Sâone-et-Loire : être agricultrice, entre passion et difficultés

Hélène est éleveuse de bovins sur l'exploitation familiale. / © France 3 Bourgogne
Hélène est éleveuse de bovins sur l'exploitation familiale. / © France 3 Bourgogne

Hélène et Marlène sont agricultrices en Saône-et-Loire. Malgré les difficultés financières, elles tentent de mener à bien leur carrière.

Par Charlotte Meunier


"Mon père vendait ses vaches plus chères que moi"


Hélène Doussot a 34 ans. Elle est éleveuse de bovins sur l'exploitation familiale de Gergy. Il y a 10 ans, elle s’est lancée dans l’élevage de charolaises pour un salaire inférieur au smic.

"Avant, j’étais commerciale en agrofournitures. Puis j’ai voulu reprendre l’exploitation de ma mère, raconte Hélène. J’aime les vaches, j’aime les champs. Il faut faire ce métier là par passion."

Malgré l’ambition, la situation économique est un frein. Les agriculteurs peinent à rentabiliser leur activité : "Mon père, qui s’est installé il y a 40 ans, vendait ses vaches plus chères que moi aujourd’hui." déclare Hélène.

Un métier passion

Marlène Bertin, 24 ans, est éleveuse caprine et fromagère à Tavernay. Après deux ans d'apprentissage, elle a voulu développer la ferme bovine de ses parents avec un élevage de chèvres.

"Ça m’apporte beaucoup de travailler avec mes parents. C’est important de se sentir soutenue quand on s’installe, explique Marlène. Ce sont eux qui m’ont donné envie de faire ce métier."

Annick, la mère de Marlène, admire l’ambition de sa fille : "Je suis devenue agricultrice en épousant un agriculteur. Ma fille, elle, a choisi son métier par passion, avant de trouver un mari."

Marlène va pouvoir garder son statut de jeune agricultrice pendant 10 ans. Ce statut lui confère des avantages, comme la DJA (Dotation Jeunes Agriculteurs), ou encore des aides fiscales et sociales.

Une profession qui se féminise


Conjuguer le métier d’agricultrice et la vie de famille n’est pas chose aisée. Hélène constate tout de même des avancées : "Le congé maternité n’est pas si vieux que ça. Il y a 30 ans, les agricultrices n’avaient aucun droit, elles n’étaient pas reconnues. L’élection de Christiane Lambert à la tête de la FNSEA marque un sacré progrès."

Néanmoins, il reste encore combats à mener. Les montants des retraites des agricultrices restent encore bien inférieurs à ceux des hommes.

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