Assises de Saône-et-Loire : un religieux reconnaît plusieurs agressions sexuelles

Jean-Dominique Lefèvre comparaît devant les assises de Saône-et-Loire, où il est jugé pour des agressions sexuelles sur des fillettes et des viols sur une mineure et une majeure. / © Christophe Busti
Jean-Dominique Lefèvre comparaît devant les assises de Saône-et-Loire, où il est jugé pour des agressions sexuelles sur des fillettes et des viols sur une mineure et une majeure. / © Christophe Busti

Le procès d'un religieux de la communauté de Saint-Jean s'est ouvert jeudi 21 mai 2015 devant les assises de Saône-et-Loire. L’homme est jugé pour des agressions sexuelles sur des fillettes et des viols sur une mineure et une majeure.

Par B.L. avec l'AFP


Qui est le frère Jean-Dominique Lefèvre ?

Le religieux comparaît libre sous contrôle judiciaire. Il vit toujours au sein de la communauté de Saint-Jean à Rimont, en Saône-et-Loire. Cette congrégation, qui a été à plusieurs reprises mise en cause pour ses dérives sectaires, compte actuellement environ 500 frères. 

A la barre, Jean-Dominique Lefèvre s'exprime difficilement. Ce Centralien, qualifié d'érudit a raconté comment il avait imposé des caresses à sa petite soeur.
Il comparaît pour des attouchements envers des fillettes, âgées de 8 ans pour la plupart. Il a admis des "gestes déplacés" liés à des "pulsions". Quand les attouchements étaient dénoncés, le religieux demandait pardon à la famille et était déplacé par sa congrégation.

La cour d'assises de Saône-et-Loire
La cour d'assises de Saône-et-Loire


Pour combien d’affaires le religieux est-il jugé ?

Le frère Jean-Dominique Lefèvre, 66 ans, a reconnu, à l'ouverture des débats, "toutes" les agressions sexuelles qui lui sont reprochées entre 1991 et 1999 sur cinq fillettes, en France, et en Roumanie. Il a revanche contesté avoir violé l'une d'elle, Roumaine. Il nie aussi le viol en 2007 d'une jeune femme de 33 ans.

Entre 1992 et 1996, Jean-Dominique Lefèvre est envoyé en mission en Roumanie, où il enseigne le catéchisme et visite des enfants malades à l'hôpital. Il fait alors la connaissance d'une jeune fille de 12 ans, qui l'accuse de viols et dit avoir été témoin d'agressions sexuelles sur des fillettes hospitalisées. "Je ne l'ai jamais violée", a-t-il assuré, avouant des attouchements sexuels à "cinq" reprises sur la jeune fille et des caresses sur trois autres enfants dans un hôpital de Bucarest.
En 1999, il a suivi une thérapie de trois semaines au Canada.

Outre les cinq cas pour lesquels il est jugé devant les assises, Jean-Dominique Lefèvre reconnaît des agressions sexuelles sur "cinq autres enfants en Roumanie et deux ou trois en France", qui n'ont pas tous été identifiés.

Le religieux doit par ailleurs comparaître le 2 juin devant le tribunal correctionnel du Puy-en-Velay, en Haute-Loire, pour l'agression sexuelle d'une mineure en 1991.

Assises de Saône-et-Loire : un religieux reconnaît plusieurs agressions sexuelles
  • Reportage : Maryline Barate et Romain Liboz
  • Montage : Cécile Frèrebeau
  • Intervenant : Philippe Gentien, correspondant en Bourgogne de l'association d'aide aux victimes de dérives dans les mouvements religieux en Europe et à leurs familles
La communauté de Saint-Jean à Rimont, en Saône-et-Loire a déjà fait la une de l’actualité pour des scandales sexuels.
En 2012, un religieux a été condamné à deux reprises pour pédophilie. Le fondateur de la congrégation, frère Philippe, a fait l'objet de révélations après sa mort : des membres de sa communauté l'ont accusé d'abus sexuels.

"C'est l'horreur, cette communauté"

Deux "petits gris" de la communauté -surnom donné en raison de la couleur de leur habit- assistent au procès pour "manifester leur soutien aux victimes".
"On a mis beaucoup trop de temps à prendre conscience de la dangerosité de Jean-Dominique et à prendre en compte les victimes, qui ont vécu des choses terribles", a regretté frère Jean-Eudes.

"C'est l'horreur, cette communauté", a dénoncé Philippe Gentien, de l'association Aide aux victimes de mouvements religieux en Europe et familles (Avref).

Un coup de théâtre s’est produit lors de cette première journée d’audience. Des parents qui étaient dans la salle ont révélé qu’une autre de leurs filles aurait été victime d’attouchements commis par l’accusé. Ce dernier a nié les faits.

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