Saône-et-Loire : 110 emplois menacés chez Aperam à Gueugnon

Ce 14 avril, cela fait un mois que le site d'Aperam à Gueugnon (Saône-et-Loire) subit des débrayages quotidiens. Le groupe sidérurgique a prévu de réorganiser ses différents sites, les syndicats CGT et CFDT voient une menace sur les emplois.

Le site d'Aperam à Gueugnon, le 1er octobre 2020 (archives)
Le site d'Aperam à Gueugnon, le 1er octobre 2020 (archives) © FTV

Un projet industriel inquiète les syndicats CGT et CFDT du site Aperam de Gueugnon : il concernerait le transfert d'une partie de la production d'acier inoxydable du site bourguignon vers un autre site du groupe, à Genk, en Belgique. 110 emplois pourraient disparaître d'ici 2023.

Les syndicats dénoncent le plan industriel

La Direction souhaiterait délocaliser un tiers de la production d’Apéram Gueugnon vers la Belgique, où un outil industriel est monté, prêt à accueillir cette production (acier inoxydable). Selon Sylvain Rameau, secrétaire du syndicat CGT à Gueugnon, "la contrepartie pour le site de Gueugnon, serait de récupérer une partie de la production venant de Pont-de-Roide (Doubs) ou d’Imphy (Nièvre)."

Pour l'instant, les syndicats n'ont pas réussi à obtenir de preuves solides quant aux investissements envisagés par la Direction sur le site de Gueugnon. Selon eux, ces investissements seraient conditionnés à un plan de compétitivité qui aboutirait à 110 emplois en moins sur le site.
Pour Sylvain Rameau, l'avenir est menacé : «On a 80 000 tonnes de production qui partent, c’est pas rien. On sait que d’ici 2023 on sera 500 employés environ et on sera incapables de faire des productions qui nous reviennent d’ailleurs. Et dans le même temps, on va avoir une centaine d’emplois qui vont disparaître. On dit clairement que le site est menacé. »

Sylvain Rameau dénonce aussi une opacité dans les volontés d'investissement de la Direction  : « C’est un marché de dupes. On nous enlève un tiers de notre production, on nous fait miroiter des productions qui viendraient des sites de Bourgogne-Franche-Comté, alors que nous ne sommes pas en capacité de les faire aujourd’hui [...] Et on nous explique que la condition pour avoir des investissements, c’est d’accepter d’avoir une suppression de 110 emplois sur le site. »

Fabien Segaud, secrétaire CGT du CSE central, ajoute aussi que "la fermeture de Pont-de-Roide est fermement engagée sur ce projet, car il y a 50% du personnel qui doit partir à Pont-de-Roide avec ce projet. Ils étaient 220, ils ne vont rester plus qu’à 100."

Un dialogue social tendu qui se fait au tribunal

Afin d'y voir plus clair dans les plans de la Direction, le comité social et économique (CSE) a mandaté un expert, qui a été assigné en justice par la Direction. Un dialogue social difficile, qui se poursuit dans les tribunaux.
L'audience est prévue ce jeudi 15 avril à 9h30 au tribunal de Bobigny. Les syndicats ont également assigné leur direction pour "manque d'information". Le conseil des syndicats est Maître Rilov Fiodor, le célèbre avocat spécialisé, connu pour ses procédures judiciaires contre des plans de licenciement, notamment chez Bridgestone, Continental ou Samsonite.

L’avocat des salariés, Me Rilov, va demander des preuves et des engagements formels de la Direction : des plannings, des documents prouvant des investissements. Selon Fabien Segaud, secrétaire du CSE Central d'Aperam, la seule information venant de la direction est : "une volonté d’investissement de 26 millions d’euros sur 3 ans, mais au regard des documents reçus, ce sont des investissements à l’étude. Grosso modo, l’enveloppe l'investissement correspond à l’économie qu’ils vont faire sur la masse salariale d’ici trois ans."

La Direction souhaite "garantir l'avenir de ses sites"

Dans les colonnes du magazine l'Usine Nouvelle, en janvier 2021, le groupe industriel Aperam annonçait qu'il allait investir 30 millions d'euros sur les sites de Gueugnon et 3 millions d'euros pour le site de Pont-de-Roide (Doubs). "Nous mettons tout en œuvre pour sécuriser l'avenir du site en le transformant d'un centre de production de commodités, en un pôle d'excellence pour des produits à plus forte valeur ajoutée" précisait la direction d’Aperam.

Au-delà des 110 suppressions de postes qui se profileraient à Gueugnon, la Direction confirme une suppression 70 des 213 postes de l'usine de Pont-de-Roide, tout en "souhaitant garantir l'avenir à long terme de ces usines." 

Un appel à la mobilisation jeudi 22 avril

Les syndicats CGT et CFDT lancent maintenant un appel pour une manifestation le 22 avril, afin d'interpeler la population locale et les pouvoirs publics. L'intersyndicale veut rencontrer le maire de Gueugnon, Dominique Lotte, afin d'attirer l'attention sur "le danger qui plane sur l'avenir du site".

 

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