Masques DIM : l'agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) conclut que " tout risque sanitaire ne peut être écarté "

Depuis plusieurs semaines, la polémique enfle autour des masques fabriqués par la société DIM, à Autun (Saône-et-Loire). Le problème ? La présence d'un produit potentiellement dangereux pour stocker les masques. L'Agence nationale de sécurité sanitaire a donné ses conclusions.

Depuis le mois de mai, l'entreprise DIM a transformé plusieurs de ses usines pour produire des masques.
Depuis le mois de mai, l'entreprise DIM a transformé plusieurs de ses usines pour produire des masques. © France Télévisions
L'affaire des masques DIM connait un nouveau rebondissement. Ce mercredi 28 octobre, l'ANSES, l'agence nationale de sécurité sanitaire publie un rapport sur les masques en tissus lavables fabriqués en Saône-et-Loire.

" Tout risque sanitaire ne peut être écarté "


Après avoir évalué les risques sanitaires liés au traitement par des zéolithes d’argent et des zéolithes d’argent et cuivre, l'agence conclut que " que tout risque sanitaire ne peut être écarté ". Notamment dans les cas où les masques seraient portés sans lavage préalable.

Toutefois, l'agence explique avoir " écarté la potentialité d’effets nocifs immédiats et graves pour la santé humaine, un constat conforté par l’absence de signalement auprès des centres antipoison et de toxicovigilance d’effets indésirables avérés liés au port de ces masques ".

L’Anses rappelle ses recommandations, issues de son expertise sur les textiles d’habillement, à savoir l’importance de laver, avant de le porter pour la première fois.

La commercialisation des masques suspendue

Au coeur d'une vive polémique sur ses masques, la société DIM était sortie du silence en annonçant le mercredi 21 octobre sa décision de suspendre leur commercialisation. 

Depuis plusieurs mois, la marque spécialisée dans la lingerie et les sous-vêtements, fournissait notamment les agents de la fonction publique d'Etat, commes les policiers ou le personnel de l'éducation nationale, mais également de nombreuses associations. 


Un article de presse à l'origine de la polémique


À l'origine de cette polémique, un article du média Reporterre, il révèle que DIM utiliserait un produit potentiellement dangereux pour stocker ses masques : du zéolite d'argent et du cuivre. Un risque jugé inexistant par le fabriquant.  "Les masques DIM bénéficient d’un traitement antimicrobien pour textiles qui contient du zéolite d’argent et de cuivre à des concentrations infimes. Ce traitement permet d’assurer la protection et conservation optimale du masque lors de son stockage dans la durée" explique la société.

Dans un communiqué publié ce mercredi 21 octobre, la société basée à Autun explique que la suspension des ventes n'est que provisoire "en attendant d'éventuelles nouvelles recommandations d'experts scientifiques ". L'entreprise ajoute : " DIM a confirmé que ses masques sont sûrs et efficaces ". Ces dernières heures, la pression sur l'entreprise s'est renforcée.

Le mardi 20 octobre, c'est justement le Gouvernement qui a annoncé sa décision de ne plus utiliser ces masques, bien qu'ils soient " conformes à la réglementation européenne en vigueur ".

Le communiqué du Gouvernement précise : " À ce jour, et sous réserve des études en cours, les risques sur la santé humaine liés au port de masques traités à la zéolite n’ont pas été démontrés. De plus, aucun signalement imputable aux masques traités à la zéolite n’a été effectué auprès du dispositif national de toxicovigilance. "

Les élus confiants mais... 


Du côté de la Saône-et-Loire, plusieurs élus avaient également passé d'importantes commandes au fournisseur local. C'est notamment le cas du conseil départemental. En septembre, 130 000 masques DIM étaient achetés pour fournir les collégiens du département. 

" J'attends le retour des questionnements que j'ai posé auprès de l'Agence Régionale de Santé et du ministère de la santé, explique André Accary, le président (UDI) du conseil départemental de Saône-et-Loire, dans l'attente de réponses je vais recommander aux parents et aux collègiens de ne plus utiliser les masques. Dès qu'on aura les réponses, on avisera. Dans cette attente là je fais cette recommandation ce qui m'incite à chercher d'autres solutions au cas où" 
Toutefois, l'édile précise qu'au moment de sa commande, " les masques répondaient à toutes les normes européennes d'état de conformité et d'utilisation pour les collègiens " .

 

Faisons très attention au principe de précaution, il ne faut pas tuer notre société.

Vincent Chauvet




Le maire de la ville d'Autun, Vincent Chauvet, lui, se montre modéré au moment d'évoquer la crise qui touche le premier employeur de sa ville. 

" Je ne me fis ni aux rumeurs, ni aux polémiques politiciennes ou syndicales " prévient le premier magistrat de la ville.

" Le principe de précaution peut être très important dans les périodes de crise sanitaire, il peut être très dommageable pour des entreprises qui peuvent justement ou injustement être mises en cause. Donc faisons très attention au principe de précaution et il ne faut pas tuer notre société, notre mode de vie ou nos emplois avec une interprétation trop large de ce principe. "

L'agence nationale de la sécurité sanitaire et de l'alimentation doit expertiser la substance suspecte. Contactée, l'ANSES signale qu'il lui faudra plusieurs jours avant de rendre ses premières constatations. 


Retrouvez le reportage diffusé dans le 19/20 du mercredi 21 octobre :
 
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