Entre 2014 et 2020, la ville de Belfort a perdu 4.306 habitants selon les chiffres du dernier recensement de l’Insee. Une baisse notamment due à la perte d’emplois et l’envie d’ailleurs, mais toute relative pour le chef-lieu du plus petit département de France, qui défend son attractivité.

4.306 habitants en moins entre 2014 et 2020 pour la ville de Belfort, voilà le constat établi par l’Insee. Dans la préfecture du plus petit département de France, la population est ainsi passée de plus de 49.000 habitants en 2014 à environ 45.000 en 2020. 

"La ville se démarque par le fait qu’elle rencontre encore aujourd’hui plus de naissances que de décès, avec une population qui reste relativement jeune", note toutefois Bertrand Kauffmann, directeur régional Bourgogne-Franche-Comté de l'Insee, interviewé par notre journaliste Isabelle Brunnarius. Le solde naturel positif s’établit ainsi sur cette période à 1.450 habitants, ce qui ne suffit pas à compenser le solde migratoire négatif, c’est-à-dire le nombre de départs : 5.756 habitants en moins, d’où la perte globale dans la cité du Lion. 

3.000 emplois en moins

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cet exode, selon le président de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Territoire-de-Belfort, Alain Albizati. Le premier est la perte d’emplois durant la période analysée : 3.000 suppressions au total chez General Electric et chez Alstom, dans une ville à taille humaine où l’industrie représente 30% de l’emploi total, selon Alain Albizati, qui qualifie Belfort de “poumon économique du territoire”. 

Le second tient à la volonté, notamment née de la crise sanitaire, de s’éloigner des villes urbaines, comme l’explique Bertrand Kauffmann, directeur régional Bourgogne-Franche-Comté de l'Insee : “Quand on cherche une qualité de vie plus rurale, il est plus facile d’aller s’expatrier dans des communes aux alentours des grands pôles d’emploi. Le fait que Belfort soit bien irriguée par les autoroutes pousse les gens à s’installer à l’extérieur”, analyse-t-il. 

Belfort, "ville d'avenir"

Pas de quoi, cependant, décontenancer le maire de Belfort : “Nous avons effectivement eu des suppressions de postes mais nous attirons de nouvelles entreprises, nous avons des start-up, des grands groupes”, souligne-t-il avant de citer Amazon et McPhy, respectivement créateurs de 300 et 450 emplois. L’usine McPhy, entreprise d’énergie hydrogène, verra en effet le jour à partir de 2024. 

Des “fondamentaux solides et des atouts pour rebondir”, d'après les mots d’Alain Albizati, qui font celui lui de Belfort une “ville d’avenir”. Rendez-vous donc dans quelques années pour observer ce qui semble s’être amorcé, car pour son maire, “c’est à partir de 2026-2027 que la tendance va s’inverser”.