Port du casque sur les pistes de ski : y a-t-il une obligation ? Les skieurs sont-ils équipés ?

© Laurence Mouton - maxPPP
© Laurence Mouton - maxPPP

Un accident mortel s'est produit le 26 janvier 2020 dans le Jura. La victime ne portait pas de casque. Les stations recommandent fortement cet équipement qui peut limiter les blessures en cas de choc. Que dit la réglèmentation ? 

Par Sophie Courageot

Porter un casque quand on s'élance sur les pistes de ski alpin. Un équipement que l'on voit se démocratiser de plus en plus. Mais il n'est pas obligatoire pour monter dans le télésiège ou dans la télécabine. 

Actuellement, seules les écoles de ski obligent les enfants à porter cet équipement. Un casque pour enfant, c'est un budget à partir de 15 euros environ dans les grandes enseignes de sport. 

Au lendemain de l'accident mortel qui s'est produit dans la station jurassienne des Rousses, les stations renouvellent le message de prévention. "Le port du casque devient une nécessité absolue. Il y a eu de gros efforts faits sur les jeunes enfants, mais il reste encore beaucoup à faire sur les populations adultes qui ne se rendent pas compte du risque pris sur des pistes même à profil doux" estime Pierrick Amizet, directeur d'exploitation de la station des Rousses dans le Jura. L'accident mortel s'est produit aux Rousses sur une piste verte. 


3 adultes français sur 10 ne portent pas le casque sur les pistes


Selon une publication du Système National d'Observation de la Sécurité en Montagne, les adultes portent de plus en plus le casque. Mais les skieurs français ne sont pas les plus équipés. 

73% des skieurs français portent cet équipement de sécurité tous âges confondus. Ils sont 88% chez les skieurs étrangers évoluant sur les pistes française. 
Chez les enfants, effectivement le réflexe est ancré chez les parents. Les enfants skient munis d'un casque à 97%. 
 
© ENSA
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9 morts par traumatisme en 2019 sur les pistes de ski alpin en France 


En 2018-2019, 8 personnes sont décédées sur des pistes de ski alpin, victimes de traumatismes.

En 2019, 44 252 personnes ont été blessées lors de la pratique du ski. Les blessures enregistrées sur les pistes de ski ont pour origine à 93% une chute solitaire du skieurs. Ils sont en hausse  par rapport à la saison précédente : les collisions entre usagers de 5,5 à 6% et les collisions contre obstacle de 0,5 à 0,8%. La majorité des accidents se déroulent sur des pistes bleues. 
 

La prévention plutôt qu'une loi pour obliger au port du casque 


En 2013, la sénatrice du Haut-Rhin Patricia Schillinger s'interrogeait dans une question écrite sur le fait de rendre obligatoire cet équipement pour les enfants de moins de 14 ans. Car dans certains pays étrangers, le port du casque pour les jeunes skieurs est une obligation. C'est le cas en Autriche, Italie, États-Unis, Canada et Espagne. Le ministère des sports et de la jeunesse expliquait alors préférer jouer la prévention. Selon des chiffres du ministère, le port du casque chez l'enfant était passé 15 % en 1995 à 95 % en 2011. La prévention aurait permis "une modification profonde des mentalités chez l'adulte, où l'on observe un taux d'équipement croissant chaque année. Il paraît donc souhaitable de privilégier cette approche préventive, souhaitée par de nombreux acteurs de la montagne, avant éventuellement de légiférer sur ce sujet" expliquait en 2013 le ministère.

En 2018, un proposition de loi avait à nouveau été déposée évoquant le fait que sur un million d'enfants pratiquant le ski, 40.000 ne porteraient toujours pas le casque. 

En vélo, en revanche le port du casque est rendu obligatoire pour les enfants de moins de 12 ans depuis le 22 mars 2017. En cas de contravention, le parent risque une amende de 135 euros. 


 

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