La France en état d'urgence et la campagne des régionales suspendue

Dans la nuit, François Hollande a décrété l'état d'urgence pour l'ensemble du territoire français. 

Paris sous le choc. Les attentats d'hier soir ont fait plus de 120 morts.
Paris sous le choc. Les attentats d'hier soir ont fait plus de 120 morts. © MINE LANDOULSI / ANADOLU AGENCY / AFP)
François Hollande a décrété vendredi soir l'état d'urgence sur tout le territoire suite aux pires attaques terroristes en France qui ont fait au moins 120 morts.

Depuis l'Elysée, François Hollande annoncé dans une courte allocution télévisée avant un Conseil des ministres extraordinaire "deux décisions": "l'état d'urgence sera décrété, ce qui veut dire que certains lieux seront fermés, la circulation pourra être interdite et il y aura également des perquisitions qui pourront être décidées" dans toute la région parisienne.

L'état d'urgence, qui n'avait pas été décrété depuis les émeutes urbaines de 2005, "sera proclamé sur l'ensemble du territoire", a-t-il précisé dans sa déclaration.

La seconde décision que j'ai prise, c'est la fermeture des frontières, nous devons nous assurer que personne ne pourra rentrer pour commettre quelque acte que ce soit. Et en même temps que ceux qui auraient pu commettre les crimes qui sont hélas constatés puisse également être appréhendés, s'ils devaient sortir du territoire"

a expliqué M. Hollande.


Le communiqué de l'Elysée, publié à l'issue du Conseil des ministres, évoque en fait "le rétablissement immédiat des contrôles aux frontières", qui entrait en vigueur ce vendredi dans le cadre de la COP21.

Les partis politiques font bloc


Les principaux partis politiques, Parti socialiste, "Républicains" et Front national, ont annoncé la suspension de leur campagne électorale pour les régionales. Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, a évoqué sur Twitter "l'horreur", et indiqué qu'un "bureau national extraordinaire" du parti serait convoqué samedi à 18h.

Marine Le Pen, présidente du FN, a évoqué par le même canal une "colère froide (qui) nous serre le coeur".

Le prédécesseur de François Hollande, Nicolas Sarkozy, a lui indiqué dans une déclaration qu'il "soutenait la décision prise ce soir de décréter l'état d'urgence et la fermeture des frontières", demandant une réponse de "fermeté et de détermination à chaque instant".

L'ancien Premier ministre François Fillon a lui présenté dans un communiqué "l'unité nationale" comme un "devoir", ajoutant que "l'heure est à la résistance et au combat contre le fanatisme jihadiste", saluant les "décisions nécessaires à la sécurité des Français" prises par M. Hollande.

Alain Juppé a évoqué de "terribles attaques dans Paris. La France doit faire bloc face à ce défi mortel", a-t-il demandé sur Twitter en évoquant sa "détermination à mener la guerre".
Tous les groupes politiques à l'Assemblée nationale ont appelé à "l'union nationale".

A cette heure, toute querelle s'interrompt", a déclaré de son côté sur sa page Facebook Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle, "formant le voeu que nul ne s'abandonne à la vindicte et conserve sa capacité de discernement".

Parmi les quelques voix discordantes, Lionnel Luca (LR) a lâché: "Ce soir, Paris c'est Beyrouth ! Logique pour un pays en voie de libanisation. Nous paierons cher notre lâcheté face au communautarisme !"

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