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La limitation de la vitesse 80 km/h : une association d'automobilistes la rejette

© Jérémie FULLERINGER MAXPPP
© Jérémie FULLERINGER MAXPPP

L'association "40 millions d'automobilistes" ne veut pas de la limitation de la vitesse à 80 km/h sur les routes limitées jusqu'à maintenant à 90 km/h. Michel Raison, le sénateur LR de Haute-Saône, demande au gouvernement d'attendre les résultats d'une commission sénatoriale.

Par Catherine Eme-Ziri

L'association "40 millions d'automobilistes" a demandé mardi le retrait de la mesure controversée abaissant la limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires, contestant les résultats d'une expérimentation menée par le gouvernement.
Selon l'association, l'abaissement de la vitesse maximale autorisée "n'a pas permis de réduire la mortalité routière" lors de l'expérimentation menée sur 86 kilomètres de routes entre juillet 2015 et juillet 2017.

Bataille de chiffres

40 millions d'automobilistes, qui a livré mardi son bilan réalisé à partir des données officielles des Bulletins d'analyse des accidents corporels de la circulation (BAAC), dit avoir relevé une "augmentation de 10%" de l'accidentalité sur les tronçons de routes concernés entre 2012 et 2016.
"Le gouvernement a tordu les chiffres pour faire dire à l'expérimentation ce qui les arrange", a affirmé le délégué général de l'association Pierre Chasseray. Il demande à Édouard Philippe "de renoncer à la mesure de généralisation des 80 km/h" qui devrait entrer en vigueur au 1er juillet.

Dans un communiqué dénonçant des "biais méthodologiques", la Sécurité Routière a réaffirmé que le nombre de tués (3) et de blessés hospitalisés (18) sur la période de juillet 2015 à juin 2017 est "en diminution par rapport à l'équivalent sur deux ans des résultats enregistrés sur les cinq années 2010-2014 qui ont précédé l'expérimentation".
"En revanche, le nombre de blessés légers a augmenté", ajoute-t-elle. "Le gouvernement a toujours indiqué que sa décision de ramener à 80 km/h la vitesse maximale autorisée sur le réseau bidirectionnel sans séparateur central ne se fondait pas sur cette expérimentation, très limitée dans l'espace et dans le temps,", a-t-elle également rappelé.
"Il y a négation des données scientifiques pour rentrer dans un débat politique", a déploré auprès de l'AFP le délégué interministériel à la sécurité routière, Emmanuel
Barbe.

En attendant le sénat ?

Selon le gouvernement, l'abaissement de 90 km/h à 80 km/h de la vitesse maximale sur 400.000 km de routes secondaires à double sens sans séparateur central permettrait
de sauver de 350 à 400 vies par an.
Pour le sénateur (LR) de la Vienne, Alain Fouché, présent lors d'un point presse commun avec 40 millions d'automobilistes et la Fédération française des motards en colère (FFMC), "c'est une mesure stupide". "Le gouvernement, à un moment, va être obligé d'écouter. Il ne peut pas prendre de résolution contre l'avis populaire",
a-t-il estimé.

Un groupe de travail sénatorial, dont les travaux ont commencé mardi, doit rendre ses conclusions courant avril après avoir "évalué l'efficacité et l'impact" de la mesure.
Un de ses membres, le sénateur (LR) de la Haute-Saône Michel Raison, a demandé au Premier ministre de ne pas prendre le décret d'application en attendant ses conclusions.
(AFP)

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