Ce matin, c'est General Electric qui semble l'emporter sur Siemens pour le rachat d'Alstom. Mais Arnaud Montebourg dit que "Ce n'est pas plié", Patrick Kron, le PDG d'Alstom, affirme que "L'Etat aura son mot à dire" et Siemens fait une nouvelle offre.
L'Américain General Electric a été choisi hier soir par le conseil d'administration pour le rachat d'Alstom, au détriment de l'Allemand Siemens.
Avec une offre ferme de 12,35 milliards d'euros, GE a depuis le début les faveurs de l'industriel français.
Alstom a ainsi indiqué mercredi "étudie(r) l'adossement de ses activités énergie à GE" sans toutefois fermer la porte à d'autres offres non sollicitées et en promettant un "accès équitable à l'information" à Siemens,
Le point ce matin :
La position d'Arnaud Montebourg
Le ministre de l'Economie et du Redressement productif Arnaud Montebourg a affirmé mercredi que le gouvernement avait "été entendu" dans le dossier Alstom, qui n'est "pas plié", soulignant qu'il y a "un mois pour décider".
"Nous avons devant nous plusieurs semaines" et "le gouvernement compte utiliser ce temps pour défendre les intérêts industriels de la nation", a déclaré le ministre devant la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale.
Du côté de la bourse
Pour la reprise de sa cotation, le titre Alstom a décollé de 9,26% à 29,5 euros, après la préférence affichée par le groupe français pour l'offre de reprise déposée par son concurrent américain General Electric. Son actionnaire de référence Bouygues prenait pour sa part 0,90% à 32,37 euros.
La position de Patrick Kron, PDG d'Alstom
L'Etat aura son mot à dire sur la vente de la branche énergie d'Alstom, que le groupe souhaite vendre à l'américain General Electric, a reconnu mercredi
le PDG de l'industriel français, Patrick Kron.
"Il est clair que l'Etat aura son mot à dire", a indiqué M. Kron lors d'un point presse téléphonique.
"Ce qui est important, c'est de comprendre que le conseil (d'administration d'Alstom) va travailler et que le conseil va examiner le dossier de l'offre en tenant compte des intérêts des différentes parties prenantes", a-t-il poursuivi.
Le gouvernement français, qui a placé la lutte contre le chômage et la désindustrialisation au coeur de son projet politique, était monté en première ligne depuis plusieurs jours dans ce dossier, qu'il juge stratégique pour l'emploi et la politique énergétique de la France, en demandant notamment à Alstom de prendre le temps d'examiner toutes les offres sur la table.
"Nous déterminerons rapidement le +process+ qui permet aux uns et aux autres de s'exprimer et de dire ce qu'ils pensent", a ajouté M. Kron, tout en soulignant que "le conseil, souverainement, prendra les décisions qui conviennent".
M. Kron a par ailleurs indiqué que l'actionnaire principal du groupe, Bouygues, resterait actionnaire à environ 29% de la division ferroviaire Alstom
Transport après la cession de la division énergie. Ce montant correspond à sa participation actuelle dans le groupe Alstom.
La division énergie, qui emploie 65.000 personnes dans le monde, dont près de 9.000 en France, et représente environ 70% du chiffre d'affaires d'Alstom.
Le conseil d'administration d'Alstom venait d'annoncer qu'il avait décidé de recommander à ses actionnaires l'offre de GE pour le rachat de sa branche énergie, pour un montant de 12,35 milliards d'euros, sans fermer la porte à d'autres offres non sollicitées, notamment celle de Siemens.
Le produit de la cession permettra à l'industriel français en difficulté "de renforcer ses activités transport, leur donner le moyen d'un développement ambitieux, rembourser sa dette et redistribuer le solde à ses actionnaires", a-t-il précisé dans un communiqué.
Siemens a amélioré son offre
L'allemand Siemens a amélioré son offre d'achat des activités énergie du français Alstom par rapport à une proposition préliminaire faite
pendant le week-end, selon un courrier envoyé mardi après-midi et que l'AFP a pu consulter mercredi.
Dans ce courrier, adressé en amont du conseil d'administration d'Alstom, Siemens évalue dans une fourchette de 10,5 à 11 milliards d'euros les
activités énergie d'Alstom et propose de lui céder, en plus de ses trains à grande vitesse, son activité dans les métros.
Siemens, qui n'a reçu de réponse de la part du français à aucun de ses courriers, se dit par ailleurs, dans cette lettre, "déçu du manque de coopération" du patron d'Alstom, Patrick Kron.
Dans la nouvelle mouture de sa proposition, non confirmée officiellement par Siemens, le groupe de Munich (sud), qui maintient avoir "tous les moyens financiers" pour une telle transaction, reste sur l'idée d'un échange d'actifs entre les deux groupes, tous deux présents à la fois dans l'énergie et le transport ferroviaire.
Siemens veut racheter les activités énergie d'Alstom, évaluées entre 10,5 et 11 milliards d'euros (contre entre 10 et 11 milliards d'euros jusqu'à
présent), sous réserve de l'inspection des comptes du français.
En échange, il est prêt à céder, outre ses trains à grande vitesse et ses locomotives, également ses métros et trains de banlieue, et à prendre une part allant jusqu'à 19% de ce groupe de transport nouvellement constitué.
En revanche, Siemens demande à Alstom son activité de signalisation.
Par ailleurs, l'Allemand maintient sa garantie de ne procéder à aucun licenciement dans les trois ans ni en France ni en Allemagne.
Enfin, il se dit prêt à prendre à sa charge les risques liés aux éventuelles exigences des autorités de la concurrence.