"Moi je suis prêt à repartir", deux ans après, les Gilets jaunes de Saône-et-Loire dressent un bilan contrasté

A la fin de l'année 2018, jusqu'à 2000 Gilets jaunes se sont rassemblés sur l'échangeur du Magny, près de Montceau-les-Mines. Retour sur ce moment social d'envergure avec quelques figures du mouvement local. 
L'échangeur du Magny était le lieu de rassemblement des Gilets jaunes de Montceau-les-Mines.
L'échangeur du Magny était le lieu de rassemblement des Gilets jaunes de Montceau-les-Mines. © Romain Liboz / France 3 Bourgogne-Franche-Comté
Deuxième bougie d’anniversaire pour les Gilets jaunes. Le 17 novembre 2018, plusieurs milliers de Français, vêtus du gilet fluorescent utilisé pour la sécurité routière, se mobilisaient pour la première fois, portés par la puissance des réseaux sociaux. Le mouvement, galvanisé par la protestation contre l’instauration d’une taxe carbone, rassemble ceux qui, même en travaillant, n’arrivent pas à joindre les deux bouts à la fin du mois.

Deux ans après, les rassemblements sont beaucoup plus timides et les Gilets jaunes, médiatiquement, ne mènent plus les revendications sociales du pays. Si bien qu’aujourd’hui, on ne sait pas si le mouvement fête les deux ans de sa naissance où la première année de sa disparition. A Montceau-les-Mines, où jusqu’à 2000 personnes se sont réunies sur l’échangeur du Magny, Pierre-Gaël Laveder, membre du mouvement, fait le bilan : "les Gilets jaunes du Magny continuent de se réunir, pas aussi nombreux qu’il y a deux ans mais avec une vingtaine de personnes régulièrement"

La première chose qui a fait reculer la mobilisation ce sont les violences policières.

Pierre-Gaël Laveder, Gilet jaune.

Avec le recul, il juge que "le mouvement aura servi à tous les travailleurs précaires de pouvoir s’exprimer. Ils n’avaient pas d’espace d’expression jusque-là. On peut dire la même chose des retraités, des artisans et des commerçants qui sont venus grossir le mouvement. Nous avons obtenu également le recul de la taxe carbone". Fanny Morlet, qui a participé au mouvement, retient, elle, le côté humain de ce mouvement social : "les Gilets jaunes ont permis aux gens de s’entraider et d’être solidaires".

Les revendications qu'ils portaient haut et fort, ne sont pas mortes, selon eux. Michel Lacroix, un restaurateur Gilet jaune de la première heure explique "qu'il y a une trop grande différence entre une partie de la popualtion et une autre". Il ajoute : "moi je suis prêt à repartir". 

Une stratégie politique critiquée

Alors pourquoi les Gilets jaunes ont-ils disparu du devant de la scène ? "La première chose qui a fait reculer la mobilisation ce sont les violences policières", juge Pierre-Gaël Laveder. Même s'il reconnait aussi un éparpillement lié aux nombreuses revendications portées : "plus les gens ont été nombreux, plus le nombre de revendications a explosé, ce qui a fait fuir ceux qui étaient venus pour la taxe carbone".

Fanny Morlet, estime que le mouvement s’est trompé dans sa stratégie politique : "mon grand regret c’est de nous être dit apolitique au lieu d’"apartisan" car au quotidien on fait tous de la politique"

Ce week-end du 21 novembre, quelques dizaines de Gilets jaunes ont manifesté à Besançon avec des syndicats et des partis de gauche. Intervenants : 
Fanny Morlet, Michel Lacroix et Pierre-Gaël Laveder, tous Gilets jaunes. Certaines images sont des archives.
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