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Pourquoi le magazine Sparse s'offre-t-il une cérémonie déjantée de remise de prix ?

Pierre-Olivier Bobo et Antoine Gauthier, les deux moteurs de l'aventure Sparse, lors des premiers "Sparse Awards" à Dijon le 19 décembre 2014.
Pierre-Olivier Bobo et Antoine Gauthier, les deux moteurs de l'aventure Sparse, lors des premiers "Sparse Awards" à Dijon le 19 décembre 2014.

Le magazine Sparse, un trimestriel gratuit diffusé en Bourgogne-Franche-Comté, organise la 2ème édition des "Sparse Awards", ce vendredi 2 décembre à 19h au Théâtre Mansart de Dijon. L'événement s'annonce chargé d'humour et de dérision, mais le projet est plus sérieux qu'il n'y parait. Interview.

Par T.S.

Sur le papier, la cérémonie des "Sparse Awards" doit récompenser les personnalités, structures, événements qui auront marqué l'année 2016. Dans les faits, il s'agira surtout de passer un bon moment, en regardant les événements de l'année avec dérision, auto-dérision, et une grosse louche de second dégré.

Décrié par certains comme un magazine "de bobos du centre-ville dijonnais", Sparse a fait sa place par son style taquin, sarcastique, mais aussi grâce à l'originalité de sa ligne éditoriale. Car oui, derrière les blagues vaseuses et les moqueries, il y a une équipe qui travaille bien, et bénévolement, pour que sorte un numéro tous les trois mois. Interview du directeur de 32 ans, Pierre-Olivier Bobo (sic), à la manière de... Sparse.

D'abord c'est quoi ce nom, Sparse ? 
"Ca ne veut rien dire ! Au départ, je cherchais un nom court, élégant. Et c'est sorti de ma tête. Mais il n'y a aucune signification. Par la suite j'ai découvert qu'en anglais ça voulait dire clairsemé, éparpillé. Mais non, c'est juste un nom qui me plaisait."

C'était quoi le projet, à la base ?
"J'ai toujours aimé lire la presse, de Onze Mondial à Society, et j'ai eu un déclic quand j'étais en master Euromédias à l'université de Bourgogne. J'ai eu l'idée de créer un site internet, anglé culture, et tout est parti de là. On a écrit des articles, ça nous a plu, et cela a abouti à la création du magazine papier fin 2012, un gratuit trimestriel. Le premier numéro est sorti à 1.500 exemplaires, et aujourd'hui on est à 10.000 sur la grande région. Le 17ème numéro sortira le 9 décembre."

Ce serait quoi, la suite rêvée pour Sparse ?
"Il faudrait se structurer. Pour le moment on est tous bénévoles ! Antoine Gauthier (rédacteur en chef) devrait être salarié en 2017, c'est cool. Ensuite, il faut continuer à choper du pognon auprès de nos partenaires, augmenter les ventes de pub. On sait que c'est difficile de faire du magazine local qui soit rentable. On voit d'autres choses qui se montent, avec des cibles très identifiées, comme les femmes en Bourgogne par exemple... Mais moi ce que je lis ailleurs, je ne trouve pas ça intéressant. Notre priorité c'est de faire un magazine de qualité."

La couverture du 16e numéro de Sparse. / © Sparse

"C'est une question de second degré. Si on en a, ou pas."


Depuis un an le magazine Sparse est aussi distribué en Franche-Comté. Ca marche ?
"C'est difficile de séduire le Bisontin ! Pour eux nous sommes des Dijonnais moqueurs. C'est toujours dommage quand les gens ont l'impression qu'on se fout de leur gueule, mais tout ça c'est une question de second degré, si on en a ou pas. Moi je viens du Creusot ! On ne veut pas du tout être cassant avec les gens, mais en même temps, on veut garder l'esprit dérision de Sparse. Nous-même, on se moque en permanence du fait qu'on soit des bobos de centre-ville."

Quel est l'objectif caché des "Sparse Awards" ?
"Le but est de brosser tous nos partenaires dans le sens du poil pour qu'ils nous achètent encore plus de pub ! Non, le but est de se faire plaisir. On trouve le côté cérémonie assez rigolo. On voit autour de nous des expériences très premier degré, comme les trophées du Cercle com', ou les trophées des grands crus... Chez nous l'idée est à l'inverse de ne pas se prendre au sérieux du tout. Mais mine de rien, après la 1ère édition des "Sparse Awards" en 2014, nous avons eu beaucoup de bons retours. Des gens ont vu qu'on avait réussi à faire un show carré, bien bossé."


Vous annoncez que la soirée sera "agrémentée d'animations irréelles ainsi que d'une performance son et lumière à couper le souffle"... 
"C'est vrai ! Il y aura des remises de prix, par catégories. Par exemple le produit local de l'année, où les nommés sont entre autres la moutarde au mojito et la cancoillote au chocolat... Il y aura aussi des vidéos, des surprises, le public devra participer. On remettra aussi le trophée Cyril Hanouna, mais je ne peux pas en dire plus..." 

Faut-il venir bien sapé ?
"Non pas obligatoirement. Après, comme on joue un peu la cérémonie officielle, certains sortiront le grand jeu. On va s'amuser avec un tapis rouge, et même un photocall."

Pourquoi relancer l'événement cette année, 2 ans après la première ? 
"En 2015 on n'avait plus de pognon ! Non, il n'y a pas eu de stratégie précise, mais on n'était pas trop chaud dans l'équipe pour remettre ça tout de suite. Et puis c'est revenu ! L'équipe du Théâtre Mansart est chouette, ils nous aident beaucoup. En fait tout ça s'est décidé ivres morts à 4 du mat' dans un bar..."

Les places pour les "Sparse Awards" sont à 2,99 €. Elles s'arrachent ?

"Il y en a 204 exactement, au Théâtre Mansart, et il en reste une poignée à vendre... 2,99 € c'est du marketing agressif (rires), pour inciter les gens à venir. On est d'ailleurs en train de faire une réserve de pièces de 1 centime pour vendredi..." 

Plus d'infos sur la page Facebook des "Sparse Awards".

 

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