Régionales 2021 : MG.Dufay et S.Modde officialisent l'union de la gauche en Bourgogne Franche-Comté, LREM se maintient

Ce lundi 21 juin en début d'après-midi, les deux têtes de listes, Marie-Guite Dufay (PS) et Stéphanie Modde (EELV) ont annoncé la fusion de leurs listes pour le second tour des élections régionales dimanche 27 juin. Face à 3 autres listes (RN, LR, LREM), la présidente sortante part favorite.

La gauche sort favorite du premier tour des élections régionales en Bourgogne-Franche-Comté. Quatre candidats devraient se maintenir pour le second tour. Les tractations se sont poursuivies jusqu'au petit matin ce lundi 21 juin. 

Marie-Guite Dufay et Stéphanie Modde présentent leur accord

Ce lundi 21 juin en début d'après-midi, la présidente sortante Marie-Guite Dufay et la candidate écologiste, Stéphanie Modde annoncent la fusion de leurs listes.

En Bourgogne-Franche-Comté comme dans la plupart des régions françaises, la gauche est partie divisée. Au soir du premier tour, c'est la présidente sortante socialiste, Marie-Guite Dufay qui est en position de force avec plus de 26,52 % des voix. Un score sensiblement supérieur aux sondages parus ces dernières semaines. En cinquième position avec 10,34% des voix, Stéphanie Modde était théoriquement en position de se maintenir. Mais les tractations en vue d'une fusion étaient lancées depuis plusieurs semaines. 

"On y est" s'est réjoui Marie-Guite Dufay qui a rappelé qu'elle souhaitait une union dès le 1er tour. "Nous n’avons pas voulu prendre le risque d’un maintien au second tour" a de son côté expliqué Stéphanie Modde. A leurs cotés, la représentante du parti communiste, Evelyne Ternant et celui du parti radical de gauche Patrick Molinoz déjà alliés à Marie-Guite Dufay. 

Un accord et "un regret" pour les écologistes

Durant la campagne, la présidente sortante a martelé sa volonté de rassembler la gauche. "Je suis prête à rassembler ma famille. Ma famille, elle est à gauche." Le total des scores de la gauche (PS, Ecologistes, Temps des cerises) avoisine les 40 %. Avec 4,1% des voix, la liste Le Temps des cerises n'est en mesure ni de se maintenir, ni de fusionner. 

Les écologistes se voient finalement attribuer 8 places éligibles sur la liste de la présidente sortante. Un chiffre décevant selon l'écologiste Sttéphanie Modde qui qui correspond à une réalité politique. "C’est un regret. Cela s’appelle la prime majoritaire, c’est un accord de second tour. Il y a un rapport de forces. Marie-Guite Dufay a fait 26% au premier tour, ce qui est un très bon score. Nous avons fait 10 %. On voit bien le delta qu’il y a entre 10% et 26%. Nous avons choisi cet accord plutôt que de nous maintenir. Je ne voulais pas prendre ce risque Rassemblement national donc j’ai pris mes responsabilités" a précisé la candidate qui figurera en quatrième position sur la liste en Côte d'Or.

 

Denis Thuriot (LREM) se maintient 

A l'inverse, Denis Thuriot, la tête de liste de la République en Marche, Denis a annoncé son maintien après la fin de non recevoir adressée par Marie-Guite Dufay. "Nous avons décidé d'être présents au second tour des élections régionales". Le communiqué de la liste LREM est tombé tôt ce lundi matin. "Nous constatons le refus de la Présidente sortante de constituer un arc politique républicain, préférant le sectarisme d'un accord rétréci avec les communistes et les verts".  

Avec 11,69% des voix, la région Bourgogne Franche-Comté est l'une des quelques régions françaises où le parti présidentiel est en mesure de se maintenir. 

