Territoires zéro chômeur : le Pays Nivernais Morvan souhaite créer 360 emplois en 3 ans

Six villes du Pays Nivernais Morvan veulent bénéficier du dispositif "Territoires zéro chômeur longue durée". Une initiative qui pourrait créer plus de 350 emplois en trois ans. Mais les communes doivent d'abord passer par un processus de sélection exigeant.
Le Pays Nivernais Morvan est un territoire regroupant 60 000 habitants.
Le Pays Nivernais Morvan est un territoire regroupant 60 000 habitants. © DR
A l'unanimité. Les députés se sont rejoints dans un rare consensus cette semaine pour voter la prolongation et l'élargissement de l'expérimentation Territoires zéro chômeur longue durée (TZCLD), proposée par l'ex-député de la Côte-d'Or, Laurent Granguillaume, en 2017.

50 nouveaux territoires devraient pouvoir bénéficier de cette initiative novatrice : les sommes normalement versées (RSA, allocations chômage) à des chômeurs, volontaires, de longue durée (plus d'un an) sont utilisées pour les payer à exercer des activités qui manquent à leur lieu de vie.

Les structures créées pour les accueillir sont nommées "entreprises à but d'emploi (EBE)". Elles n’embauchent qu'en CDI et au SMIC, et ne doivent pas marcher sur les plates-bandes d'activités locales existantes. La région et le département abondent financièrement directement ou indirectement le dispositif. Dans la Nièvre, le Pays Nivernais Morvan compte bien déposer un dossier pour bénéficier de l'initiative. "Ce vote signifie que la communauté nationale a le devoir et les moyens de rendre effectif le droit à l'emploi", souligne Christian Paul, président du Pays Nivernais Morvan.

Dans ce territoire de 60 000 habitants qui unit vingt communes et cinq communautés de communes, six villes devraient se porter candidates : Château-Chinon, Clamecy, Lormes, Luzy, Moulins-Engilbert et Varzy. "Dans chaque village, un comité local composé d'élus, de chômeurs, de cadres, d'associatifs tentent d'identifier les besoins et les compétences de l'endroit", explique l'ex-député de la Nièvre, sur le projet depuis 2018.

Dans ma commune, à Lormes, il n'existe pas d'atelier de réparation de vélos et de scooters. Il faut faire 15 kilomètres pour trouver quelqu'un de compétent".

Christian Paul, président du Pays Nivernais Morvan.

Il illustre : "par exemple, dans ma commune, à Lormes, il n'existe pas d'atelier de réparation de vélos et de scooters. Il faut faire 15 kilomètres pour trouver quelqu'un de compétent". L'idée serait donc de rémunérer une personne volontaire éloignée de l'emploi depuis longtemps pour combler ce besoin. Pour l'instant, les besoins identifiés sont "l'aide à la personne, la sous-traitance d'entreprises locales, la production artisanale, l'entretien des espaces communaux et une recyclerie", liste Christian Paul.

Non loin de là, à Prémery, dans la Nièvre, le "TZCLD" a déjà été testé : "cela a notamment permis de remettre sur le chemin de l'emploi un ébéniste et une créatrice de bijoux", affirme Christian Paul. Si les compétences et les besoins locaux ne se croisent pas, des formations peuvent aboutir.

Plus de 130 candidats pour 50 places

Une fourchette ambitieuse envisage la création de 60 emplois en 3 ans dans chaque ville nivernaise candidate, soit potentiellement 360 emplois. L'homme politique espère démarrer l'initiative à l'automne 2021 : "notre dossier, déposé en février ou mars 2021, pourrait être instruit de juin à octobre et démarrer dans la foulée".

"Plus de 130 territoires sont déjà candidats", a calculé Laurent Grandguillaume, à l'origine et aux manettes de TZCLD, alors que seulement 50 places seront disponibles.

"Les territoires intéressés devront candidater auprès du fonds d’expérimentation présidé par Louis Gallois. Ensuite, c’est le fonds qui soumettra les dossiers au ministère du Travail pour habilitation les dossiers qui répondent au cahier des charges. Et à la fin, c’est le ministère du Travail qui décidera", précisait l'ex-député de la Côte-d'Or, en septembre 2020 dans ces colonnes.

Bientôt le feu vert pour Semur ?


En Bourgogne, ce n'est pas la seule localité qui devrait déposer une candidature. Cluny, Tournus (Saône-et-Loire) et Semur-en-Auxois (Côte-d’Or) s'intéressent au projet. La seconde est également bien avancée dans sa démarche qui devrait être connue rapidement.
 
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