Haute-Saône : l'atelier des potions, un jeu pour faire des maths en s'amusant

Et si les écoliers devenaient bons en maths grâce au jeu ? Cest le pari fait par Nicolas Pelay, un chercheur en mathématiques originaire de Haute-Saône. Il expérimente un jeu, "l'atelier des potions", dans des écoles de Bourgogne-Franche-Comté.

3/4 de grenouilles, 5/12e de serpent à mettre dans la potion magique.
3/4 de grenouilles, 5/12e de serpent à mettre dans la potion magique. © France 3 Franche-Comté : Philippe Arbez

Faire des maths en s'amusant, c'est désormais possible grâce au jeu  "l’atelier des potions".

Ce jeu a été développé par l’association "Plaisir maths"  présidée par Nicolas Pelay, docteur en didactique des mathématiques, originaire de Villesexel, en Haute-Saône. Ce collectif regroupant  des chercheurs et des enseignants s’est donné pour but de rendre l’apprentissage des mathématiques ludique, concret et accessible à tous.

Entre février 2017 et avril 2018, 5 prototypes ont été réalisés et le jeu a été testé auprès de 1000 élèves, dont  ceux de l'école primaire Chantereine de Villersexel, en Haute Saône .

" L’atelier des potions" n’est pas un simple jeu  familial, c’est avant tout un outil pédagogique destiné aux enseignants.

Cet objectif a été récompensé dès sa sortie, en 2018, par un EducaFlip (label éducatif décerné à des jeux à fort potentiel d’apprentissage).

 

♦ Faire des maths en se transformant en Harry Potter

Le temps d’une partie, chaque joueur se transforme en apprenti sorcier et sorcière, avec pour but : concocter des potions dans un chaudron.  Pour cela, chacun dispose de morceaux d'animaux peu ragoûtants, découpés en morceaux, qu’il mélange virtuellement  pour réaliser des recettes écrites sous forme de fractions.

Et l’air de rien, tout en manipulant des grenouilles, des chauves-souris, des araignées, des serpents, coupés en morceaux, les élèves réalisent des potions qui leur font faire des mathématiques. Les fractions, tant redoutées des écoliers, deviennent alors un jeu d’enfant.

1/5 d’araignée + 1/9 de chauve-souris + 1/9 de grenouille = la potion n°4

 Après cela, impossible de se cacher derrière la célèbre formule magique  " je n’ai pas la bosse des maths"»  même si notre pays est encore très mal classé dans les enquêtes internationales.

© NZ/France3 Bourgogne-Franche-Comté

 

♦ La France "n’a pas la bosse des maths"

L’enquête Timss (Trends in international Mathematics and Sciences study) évalue tous les 4 ans le niveau en maths et sciences des élèves d’un nombre important de pays. Dans celle réalisée en 2019,  sur un échantillon d’élèves de CM1 et de 4eme, la France se classe dernière des pays de l’union européenne et avant dernière de ceux de l’OCDE.

 Un score qui a encore baissé depuis la précédente enquête de 2015.

 

♦ Aimer les maths grâce au jeu

C’est sur les bancs de l'école primaire Chantereine de Villersexel, en Haute Saône, que Nicolas Pelay  a pris  goût aux maths. Très vite, il se consacre à un  de ses "dada" :  l’animation scientifique. Il constate alors, qu’en dehors du contexte scolaire, quand la pression sur les maths est relâchée, les enfants reprennent du plaisir et apprennent mieux en jouant.

D’où l’importance de réintroduire le jeu dans l’apprentissage des mathématiques à l’école.

Cette expérience du terrain amène  Nicolas Pelay à entreprendre une thèse sur " le contrat didactique et ludique en contexte d’animation scientifique". C’est à la suite de ce travail qu’il crée l’association "Plaisir maths" dont la voccation est de favoriser l’apprentissage ludique des maths . Le jeu l’atelier des potions voit le jour en 2018.

© NZ/France3 Bourgogne-Franche-Comté


♦ Le goût des maths, un enjeu pour les territoires

Très vite, Nicolas Pelay souhaite appliquer son expérience et ses constations au milieu scolaire. Grâce à 2 rencontres, son institutrice de CE1 et une ex enseignante qui a tenu un magasin de jeu, il mène une expérimentation dans l’école où il a lui-même été écolier, à Villersexel.

Depuis 2019,  l’atelier des potions est proposé aux élèves de CM1 et CM2 de cette école.

L'atelier des potions

Mais, pour Nicolas Pelay, travailler au niveau d’une seule école ne suffit pas. Pour redonner aux élèves français le goût des maths, il faut créer une dynamique sur tout un territoire,  en associant tous les acteurs de la communauté éducative : enseignants, parents, communes…

Aujourd’hui, l’expérience de Villersexel s’est étendue à toute la circonscription de Vesoul où chaque école est équipée du jeu "l’atelier des potions".  Pour Nicola Pelay, la prochaine étape est de développer l’expérience sur toutes les écoles du département de Haute-Saône et pourquoi pas celles de toute la Bourgogne-Franche-Comté.

 

 

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