Des réfugiés relocalisés de Grèce sont en route pour le Jura

© ROMAIN LAFABREGUE / AFP
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La France accueillait ce mercredi le plus gros groupe de réfugiés relocalisés depuis la Grèce, et le dernier d'une telle taille dans le cadre de ce programme. Ils doivent être répartis entre des destinations en Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne Rhône-Alpes, ou PACA.

Par AFP

Enfants qui courent, énormes chariots de bagages, sourires fatigués mais joyeux : la France accueillait mercredi le plus gros groupe de réfugiés relocalisés depuis la Grèce, et le dernier d'une telle taille dans le cadre de ce programme.

Ces 231 personnes, dont 187 Syriens, avec pour benjamine une petite Kurde de 18 jours en bonnet rose dans les bras de son père, ont pris au milieu de nombreux officiels un charter d'Athènes pour Lyon. Ils doivent être répartis entre des destinations en Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne Rhône-Alpes, ou PACA.

Arrivée en famille

Ahmad El Masri et sa femme Basema, des Syriens, se rendent à Saint-Claude (Jura) avec leurs deux garçons dont l'aîné, 4 ans, sait déjà compter en français jusqu'à ... 23. "Nous espérons avoir une bonne vie, un travail, nous voulons la liberté et la paix", affirme Ahmad, informaticien comme sa femme et admirateur de Victor Hugo. Avec une soeur coiffeuse en région parisienne, installée de longue date, la France était son rêve.

C'était loin d'être le cas des premiers relocalisés, qui connaissaient peu le pays en général. "Mais progressivement le bouche-à-oreille a fonctionné avec ceux déjà partis, et ils sont maintenant sereins, voire très contents quand on leur annonce qu'ils vont en France" explique Lola Girard, l'officier de liaison de l'OFII (Office français de l'immigration et de l'intégration). Avant chaque départ, Mme Girard passe une journée à présenter au groupe la France et les aspects de la société française, comme la laïcité. Le chef de mission en Grèce de l'OIM (Organisation internationale pour les migrations) Gianluca Rocco a qualifié mercredi "d'exemplaire" la manière dont la France "prépare et organise" les relocalisations, et leur suivi.

Emu aux larmes devant ces voyageurs en partance pour une vie supposée meilleure, le ministre grec aux Migrations et ex-cadre de Médecins du Monde, Yannis Mouzalas, a souhaité pour sa part que les critères de nationalité puissent être assouplis, afin que notamment, davantage de mineurs non accompagnés profitent du programme.

La France, deuxième pays d'accueil de relocalisés depuis la Grèce après l'Allemagne

Le programme de relocalisation a été créé par l'UE pour deux ans en septembre 2015 en faveur de l'Italie et surtout la Grèce à l'époque, traversée par un million de réfugiés en 2015 et début 2016. D'abord, les réfugiés y ont peu recouru, la grande majorité voulant se rendre en Allemagne. Or le programme de relocalisation ne permettait pas de choisir sa destination. Mais pour ceux arrivés entre la fermeture des frontières européennes en février 2016 et l'entrée en vigueur du très strict plan UE-Turquie le 20 mars 2016, la relocalisation est devenue un moyen sûr de se poser légalement quelque part dans l'Union européenne, sous un statut protecteur.

Le programme concerne les nationalités qui ont au moins 75% de taux d'acceptation des demandes d'asile, Syriens, Irakiens au début mais plus maintenant, Érythréens, Palestiniens. Mais pas les Afghans. Didier Leschi, directeur général de l'OFII (Office Français de l'Immigration et
de l'Intégration), a confirmé mercredi à l'AFP que tous les arrivés devraient obtenir le statut de réfugiés rapidement.

Il a remarqué qu'être en famille "facilite le processus d'intégration" (le groupe compte 132 adultes et 102 enfants de moins de 18 ans). Avec 4.322 réfugiés, répartis dans 306 villes et villages, la France est le deuxième pays d'accueil de relocalisés depuis la Grèce après l'Allemagne. Paris avait promis 12.000 places à Athènes, mais le nombre des candidats éligibles est resté bien inférieur.

Ainsi, la plupart des quelque 25.000 personnes éligibles en Grèce ont déjà trouvé un pays d'accueil dans le reste de l'UE. L'ambassadeur de France Christophe Chantepy a vu dans ce départ "le symbole que la solidarité en Europe marche", assurant qu'elle continuerait. Il reste néanmoins quelques dizaines de milliers d'autres réfugiés en Grèce, qui soit y ont demandé l'asile (notamment ceux arrivés après l'accord UE-Turquie), soit cherchent d'autres moyens pour en sortir.

Le programme devrait à présent monter en puissance en Italie, d'où moins de 10.000 réfugiés ont été relocalisés. La France va en accueillir 200 par mois, selon l'OFII. 


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