"Le bonheur de voir à nouveau des gens venir au cinéma", les gérants impatients et soulagés de la réouverture le 19 mai

Après 203 jours de fermeture d'affilée, qui ont mis les cinémas en péril économique, les salles obscures pourront rouvrir au public, mercredi 19 mai, avec des jauges maximales de fréquentation. Près de 400 films sont en attente de diffusion dans les cinémas français.

Une salle de cinéma. (Image d'illustration).
Une salle de cinéma. (Image d'illustration). © Maxppp

Les salles du Majestic de Vesoul en Haute-Saône sont vides depuis sept mois. Sept longs mois sans que les cinéphiles ne foulent la moquette des salles obscures, impatients de voir les derniers films. Mais à partir de mercredi 19 mai, partout en France, les écrans noirs des cinémas français vont pouvoir se rallumer. " Je suis impatient, c’est un soulagement. Je serai présent ce mercredi pour le bonheur de voir à nouveau des gens venir au cinéma" s’exclame Jean-Claude Tupin, président de la société Majestic qui possède plusieurs cinémas dont le Majestic de Vesoul. D’ailleurs, le site internet expose fièrement la bonne nouvelle sur sa page d’accueil : « Réouverture de votre cinéma, mercredi 19 mai. A très vite, l’équipe Majestic »

Une jauge à 35% pour commencer

Cette réouverture se fera toutefois en douceur, le couvre-feu passe à 21 heures dès ce mercredi. Les cinémas pourront rouvrir avec une jauge de 35% et 800 spectateurs maximum jusqu’au 9 juin.

A partir du 9 juin, la jauge sera revue à 65% et le  couvre-feu sera établi à 23h. L’accueil dans les conditions optimales est prévu fin juin. " J’ai dû mal à croire au respect de ce calendrier " prévient, dubitatif, Cédric Louvet, directeur du Mégarama des Beaux-arts de Besançon. " C’était ce calendrier là ou rien, mais il est acceptable " prévient Jean-Claude Tupin, qui a participé aux négociations avec le gouvernement. " La première semaine sera peut-être compliquée, après on arrivera à une jauge correcte au bout de deux-trois semaines donc ça devrait passer" estime-t-il.

Les salles seront parsemées. "Ce sera un rang sur deux, un fauteuil sur deux sauf les familles de moins de cinq personnes. Elles pourront rester groupées " détaille Jean-Claude Tupin.

Un engouement déjà notable pour la réouverture mercredi

Au Majestic de Vesoul,  plus de 200 places sont déjà pré-vendues. " Il y a une vraie attente et une vraie demande, on sent un engouement autour du cinéma ". Même entrain à Besançon. " Ce matin, on était à 164 places vendues en ligne " se réjouit Cédric Louvet.

Hors-ligne, dans les cinés, c’est aussi l’effervescence. Celle des salariés et des directeurs. " On est en plein boom, tout est quasiment prêt. Il ne reste plus que l’habillage à finaliser ", comprendre "les affiches des films ". Pas les derniers sortis, mais un pêle-mêle de films car là aussi, " tout à était bousculé ". "Il y a plus de 400 films en attente",  précise Cédric Louvet.

"Les gens ont envie de sorties cultures, beaucoup de sondages réalisés pendant le confinement montrent leur attrait pour le grand écran. S’il pleut, ce sera un atout non négligeable pour nous " analyse Cédric Louvet.

Quels films seront à l’affiche ?

Certains films ont rejoint les plates-formes en ligne mais beaucoup ont été décalés d’un an comme "Les Tuches 4" d’Olivier Baroux ou "Mourir peut attendre", le nouveau James Bond de Cary Joji Fukunaga.

"Ces films étaient prévus fin 2020, ils ne sortiront que cette année ". Il y aura donc un mixte à l’affiche : il y aura des longs-métrages à la vie interrompue trop vite à l'automne, comme "Adieu les cons" d'Albert Dupontel, auréolé de sept César, ou "Drunk" de Thomas Vinterberg, qui a remporté un Oscar, et des nouveautés comme "Mondibulles "de Quentin Dupieux et "Falling" de Viggo Mortensen.  

Forte de ses 2000 cinémas pour 67 millions d'habitants, la France est la championne en terme d’offres  cinématographiques.

Les cinémas étaient fermés depuis le 30 octobre 2020.

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