Rodéo urbain, fumigènes... le cortège du mariage jugé trop bruyant, la mairie refuse de célébrer l'union

Samedi 11 mai, un mariage a été reporté par les élus de la mairie de Chalon-sur-Saône. La cause : le cortège du couple de Chalonnais était trop bruyant dans les rues de la ville et aux abords de l'Hôtel de Ville.

Les élus ont refusé de marier le couple de Chalonnais, car le cortège a été trop démonstratif dans les rues de la ville. La charte des mariages, dictée par la municipalité et datant de juillet 2023 est la suivante : "Les retards et les comportements jugés inadéquats pourront entraîner le report du mariage."

Rodéo et fumigènes

Le cortège est loin d'être passé inaperçu dans les rues de Chalon. Le maire Gilles Platret (LR) a d'ailleurs posté sur le réseau social Facebook un extrait vidéo. Il a évoqué dans son post des "troubles inadmissibles" lors du passage du cortège. "Passagers assis sur les portières alors que les véhicules roulaient, vitesses excessives, rodéos et emploi de fumigènes : tout y est passé !" s'est indigné Gilles Platret.

La charte des mariages de la ville de Chalon a été créée en juillet 2023, à la suite de certains débordements. C'est un arrêté municipal qui, comme le rappelle Gilles Platret, est remis aux futurs mariés : "il est rappelé qu'il faut respecter la ponctualité, au-delà de 20 minutes de retard, on s'autorise à reporter le mariage [...] La tenue du cortège est rappelée également : les mariés sont responsables des personnes qui s'associent à leur bonheur. Si le cortège commet des infractions, s'il met en danger la vie d'autrui, s'il méconnait le code de la route, alors l'Officier d'Etat Civil peut être en mesure de reporter le mariage à un autre jour. C'est exactement ce qu'il s'est passé samedi dernier."

Le texte stipule que "si le cortège des véhicules concernés par le mariage ne respecte pas les règles du code de la route ou occasionne des troubles à l'ordre public sur l'itinéraire pour accéder à l'Hôtel de Villle, le mariage sera reporté à un jour ouvrable ultérieur, sans que la Ville ne puisse être tenue pour responsable des éventuelles conséquences liées au décalage ou au report de la cérémonie."

Le maire explique que les portes de la mairie ont été "fermées à l'approche du cortège" et la cérémonie "a été annulée".

Une fête qui s'est prolongée

Concernant les fumigènes allumés sur la place de l'hôtel de ville, "ils ont été ajoutés à la fête, à l'abus de fête" précise Gilles Platret, "si j'entends parfaitement qu'il y a de la joie et qu'on a envie de la partager, jamais cette joie ne doit être partagée au mépris des lois et au danger de la vie d'autrui." 

En conclusion, les futurs mariés trouvant porte close, "le mariage n'a pas eu lieu, les mariés sont repartis avec leur cortège et d'après les informations que j'ai eu, ça ne les a pas calmés."

On ne peut pas privatiser l'espace public en considérant qu'on peut faire des rodéos et mettre en danger la vie d'autrui sous prétexte qu'on est là pour accompagner des gens qui se marient

Gilles Platret

Selon le maire, le cortège a continué à commettre "un certain nombre d'infractions" en-dehors de la commune de Chalon "en se rendant sur le lieu où devait avoir la fête qui devait suivre la célébration."

Alors que les chalonnais demeurent partagés par rapport à ces débordements, certains estiment que c'est "un moment festif" qui autorise certains "excès", d'autres pensent qu'il était légitime de sanctionner en cas d'incivilités.

En conclusion, le maire LR de Chalon reste ferme : "force doit aller à la loi, on ne peut pas privatisel'espace public en considérant qu'on peut faire des rodéos et mettre en danger la vie d'autrui sous prétexte qu'on est là pour accompagner des gens qui se marient. Il y a une responsabilité de la famille, une responsabilité des futurs mariés, la charte des mariages a été appliquée."

Quant au mariage, il pourra être célébré à une date ultérieure, si le cortège "respecte la charte" assure Gilles Platret.

► Avec Alexandre Baudrand et Romain Liboz