"On est prêts, ce sont les produits qu'on attend" : les EHPAD pilotes guettent l'arrivée du vaccin contre la Covid-19

En première ligne de la vaccination pour la Covid-19, les vingt EHPAD pilotes de Bourgogne-Franche-Comté ont préparé leurs salariés et leurs résidents pour la campagne qui débute ce 4 janvier. La grande majorité n'ont cependant pas encore reçu le vaccin et ne savent pas quand ils vont le recevoir.

Le dépistage n'est pas ouvert aux personnes de plus de 65 ans.
Le dépistage n'est pas ouvert aux personnes de plus de 65 ans. © France Télévisions

Après une première inaugurale à l'EHPAD de Champmaillot à Dijon le 27 décembre, la phase 1 de la campagne de vaccination doit débuter à partir du 4 janvier. Comme lui, 19 autres établissements pilotes de Bourgogne-Franche-Comté ont été désignés par l'agence régionale de santé (ARS) pour servir d'éclaireurs.

"Nous recevons les vaccins demain et nous pourrons commencer les injections mercredi auprès de 15 de nos résidents", indique Jean-Michel Suignard, directeur de l'hôpital de La Guiche. L'établissement de Saône-et-Loire, qui accueille 190 personnes dépendantes, compte répartir sa campagne sur une semaine, à raison d'une trentaine de vaccinations par jour.

"Concrètement, on est prêts"

Si tout semble planifié pour cet hôpital niché entre Montceau et Cluny, c'est loin d'être le cas pour les autres EHPAD pilotes. "Nous allons lancer la vaccination la semaine du 11 janvier, mais nous n'avons pas de date précise pour le moment. Concrètement, nous sommes prêts", souligne Sylvie Guillemet, directrice de l'EHPAD de la Capitainerie à Digoin, sur les bords de la Loire. Ici, les consultations médicales obligatoires préalables à l'injection, celles qui permettent aux patients d'exprimer ou non leur consentement, sont menées depuis la semaine dernière.

Un peu plus loin sur la Loire, l'EHPAD Le Cercle des ainés de Nevers a travaillé d'arrache-pied entre Noël et le Jour de l'An pour pouvoir vacciner dès ce 4 janvier. La maison de retraite a même fait appel à des intérimaires pour tenir l'échéance. Néanmoins, elle reste en attente de nouvelles de l'ARS et de la livraison du vaccin.

Les médecins mobilisés

Même mobilisation à l'EHPAD Abbé-Charron, à Chéroy dans le nord de l'Yonne. "On nous a demandé d'être prêts pour la première semaine de janvier, on s'est activés dès qu'on a été retenus comme établissement pilote. Un médecin coordonnateur a mené toutes les consultations, préparé les dossiers avec les antécédants pour savoir s'il y avait des contre-indications," relate Valérie Fischer, responsable de cette maison de retraite aux portes du Loiret et de la Seine-et-Marne.

Nous, on a tenu notre engagement. Les consultations médicales à organiser pour chacun des résidents ne ralentissent pas le processus. Ce sont davantage les produits qu'on attend.

Valérie Fischer, directrice de l'EHPAD Abbé-Charron à Chéroy (Yonne)

Cet établissement s'approvisionnera auprès de l'hôpital d'Auxerre, qui devait recevoir les vaccins ce 4 janvier. "On termine notre décompte ce matin, on attend trois consentements de la part de résidents. 70 ont déjà donné leur accord," poursuit Valérie Fischer.

À Chablis dans l'Yonne, le foyer de la Bretaude attend aussi que l'ARS lui communique le nombre de vaccins et la date de leur livraison. "Pour l'instant, nous n'avons pas de nouveaux éléments, mais ça tombera peut-être dans la journée, explique Jonathan Leroux, le chef d'établissement. On a tout ce qu'il faut, les démarches à conduire... On a la chance à Chablis, en milieu rural, d'avoir trois médecins qui ont pu mener les consultations préalables à la vaccination."

De notre côté, on est prêts. On a été tellement briefés ! Il était temps que ça commence, de nombreux résidents ont souffert de ne pas être sortis afin de rejoindre leurs familles pour les fêtes.

Jonathan Leroux, directeur du foyer de la Bretaude à Chablis (Yonne)

Les maisons de retraite Les Sept collines à Besançon, Belfontaine à Dijon, Courcelles à Rochefort-sur-Nenon près de Dole (Jura) et Les Feuillantines à Magny-Court dans la Nièvre affirment elle aussi être prêtes à vacciner. Seul représentant de Haute-Saône, l'EHPAD Cournot-Changey de Gray indique qu'il recevra probablement ses vaccins mercredi.

Contactée, l'ARS indique que 50 000 doses de vaccin vont être dispersés en Bourgogne-Franche-Comté. "Dans les prochains jours, chaque département devrait disposer d'au moins 5 000 doses" proportionnellement à la population qu'il compte en EHPAD, affirme l'agence régionale de santé. Ce 4 janvier, près de 7 000 sont déjà disponibles.

Faire de la prévention

Au delà des consultations médicales à organiser pour chaque résident, cette campagne de vaccination implique aussi le renforcement des effectifs dans les EHPAD et unités de soins de longue durée (USLD) de Bourgogne-Franche-Comté. "En période pré-vaccinale, on se doit de rassurer les résidents et leurs familles, les accompagner," confie Valérie Fischer.

La phase 1 de la campagne de vaccination contre la Covid-19 concerne un million de personnes âgées résidant en maison de retraite, jugées prioritaires par la Haute autorité de santé (HAS), ainsi que leurs soignants présentant un risque de forme grave. Cette campagne débute en France ce 4 janvier et devrait s'étaler sur janvier et février car la première injection doit se compléter d'une seconde, à réaliser 21 jours après.

Le panel de vingt EHPAD et USLD pilotes, représentatifs de la Bourgogne-Franche-Comté par leurs tailles, situations géographiques et statuts différents, devraient être suivis par 450 autres établissements de la région. Celle-ci compte environ 40 000 personnes âgées vivant en maison de retraites. À cette première phase succédera une phase 2 en mars, destinée aux Français âgés de plus 65 ans, puis une phase 3 qui concernera l'ensemble de la population.

 

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