Chalon-sur-Saône : y aurait-il trop de livreurs Uber le week-end ?

Des livreurs de repas Uber travaillant sur le centre-ville de Chalon-sur-Saône se sont mis en grève le week-end dernier. Samedi 17 et dimanche 18 avril, ils n'ont pas effectué les livraisons du principal restaurant de vente à emporter de la ville.

Les livreurs Uber ont bloqué les livraisons dimanche soir 18 avril à Chalon-sur-Saône
Les livreurs Uber ont bloqué les livraisons dimanche soir 18 avril à Chalon-sur-Saône © DR

Les livreurs Uber de Chalon-sur-Saône se sont mis en grève, en bloquant les livraisons le week-end dernier. Un procédé qui a entraîné une chute des commandes auprès du principal restaurant de vente à emporter de la ville.

Trop de livreurs ?

Philippe (*) est livreur depuis 8 mois à Chalon-sur-Saône. Lorsqu'il a commencé, ils étaient une trentaine sur la ville. Aujourd'hui, Philippe nous l'affirme : "on est au moins une centaine maintenant sur Chalon".

Conséquence directe liée à ce nombre important de livreurs, l'employeur de livraison en ligne a supprimé la prime de week-end, le bonus qui servait à motiver davantage de livreurs pour assurer le pic de commandes de la fin de semaine.
Philippe témoigne : "on avait 3 euros par commande pour 10 commandes le dimanche, ça représente 30 euros, le samedi on avait 25, et le vendredi on avait 20. Maintenant on n'a plus que 10 euros le vendredi. (1 euro par commande pour 10 commandes ndlr) [...] C'est parce qu'on est trop de livreurs qu'ils ont enlevé les primes. Ils se sont dit que s'il y a suffisemment de livreurs à travailler, on ne leur mettra plus de primes."
 

Le montant de bonus ainsi cumulé sur un week-end peut atteindre jusqu'à 75 euros, soit 300 euros pour le mois. Un manque à gagner important, sachant que le revenu moyen d'un livreur à plein temps se situe aux alentours de mille euros.
Les livreurs, maintenant privés de leur prime n'ont pas réussi à joindre un interlocuteur auprès de la plateforme en ligne. Philippe nous explique : "On ne peut joindre personne. On peut juste joindre l'assistance, ils nous disent d'envoyer des messages mais on ne peut même pas en envoyer ! "

Des livreurs Uber Eats, à Dijon, en octobre 2020. (archives)
Des livreurs Uber Eats, à Dijon, en octobre 2020. (archives) © FTV

Blocage des livraisons

La solution, pour protester contre la suppression de la prime, a été simple : "On a bloqué toutes les livraisons du MacDo, et il n'y avait que 5-6 livreurs qui ne voulaient pas faire grève, qui ont essayé d'aller travailler ailleurs, mais ils n'arrivaient pas à suivre les commandes. Donc ça a bloqué un peu tous les restaurants."
Le phénomène est localisé sur Chalon-sur-Saône uniquement, d'après Philippe : "Les autres villes continuent à toucher la prime : au Creusot, à Montceau-les-Mines, à Dijon, à Beaune, ils ont tous deux euros. A Lyon, ils ont 3 euros !"

Ce blocage a eu un effet notable sur les restaurants. Philippe a su que "le restaurant MacDo de Chalon a remonté ce qu'il s'est passé à MacDo France. Ils nous ont dit ce week-end, ils ont eu une perte de 6000 euros. MacDo, ça représente 75-80% de nos commandes."

La plupart des livreurs Uber Eats sur Chalon pratiquent cette activité pour leur revenu principal et sont présents toute la semaine. Un nombre suffisant selon Philippe : "Certains livreurs occasionnels comme des étudiants, se rajoutent le week-end, et sur la plateforme, ils voient bien qu'il y a suffisemment de livreurs, donc ils ont enlevé les primes." 

La revendication est donc double pour les livreurs : récupérer les primes de week-end et surtout, stopper les inscriptions de nouveaux livreurs sur Chalon-sur-Saône.

Mise à jour du 20 avril

Le groupe Uber Eats a répondu à notre sollicitation. Un porte-parole a communiqué le message suivant : "Nous avons directement échangé avec plusieurs livreurs pour trouver ensemble les meilleures réponses aux enjeux soulevés. Nous sommes ainsi ouverts au dialogue et sommes engagés à continuer à réfléchir aux solutions les plus efficaces pour soutenir l'activité des livreurs qui utilisent l'application à Chalon-sur-Saône".
Les livreurs ont prévu de reconduire le mouvement le week-end prochain, si rien ne se passe du côté d'Uber Eats.

 

 

 

(*) le prénom a été modifié

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