Ehpad de Thise : pause dans la crise sanitaire du Coronavirus Covid-19, vers une fin de crise ?

A Thise près de Besançon (Doubs), le pic de l'épidémie de covid-19 semble passé. 25 résidents sont morts au mois de mars. Mais plus aucun dècès n'a été enregistré depuis plusieurs jours.
À l'EPHAD de Thise, dans le Doubs, un tiers des pensionnaires est mort des suites du Covid-19.
À l'EPHAD de Thise, dans le Doubs, un tiers des pensionnaires est mort des suites du Covid-19. © Denis Colle - France Télévisions
« C’est la première bonne nouvelle depuis le 5 mars ! » Alain Loriguet, le maire de Thise, n’est pas du genre à sauter de joie sur place. Il constate simplement -et sobrement- qu’aucune déclaration de décès n’a été enregistrée en mairie depuis une semaine. Il est vrai que Thise a basculé dans l'irrationnel dès le début du mois de mars en devenant l’un des premiers foyers d’épidémie dans le Doubs. 25 personnes sont décédées sur les 81 résidents de cet Ehpad appartenant au groupe Korian.

La communication avec l’Ehpad est toujours impossible. Il faut aller chercher les informations à Paris. En vain, le groupe Korian ne fait pas de point de situation et se refuse à tout commentaire sur la résidence Vill’Alizée. Selon le maire de Thise, la situation s’est stabilisée ces dernières heures. Aujourd’hui le nombre de décès est bloqué à 25 après une accélération ravageuse il y a quinze jours. Aujourd’hui, sur les 55 résidents sur place, 27 ont passé le cap de la quatorzaine. Ils sont affaiblis mais leur état n’inspire plus d’inquiétude. Seules cinq personnes présentent encore les symptômes du Covid-19. Parmi elles, deux personnes âgées ont été transférées au CHU. Elles sont en soins mais pas en réanimation.

Du côté des soignants, on sait que sur les 52 salariés en poste 49 travaillent. Trois sont en arrêt maladie. Ils présentent les symptômes du Covid-19. On craignait une hécatombe chez les soignants, il semble que ce ne soit pas le cas. Le personnel serait donc en nombre suffisant. Difficile de leur parler. Ils sortent rapidement de l’établissement et d’un coup de tête signifient qu’ils préfèrent le silence. La résidence Vill’Alizée n’est pas une résidence médicalisée. Dans ces conditions et vu le nombre de décès, ces salariés se sont sans doute transformés en soignants qu'ils ne sont pas. Avec quel matériel ? Un glissement de tâche dont ils parleront peut-être un jour.

Sur la vie à l’intérieur de la résidence, sur la stratégie de l’Ehpad pour contenir le virus, aucune information. Il faut se tourner vers les enfants de résidents pour deviner ce qui se passe. Des enfants qui ne peuvent visiter leurs parents mais qui communiquent presque quotidiennement via Skype. L’un d’eux surveille sa maman à distance. « Les résidents ne mangent plus ensemble depuis longtemps. Chacun dans sa chambre. La nouveauté, comme le temps est plus doux, c’est que certains peuvent sortir pour se dégourdir et sentir le soleil. » Un point positif vite effacé par cette remarque. « La voisine de maman est décédée il y a quelques jours. Pas du Covid que je sache. Elle ne buvait plus, ne mangeait plus, les signes d’un isolement et d’un glissement qui gagne beaucoup de personnes âgées. C’est le danger du confinement dans le confinement. ».


L'épidémie fait plusieurs victimes dans un Ehpad du Territoire de Belfort


Dans d'autres Ephad de la région Bourgogne Franche-Comté, l'épidémie de covid-19 continue à décimer des vies. A Valdoie, dans l'Ehpad de la Rosemontoise, 16 résidents sur 115 sont décédés dont 4 le weekend du 4-5 avril.

La direction de cet établissement privé, géré par l'association "d'éthique chrétienne" Servir, vient d'être placée sous administration provisoire.  L'Agence Régionale de Santé et le conseil départemental du Territoire-de-Belfort vont assurer la cotutelle de la Rosemontoise dès mardi 7 avril et pour deux mois reconductibles. Une mesure exceptionnelle qui traduit de possibles dysfonctionnements dans la gestion de cet Ephad du Territoire de Belfort.
 
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