps.

 

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
justice société faits divers