VIDEO. En immersion dans le service de réanimation de l'hôpital de Mâcon

Comme d'autres centres hospitaliers de la région, l'hôpital de Mâcon (Saône-et-Loire) arrive à saturation. Soixante-douze patients Covid y sont hospitalisés ; trente-cinq ont déjà dû être transférés vers d'autres établissements. Reportage au sein du service réanimation.
Le service de réanimation de l'hôpital de Mâcon arrive à saturation. Le personnel médical de son côté, vient à manquer.
Le service de réanimation de l'hôpital de Mâcon arrive à saturation. Le personnel médical de son côté, vient à manquer. © Romain Liboz / France Télévisions
"La semaine dernière on n’a pas touché terre, ça allait dans tous les coins, dans toutes les chambres en même temps", raconte Mélanie Cueuille, médecin à l'hôpital de Mâcon. L'établissement est submergé par cette deuxième vague : 72 patients Covid sont hospitalisés ce mercredi soir. Les 14 lits du service de réanimation sont tous occupés, dont 12 par des patients atteints de la Covid-19.

"On est à peine au début du confinement et on en est déjà au stade où en était à trois semaines du confinement du mois de mars. Donc c’est un peu plus lourd et ça fait un plus peur sur ce qui nous attend, parce qu’on sait que ça va encore monter", confie la médecin, épuisée. 
 

 

35 patients transférés vers d'autres hôpitaux



Pour faire face à cet afflux de patients, l’hôpital a activité un plan de transferts. En une semaine, 35 personnes ont été transférées vers d’autres établissements de la région, à Beaune, Auxerre et Nevers. Mais ce système pourrait montrer ses limites.

"On arrive à une situation bloquante puisque plus aucun patient ne peut entrer en réanimation et c'est le cas de plus en plus dans les services de réanimation de Bourgogne-Franche-Comté," s'inquiète Roland De Varax, chef du service de l’hôpital de Mâcon. "C’est une situation inédite, très difficile à gérer, et nous cherchons des solutions.

 

La difficulté est de trouver du personnel médical et paramédical.

Roland De Varax, chef du service de réanimation



L'hôpital de Mâcon reçoit aussi le soutien de la polyclinique du Val de Saône. L'établissement voisin va mettre à disposition de l'hôpital des anesthésistes et autres personnels soignants. Une aide précieuse."On a du matériel par rapport à la première vague. La difficulté est de trouver du personnel médical et paramédical. Il y a plus d’absentéisme car [les soignants] ont été plus touchés par des contaminations qu’au mois de mars", déplore Roland De Varax. À l'hôpital de Mâcon, 80 soignants sont actuellement en arrêt maladie à cause du coronavirus.

"La difficulté est de trouver ces personnels pour faire fonctionner ces lits. Donc on a tout un processus de transformation de l’activité pour récupérer du personnel. Mais par contre on sait aujourd’hui comment créer des lits supplémentaires sur les hôpitaux. C’est peut-être plus considérable par rapport à la première crise", indique de son côté Jean-Claude Teoli, directeur du groupement hospitalier Sud Saône-et-Loire.

La semaine prochaine, 8 lits de réanimations supplémentaires seront ouverts, "mais on sait d’ores et déjà que ces lits seront occupés", précise le chef du service. 
 
​​​​La polyclinique a également déprogrammé plusieurs interventions pour libérer du personnels et des lits au sein de son établissement. Il pourra accueillir jusqu'à 15 patients atteints de la Covid-19. Une nouveauté par rapport à la première vague au printemps, la clinique n'accueillait aucun patient Covid. "Le nombre de patients est beaucoup plus importants et on ne peut plus se permettre de d'avoir un établissement Covid et un établissement non-Covid", affirme Bastien Rambaud, médecin à la polyclinique du Val de Saône.

Les deux établissements redoutent le pire sur les prochains jours. L’Agence régionale de santé (ARS) prévoit un nombre de patients à prendre en charge deux fois plus important que lors de la première vague.

Le groupement hospitalier Sud-Saône-et-Loire a déjà dépassé le pic de la première vague. Au printemps, 107 malades du Covid étaient hospitalés au plus fort de la crise. Ils sont aujourd'hui 150.



 
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