Saône-et-Loire : un nouveau frère de la communauté de Saint-Jean va comparaître pour agressions sexuelles

Régis Peillon lors de son arrivée au palais de justice de Chalon-sur-Saône. Il comparaît pour des agressions sexuelles commises alors qu'il portait l'habit. / © Damien Boutillet/France 3 Bourgogne
Régis Peillon lors de son arrivée au palais de justice de Chalon-sur-Saône. Il comparaît pour des agressions sexuelles commises alors qu'il portait l'habit. / © Damien Boutillet/France 3 Bourgogne

Ce vendredi 29 avril 2016, Régis Peillon va comparaître devant le tribunal correctionnel de Chalon-sur-Saône pour agressions sexuelles sur deux victimes françaises, un mineur et un adulte. Il portait alors l'habit et appartenait à la communauté de Saint-Jean, déjà entâchée de scandales du même ordre

Par Maryline Barate

Une nouvelle fois, la communauté de Saint-Jean, basée à Rimont en Saône-et-Loire, voit un des ses anciens membres comparaître devant la justice. Régis Peillon, 57 ans, sera jugé demain par le tribunal correctionnel de Chalon-sur-Saône. Il est accusé d'avoir agressé sexuellement un mineur et un majeur alors qu'il était « frère Jean-François Régis » dans cette congrégation.

Un religieux qui avait été déjà été repéré par sa hiérarchie pour des actes de pédophilie

En 2008, ce religieux est rappatrié du prieuré d'Abidjan où il a reconnu avoir fait acte de voyeurisme sur 10 à 15 jeunes garçons africains. C'était pour vérifier "si leurs organes sexuels étaient bien développés ", d'après ses propres mots. Une justification qu'on peut lire dans un document interne de la congrégation.
Régis Peillon, qu'on appelait à l'époque le frère Jean-François Régis
Régis Peillon, qu'on appelait à l'époque le frère Jean-François Régis

Les responsables de la communauté de Saint-Jean affirment que Régis Peillon leur a caché qu'il était allé beaucoup plus loin. Ce n'est que trois ou quatre ans plus tard que ce religieux avait avoué les abus sexuels perpétrés en Côte-d'Ivoire. Ses supérieurs l'ont alors poussé à se dénoncer aux autorités. Il a fini par le faire en mars 2015.

Dans son audition, Régis Peillon parle alors de deux autres victimes françaises. Il explique avoir agressé en 2009 un mineur, un adolescent de 13 ans. Une agression qui a eu lieu alors qu'il était de passage au prieuré de Murat, dans le Cantal, qui accueille de nombreux camps de jeunes. Il rapporte avoir eu également des gestes totalement déplacés envers un autre frère de la communauté en septembre 2014. C'est la victime majeure du dossier.
Prieuré de la communauté Saint-Jean à Rimont, en Saône-et-Loire.
Prieuré de la communauté Saint-Jean à Rimont, en Saône-et-Loire.

Une communauté de Saint-Jean qui ne cesse de faire son mea culpa alors que les procès s'enchaînent

La communauté de Saint-Jean, quant à elle, déclare demander pardon aux victimes et à leurs familles pour ces fautes. Un mea culpa qui n'est pas le premier. Régis Peillon est le troisième religieux de cette congrégation à devoir répondre d'actes de pédophilie et d'agressions sexuelles en l'espace de cinq ans.

Le dernier procès retentissant était celui de Jean-Dominique Lefèvre devant les assises de Saône-et-Loire en mai 2015. Ce moine avait été condamné à huit ans de prison pour viols et attouchements sexuels sur des fillettes en France et en Roumanie.

Pour chaque affaire, l'association d'aide aux victimes des dérives de mouvements religieux en Europe et à leurs familles (AVREF) dénonce l'omerta et l'attentisme qui règnent dans cette communauté.
.
Le reportage de P. Mauger et L. Linot avec :
  • Gabriella Blagoi, victime de Jean-Dominique Lefèvre
  • Philippe Gentien, Association d'aide aux victimes des dérives de mouvements religieux en Eruope et à leurs familles (AVREF)
  • Frère Renaud-Marie, en charge de la communication à la communauté de Saint-Jean
Saône-et-Loire : nouveau procès pour un ex-membre de la communauté religieuse de Saint-Jean
Ce vendredi 29 avril 2016, Régis Peillon va comparaître devant le tribunal correctionnel de Chalon-sur-Saône pour agressions sexuelles sur deux victimes françaises, un mineur et un adulte. Il portait alors l'habit et appartenait à la communauté de Saint-Jean, déjà entâchée de scandales du même ordre.

 

A lire aussi

Sur le même sujet

Un vrai faux Comté qui sème le doute

Les + Lus