Quel risque courons-nous en Bourgogne-Franche-Comté en cas d’accident nucléaire ?

La centrale nucléaire de Fessenheim doit fermer ses portes "fin 2018, début 2019". / © FRANCIA ENERGÍA NUCLEAR:RON01 FESSENHEIM (FRANCIA) 05/05/2017
La centrale nucléaire de Fessenheim doit fermer ses portes "fin 2018, début 2019". / © FRANCIA ENERGÍA NUCLEAR:RON01 FESSENHEIM (FRANCIA) 05/05/2017

L'ONGI Greenpeace diffuse une carte des risques nucléaires en France, en cas d'accident dans l'une des 19 centrales présentes sur le territoire. Qu'en est-il en Bourgogne-Franche-Comté ? Découvrez le dans une carte interactive.

Par Sarah Rebouh

"En France, nous sommes 66 % à vivre à moins de 75 km d’un réacteur nucléaire. Avec la carte interactive que nous rendons disponible cette semaine, visualisons concrètement le risque nucléaire lié aux 58 réacteurs présents sur notre territoire… et la protection insuffisante dont nous bénéficions" écrit Greenpeace sur son site internet

Sur la version actuelle de cette carte, l'ONGI de protection de l'environnement présente dans plus de quarante pays à travers le monde a choisi de faire figurer les 19 centrales nucléaires françaises, exploitées par EDF, ainsi que les 2 centrales nucléaires belges, exploitées par Engie-Electrabel. 

Une zone d'intervention trop restreinte

Cette carte permet d’identifier les centrales nucléaires qui sont proches de chez nous et de comprendre quelle pourrait être l’étendue de la contamination radioactive en cas de catastrophe de type Tchernobyl ou Fukushima. L'ONGI se base sur la zone PPI. En France, la zone PPI est la zone dans laquelle s’applique le Plan Particulier d’Intervention (en savoir plus). Ce plan comporte l’ensemble des mesures qui doivent être appliquées par le préfet en cas d’accident sur un site nucléaire.

Grâce à cette carte, Greenpeace démontre que les habitants hors de cette zone risquent aussi d'être irradiés malgré le fait qu'ils ne fassent pas partie de la zone PPI.

"Le plan actuel prévoit une zone de…10 km. En 2016, S. Royal, alors ministre de l’Environnement, a annoncé le doublement de ces zones (20 km). Cependant, il n’y a pour le moment qu’une circulaire adoptée et pas de décret d’application publié. Le calendrier reste inconnu et Greenpeace tient à souligner qu’un PPI, même élargi à 20 km, reste un PPI trop restreint" explique l'ONGI.

► Parcourez la carte de Greenpeace : 


La centrale nucléaire la plus proche de notre région Bourgogne-Franche-Comté,  n'est autre que la plus vieille de France : la Centrale EDF de Fessenheim, construite en 1977. Le Secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, Sébastien Lecornu, a annoncé sur Public Sénat le 23 novembre la fermeture prochaine de cette centrale. "Je vous confirme la fermeture [de la centrale de] Fessenheim au moment même où l’EPR de Flamanville prendra fonction, fin 2018, début 2019" a-t-il déclaré. 

Les habitants de Bourgogne-Franche-Comté restent concernés

Une fois Fesseinheim fermée, les habitants de Bourgogne-Franche-Comté se situeront assez loin de la plupart des centrales nucléaires françaises. Pourtant, ils pourraient tout de même être concernés par un impact radiologique équivalent à celui de Tchernobyl (300 km) en cas d'explosion de la centrale EDF de Nogent-Sur-Seine, de celle de Belleville dans le centre de la France ou encore de celle de la centrale EDF de Bugey, près de Lyon.  

Dans le cas de l'explosion de cette dernière, la ville de Mâcon se retrouverait par exemple en "zone Fukushima" alors que Besançon serait touchée également, puisqu'elle est implantée dans un périmètre de 300 km, en "zone Tchernobyl". Les habitants de la ville de Dijon seraient impactés et se trouveraient eux-aussi dans une "zone Tchernobyl" en cas d'explosion de la centrale EDF de Belleville.


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