Coronavirus : « on se bat pour avoir des tests », les EHPAD dans l’attente des dépistages

Le ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran a déclaré lundi 6 avril 2020 vouloir faire des EHPAD une priorité pour les tests de dépistage du coronavirus. Pour le moment, les établissements de Bourgone-Franche-Comté n’en disposent pas.

© Guillaume Georges / Maxppp

Les annonces du gouvernement...
et la réalité 

Oliver Véran a affirmé que la France était en train de "doubler" sa capacité de tests. Il a cité les EHPAD parmi les lieux où il devront être proposés, « dès l'apparition du premier cas confirmé de malade de coronavirus », après les reproches formulés sur l’opacité de la communication du nombre de décès.

En Bourgogne Franche-Comté 233 résidents seraient décédés dans les établissements médicaux sociaux, dont les maisons de retraite, depuis le début de l’épidémie.

Deux d’entre elles ont affiché un taux de mortalité inquiétant.
A Thise, dans le Doubs, la situation semble s’être stabilisée après 25 décès et un confinement des habitants renforcé par le maire. 
A Valdoie, dans le Territoire-de-Belfort, la direction a été placée sous administration provisoire après la mort de 16 des 115 résidents.

Seul le département de Saône-et-Loire détaillait jusqu’alors le nombre et le nom de tous les établissements où des cas ont été signalés : 53 EHPAD, 306 résidents et 225 personnels soignants dans son communiqué du mardi 7 avril 2020.
21 résidents et 5 personnels seraient hospitalisés.
Depuis le début de l’épidémie, 28 personnes âgées seraient décédées du covid 19 dans 10 EHPAD de ce département.

Pas de tests dans l’immédiat

La campagne de dépistage a commencé ailleurs en France, la semaine dernière dans les Hauts-de-Seine, à la Garenne-Colombes.
Elle s’est poursuivie à Mougins dans les Alpes-Maritimes, suite à 31 décès dans un établissement appartenant au même groupe que celui de Thise.

Nous avons contacté les EHPAD de Saône-et-Loire touchés par le coronavirus. Les rares qui acceptent de répondre aux questions avouent « ne pas avoir d’information sur l’annonce du ministre de la santé ».
En l’attente de mesures concrètes « on a déjà pris des contacts avec des laboratoires », explique-t-on dans un établissement qui ne souhaite pas être identifié. « Ils ne sont pas forcément équipés pour effectuer des tests sur un EHPAD entier. Nous n’avons pas de moyens à notre disposition ». Un autre directeur précise « il faut du temps. On ne sait pas comment ça peut s’organiser ».
D’autres questions restent sans réponses, comme la nature de ces tests et leur fiabilité.

« Je me bagarre pour avoir des tests »

Jean-Louis Martreux, directeur de la « résidence les iris » de Montceau-les-Mines, 41 pensionnaires, épargnée par le virus, nous confie avoir anticipé face à cette situation confuse. « Plutôt que de venir gonfler les chiffres, on voudrait détecter et organiser en conséquence. Chaque fois qu’on réclame des tests, on ne nous en fournit pas. On nous répond qu’on n’en a pas besoin puisqu’il n’y a pas de personne infectée. Je pensais pourtant que les collaborateurs et résidents en EHPAD étaient prioritaires ».

Ici, le confinement a commencé avant même les recommandations gouvernementales, avec la mise en place d’un SAS de décontamination, des mesures pour éviter que les gens se croisent et chaque matin un rappel des règles de protection.
 Mais l’expérience des masques de protection reste dans toutes les têtes. « Ca y est, nous avons été livrés, par l’Agence Régionale de Santé, la communauté urbaine Creusot-Montceau et notre groupe AMAPA. Il a fallu attendre un mois, nous gardons bon espoir en l’avenir ».

Dans ce contexte, difficile d’imaginer l’application d’une autre mesure promise par le gouvernement en cas de problème, « regrouper les cas positifs au sein de secteurs dédiés au sein des Ehpad, pour éviter la contamination des autres résidents ».

Sollicitée, l’ARS de Bourgogne-Franche-Comté n’a pas encore communiqué sur l’application des annonces du gouvernement au niveau régional.
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