Absente pour maladie, le procès à Belfort de l'aide-soignante accusée d'avoir drogué 13 collègues est repoussé au 2 juin

Ce mercredi, le Tribunal Correctionnel devait accueillir le procès d'une aide-soignante, accusée d'avoir drogué à leur insu treize collègues de l'Hôpital de Trévenans entre 2014 et 2019. Mais la prévenue ne s'est pas présentée à l'audience pour raisons de santé. Le procès est repoussé au 2 juin.

L'audience de l'aide-soignante est renvoyée au 2 juin prochain.
L'audience de l'aide-soignante est renvoyée au 2 juin prochain. © Sébastien Bozon / AFP

Cela devait être le jour du grand soulagement pour treize infirmières et aides-soignantes du service de réanimation de l'Hôpital Nord Franche-Comté de Trévenans. Treize vicimes, qui espéraient avoir une réponse à cette question, qui les hante depuis plusieurs mois : « Pourquoi ont-elles été droguées ? »

Mais elle n'est pas venue. Elle n'avait d'ailleurs pas d'avocat pour la représenter. Seuls son mari et sa fille étaient présents à l'audience. L'aide-soignante de 57 ans a fait parvenir un certificat médical de non-aptitude, indiquant à la Cour qu'elle est atteinte d'une tumeur cérébrale de stade 4. Selon les médecins, il ne lui resterait qu'entre 6 à 18 mois à vivre.

Devant l'absence de la prévenue, la Cour devait prendre une décision : maintenir le procès ou le renvoyer, à la grande inquiétude des avocats des parties civiles. 

Et donc, à l'issue d'une suspension de séance de près de quarante minutes, le tribunal constate l'incapacité de la prévenue à comparaître ce jour, mais organise un nouveau procès qui se déroulera le 2 juin à Belfort.

Une décision d'urgence, comprise par les deux avocats représentant les treize victimes.

Moi, même en qualité d'avocat de victime, il m'était insupportable d'avoir un procès sans prévenue, en sachant qu'elle est en train de mourir, sans qu'elle ait pu s'exprimer. C'est pas ça la justice.

Me Giuranna, avocat d'une victime

Le tribunal ordonne également la désignation d'un avocat pour la défendre, ainsi qu' une audition au domicile de la prévenue quelques jours avant le procès. C'est la Présidente de la Cour, en personne, qui se rendra le 31 mai au domicile de l'aide-soignante pour réaliser cette audition.

Une audition qui pourrait être décisive si, le 2 juin, l'aide-soignante soit encore trop fatiguée pour se rendre à son procès.

Je ne m'attendais pas à une nouvelle audience aussi rapide. On (la Cour, ndlr) a vraiment pris en compte l'intérêt des victimes. Le Tribunal a tout mis en œuvre pour pouvoir juger le 2 juin et c'est une belle décision.

Me Bergelin, avocat de douze des victimes

 

Les experts médicaux cités ont estimé que si la prévenue était conciente de ce qu'elle faisait en 2019 (à l'époque des faits), elle se trouvait à présent, du fait de sa maladie, dans un état confus, rendant difficile l'explication de ses motivations.

Un début d'audience marqué par une grande absente: la prévenue.

La présidente, Marie Corne, aura tout d'abord exposé les faits, à savoir qu'entre novembre 2014 et juillet 2019, les soignantes ont ressenti de la fatigue et des somnolences lors de leurs tours de garde. Et, suspectant leur collègue, ont installé un téléphone portable pour filmer le réfrigérateur où se trouvaient leurs boissons, comme l'avait révélé le quotidien régional L'Est Républicain.

Elles avaient ainsi filmé l' aide-soignante en train de verser un liquide à l'aide d'une seringue dans leurs bouteilles. L'aide-soignante avait été exclue par la direction de l'hôpital qui avait déposé plainte. D’après le Parquet de Belfort, la prévenue aurait reconnu avoir « injecté régulièrement des produits neuroleptiques dans les bouteilles et les assiettes de ses collègues de travail ».

Ce mercredi, à l'audience, la présidente précisera qu'il s'agissait de comprimés de Loxapine, un antipsychotique utilisé dans le traitement "des états psychotiques aigus et chroniques" et aussi de Tramadol, un antalgique. Leurs effets secondaires sont multiples : nausées, sueurs, faiblesse, confusion mentale...

Au niveau de l'empoisonnement, les treize victimes se seront vu notifier des incapacités de travail allant de un à trois jours. Certaines, par la voix de leur avocat, auront expliqué qu'il leur aura fallu plusieurs mois pour se rétablir physiquement.

 

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