Colère des agriculteurs : ces éleveurs qui pratiquent la vente directe, "noyés sous les charges"

À la veille d'une première journée de mobilisation des agriculteurs en Saône-et-Loire, France 3 Bourgogne a rencontré une famille d'exploitants à Châtenoy-le-Royal, vers Chalon-sur-Saône. Ils ont opté pour la vente directe il y a quelques années, mais croulent d'autant plus sous les charges.

Pour la famille Peulson, la vente directe était une évidence. Voilà 12 ans que pièces de bœuf et volailles viennent garnir les étals de leur boutique, installée au cœur même de leur exploitation de Châtenoy-le-Royal (Saône-et-Loire). "On ne peut pas faire plus court, aussi bien en termes de circuit que de qualité", s'amuse Stéphanie, derrière le comptoir. "On abat tous les lundis, découpe tous les mardis et met en vente tous les mercredis !"

Notre force, c'est vraiment de ne pas avoir d'intermédiaires.

Stéphanie Peulson,

exploitante agricole à Châtenoy-le-Royal

Ici, c'est une clientèle d'habitués qui vient régulièrement faire ses courses. Comme cette jeune femme, rencontrée sur place ce mercredi 24 janvier. "Je suis moi-même issue d'une famille d'agriculteurs et j'ai toujours eu l'habitude de manger la viande produite par mes grands-parents et parents, et j'ai retrouvé cette qualité ici", explique-t-elle. "On ne retrouve pas la même en supermarchés et en boucherie, c'est plus cher. Dans cette ferme, c'est un bon compromis !"

Plus d'autonomie... et de charges

Si la solution satisfait les clients, elle a également ses avantages pour les exploitants. Chaque mois, elle leur garantit par exemple un revenu constant. "Tous les mois, on sait qu'on a des ventes et donc des recettes", détaille Florian Peulson, qui travaille avec ses parents à la ferme depuis deux ans. "Il y a d'autres activités, comme les céréaliers, qui ne font des recettes qu'une fois dans l'année. Nous, la vente directe nous aide à avoir un revenu régulier." Grâce à cela, les trois membres de la famille - père, mère et fils - se versent aujourd'hui un salaire proche du Smic.

La vente directe vient toutefois avec son lot de contraintes. En s'y lançant, le GAEC Peulson a notamment dû contracter un prêt de 150 000 euros sur 15 ans dans un atelier d'abattage et de transformation. Un investissement coûteux, mais indispensable pour développer leur activité.

En plus du coût d'installation, il y a également les normes d'hygiène et les charges supplémentaires, comme l'électricité qui représente une somme conséquente du fait des chambres froides et vitrines. "On n'est pas forcément plus libre avec la vente directe, parce qu'on est d'autant plus impactés par toutes les normes", soupire Florian. À tel point qu'il "devient difficile de vivre de notre activité : on est noyé sous les charges."

"On veut montrer qu'on est présent et en colère"

Pour toutes ces raisons, le jeune homme a décidé de rejoindre le mouvement de colère des agriculteurs. Pour rappel, jeudi 25 janvier, une première mobilisation aura lieu en Saône-et-Loire. Les exploitants sont invités participer à des opérations "escargot" au départ d'Autun, Perrecy-les-Forges et Moroges. Ils rallieront ensuite le rond-point "Jeanne-Rose" de Montchanin.

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Dans cette manifestation, Florian Peulson veut voir "l'acte 1" de l'expression du "ras-le-bol" général de la profession. "Demain [jeudi 25 janvier, NDLR], ça va être une petite mobilisation de mise en garde. On n'est pas là pour dégrader, ni pour poser des problèmes à la circulation. On veut simplement montrer qu'on est présents et en colère. Je pense qu'ensuite, ça va monter petit-à-petit... mais assez rapidement."

Partout en France, la grogne des agriculteurs grandit depuis le début de la semaine. Des actions ont désormais lieu quotidiennement dans de nombreux départements, particulièrement dans le sud-ouest du pays d'où le mouvement s'est développé. Des premières mesures devraient être annoncées d'ici vendredi en marge du déplacement sur le terrain du Premier ministre Gabriel Attal.

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