Selon Denis Thuriot, les conditions ont changé. Un peu plus tôt, il avait jugé le "risque" que le RN emporte la région désormais écarté.  Il n'y a "manifestement pas" de danger Rassemblement national a-t-il dit. "Les chiffres ne sont pas du tout ce que les médias annonçaient. Notamment par rapport à l’extrême droite que je combats. Le RN n’est pas du tout dans une dynamique. On sent bien qu’il est bien plus faible qu’en 2015."  Un choix critiqué par Marie-Guite Dufay qui aurait vu d'un bon oeil une liste concuurente se retirer sans contreparties. "Quand vous dites que le risque n’est pas très grand, c’est Faux ! a insisté la présidente sortante. Le RN est à un score beaucoup trop important. Et les voix qu’ils n’ont pas eues, ils vont aller les chercher. Il faut être dans une vigilance extrême. Je ne comprends pas l’attitude de la République en Marche. C’est jouer les apprentis sorciers.Nous avons 20 000 voix de différence avec le Rassemblement national. Ce n’est pas beaucoup sur une région. La menace, elle est là."

Durant la campagne, alors que le Rassemblement national semblait en mesure de faire basculer la région, le maire de Nevers, ancien socialiste, a multiplié les appels du pied à la présidente sortante pour s'allier contre le Rassemblement national. "Marie-Guite Dufay avait dit lors d’un salon de l’innovation que j’étais un maire intelligent dans une ville intelligente. Je saurai me montrer intelligent" avait assuré le candidat En Marche. Mais la présidente sortante qui défendait une alliance à gauche n'avait pas donné suite. Ce dimanche soir, Marie-Guite Dufay a définitivement fermer la porte. "Je rassemble les forces de gauche. La République en Marche ne fait pas partie des forces de gauche". 

 

Julien Odoul et Gilles Platret, deux candidats isolés

Avec 20,82% des suffrages, Gilles Platret arrive 3e du 1er tour, mais avec peu de reports de voix possibles. 

Un rapprochement entre le très droitier Gilles Platret et Julien Odoul est-il envisageable ? "Je tends la main à tout le monde et à Gilles Platret y compris. Sur bien des points nous nous retrouvons" annonçait le candidat du Rassemblement national le 9 juin dernier. Ce dimanche 20 juin, il lance un appel aux "électeurs LR qui ne veulent pas de la gauche".

Sur le plateau du débat de France 3 le 9 juin dernier, la réponse du maire LR de Chalon-sur-Saône n’a pas tardé. "Jamais. Jamais je ne travaillerai avec quelqu’un qui est capable d’avoir l’indignité de rigoler de la mort et du suicide des agriculteurs" clâmait alors Gilles Platret en référence à une des polémiques qui ont marqué la campagne de Julien Odoul. "Ce n’est pas une question de parti. C’est une question de dignité. (…) Il n’y aura pas d’accord" a-t-il assuré. 

La question des alliances a agité la campagne de la tête de listes Les Républicains Gilles Platret. A commencer par son accord avec Debout la France, le parti de Nicolas Dupont-Aignan, soutient de Marine Le Pen en 2017. C’est Pascal Lepetit, chef de file DLF dans la Nièvre qui conduit la liste de droite dans le département. Une décision mal vécue par une partie de la droite. Plusieurs élus de centre-droit n’ont d’ailleurs pas hésité à se mettre en retrait quand d’autres ont rejoint la liste de Denis Thuriot (LREM). Ce dernier a d’ailleurs exclu toute alliance à droite au soir du 1er tour jugeant "rédhibitoire" l’alliance de la droite souverainiste avec Debout la France.

Dépot des listes avant mardi 18h

Le dépot des listes pour le second tour des élections régionales doit avoir lieu avant 18h mardi en préfecture. Pour rappel, seules les listes ayant enregistré plus de 10 % des voix peuvent se maintenir. Les listes ayant recueilli au moins 5 % des suffrages peuvent fusionner avec une liste qualifiée.

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