Chalon-sur-Saône : les aides à domicile du privé manifestent pour une meilleure rémunération

Les aides à domicile demandent davantage de reconnaissance et de meilleurs salaires. Ces professionnels s'estiment oubliés des mesures dont vont bénéficier bien d'autres métiers de santé et en appellent aux élus, comme les députés, pour se faire entendre. C'était le cas ce lundi à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire).

Devant la permanence du député LREM Raphaël Gauvain à Chalon-sur-Saône, une quarantaine de professionnels de l'aide à domicile manifestent ce lundi 27 septembre. Tous s'inquiètent d'être exclus des aides gouvernementales annoncées la semaine dernière. Leur salaire ne sera pas revalorisé par les pouvoirs publics.

En déplacement en Bourgogne la semaine dernière, Jean Castex annonçait un plan de 240 millions d'euros pour augmenter le revenu des aides à domicile, soit un tarif socle de 22 euros de l'heure.

Une hausse significative pour certains salariés qui pourrait atteindre 300 euros brut par mois. Mais ce coup de pouce ne concernerait que le secteur associatif. Une distorsion salariale injuste selon ces salariés du privé.

"Demain, cela veut dire qu'on nous n'aurons plus la même rémunération à proposer à nos collaborateurs. Cela fait qu'aujourd'hui, on sent déjà une fuite de notre personnel vers ce secteur-là", regrette Sarah Sabih, gérante de la société Azaë.

"Le métier est le même"

"Il y a une différence de salaire mais le métier est le même. On fait le même travail qu'en Ehpad", indique une manifestante. "Pour le Covid on s'est battu, on s'est levé tous les matins, on était sur le terrain. On a fait exactement pareil que les aides-soignantes et ceux qui sont en Ehpad. Donc j'estime qu'on n'est pas valorisé", ajoute une autre.

Face au député de la République en Marche, sept dirigeants de sociétés implantées en Saône-et-Loire tirent la sonnette d'alarme. "Les entreprises privées sont amenées à mourir si on n'a pas d'aides au niveau de l'État ou au niveau du Département […] Il faut aller jusqu'au bout. Le secteur à domicile, ce n'est pas que les associations", précise Isabelle Fleury, la gérante de la société Les ailes d'argent.

"Le diable est toujours dans les détails. Il va falloir qu'on fasse extrêmement attention sur l'équité de traitement entre le milieu associatif et les entreprises, reconnaît le député Raphaël Gauvin. L'objectif est vraiment de traiter de la même façon les entreprises comme le milieu associatif. Il y a peut-être des distorsions qui existent historiquement, mais l'objectif est de réduire tout ça."

Appliquée à partir le 1er octobre, la mesure va encore faire l'objet de nombreux débats à l'Assemblée nationale dans les prochains jours. Les professionnels du secteur privé gardent encore l'espoir d'obtenir gain de cause.

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