Malaises de collégiennes à Morbier (Jura) : la piste de l'intoxication écartée

Les malaises ont eu lieu au stade des Marais, à Morez. / © France 3 Franche-Comté / Hugues Perret
Les malaises ont eu lieu au stade des Marais, à Morez. / © France 3 Franche-Comté / Hugues Perret

La piste de l'intoxication a été écartée par les enquêteurs, une semaine après la vague de malaises qui avait touché une quinzaine d'élèves du collège de Morez (Jura) lors d'un cross.

Par E.K. avec B. Galmiche et AFP

Aucune intoxication n'est à l'origine des malaises en série qui ont touché une quinzaine d'élèves - toutes des filles - d'un collège de Morez (Jura), le 3 octobre dernier lors d'un cross organisé à Morbier, a indiqué vendredi Lionel Pascal, le procureur de la République à Lons-le-Saunier.

Lors de la dernière épreuve de cross de la journée, les collégiennes de troisième avaient déclaré subir des malaises et maux de ventre. Cinq d'entre elles avaient été hospitalisées. Le pronostic vital d'une élève avait été engagé, avant que son état ne se stabilise. Cette jeune fille de 14 ans est sortie de l'hôpital jeudi soir, a précisé Lionel Pascal. Elle était la dernière des cinq adolescentes hospitalisées encore sous surveillance.
 

"Aucune molécule toxique"


"On n'a relevé aucune cause d'ordre toxique. Rien ne permet de dire que les élèves ont été intoxiqués", a déclaré vendredi M. Pascal. Les prélèvements gastriques et sanguins, ainsi que les analyses de l'eau et du sirop distribués au stand de ravitaillement, n'ont révélé "aucune molécule toxique", a dit le parquet.

Au total, quatre analyses d'eau ont été effectués, nous a précisé le procureur : sur une bouteille d'eau à proximité, sur des verres de sirop à l'eau, sur robinet et sur des pichets. Les prélèvements gastriques et sanguins ont été effectués uniquement sur la fille de 14 ans hospitalisée durant près d'une semaine. Les viennoiseries n'ont pas été analysées parce que tous les élèves n'en ont pas consommé.

Au lendemain du cross, la piste de l'intoxication à l'eau avait été privilégiée dans un premier temps. "L'eau était verte quand on est allée la remplir dans le vestiaire" avait alors déclaré une collégienne au micro de nos journalistes. C'était la version retenue par la préfecture et les secours sur place. Mais rapidement, des premières analyses effectuées par l'ARS sur le réseau d'eau potable, avaient exclu cette piste. Idem du côté de l'inspection académique : Anne-Claude Elisseeff, médecin conseiller technique auprès de l'inspecteur, nous avait expliqué : "Il y a peu de chance pour que ce soit un problème de ravitaillement".
 

Le flou persiste sur la cause des malaises


Pour autant, "les investigations se poursuivent" pour rechercher d'autres causes éventuelles, indique le parquet."Un médecin légiste a été requis pour prendre connaissance des éléments de la procédure afin de dire s'il est possible, au vu notamment des symptômes décrits, de leur survenance dans le temps, de déterminer une cause aux malaises éprouvés" par les adolescents, a-t-il dit. Ce médecin sera en charge d'examiner, une par une, les collégiennes pour déterminer les causes d'ordre médicales et s'il y a, ou non, une convergence.

Le flou persiste donc sur la raison exacte de cette vague de malaises. Dès vendredi 4 octobre, le procureur de la République parlait d'un fait inhabituel, mystérieux. Une semaine plus tard, il n'écarte toujours pas la piste d'un "trouble de la psychose", d'ordre "psychosomatique" qui aurait pu provoquer des réactions en cascade.

Dès les premiers malaises, un dispositif important de secours avait été mis en place. Des pompiers de 8 centre de secours ont été mobilisés. Un hélicoptère avait même été dépêché sur les lieux. Un centre opérationnel départemental (COD) avait rapidement été activé par la préfecture.

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