Belfort : Emmanuel Macron annonce "la renaissance du nucléaire civil français"

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Ce jeudi 10 février, le président de la République a visité le site de General Electric et a présenté son plan pour l'énergie. S'il veut développer les énergies renouvelables, il mise sur le nucléaire en annonçant la construction de 6 nouveaux EPR deuxième génération et le lancement de 8 autres.

Le premier tour de la présidentielle aura lieu dans deux mois tout juste, le 10 avril. Le presque-candidat Emmanuel Macron était à Belfort ce jeudi 10 février. Deux objectifs à cette visite sur le site de General Electric : se féliciter du rachat par EDF de la branche énergie de GE et présenter son plan pour l'énergie.

Le président de la République est arrivé sur le site belfortain de GE accompagné, entre autres, de Damien Meslot, le maire LR de la ville et de Jean-Pierre Chevènement, qui a été l’homme fort du département. Jean-Pierre Chevènement, 83 ans le 9 mars prochain, a été maire de la ville, député, sénateur et quatre fois ministre.

Emmanuel Macron s’est entretenu longuement avec des représentants syndicaux devant l’usine. Il a dû s’expliquer sur son choix de GE en 2015 quand il était ministre de l’Économie de François Hollande pour le rachat de la branche énergie d’Alstom. Les syndicalistes lui ont fait part de leurs années difficiles, alors que GE avait promis un millier d’emplois, ce sont les plans sociaux qui se sont succédé. Il a été question d’embauches et d’investissements pour la filière nucléaire avec des constructions de nouvelles centrales nucléaires, très attendues par ces syndicalistes. Les emplois, au centre de leurs inquiétudes, justement, il en sera beaucoup question dans le discours du chef de l'État l'après-midi.

Première bonne nouvelle de la journée, que tous ont saluée : le rachat de la branche énergie de GE par EDF qui « revient dans le giron français » comme l’a dit un représentant syndical. Les turbines à gaz, les plus puissantes du monde, les Arabelle sont fabriquées à Belfort.  

Emmanuel Macron a échangé librement avec eux, semblant attentif à leurs préoccupations. Il a notamment dit à propos du patrimoine de savoir-faire évident à Belfort, et souligné par l’un de ses interlocuteurs : « C’est aussi pour cela que nous faisons ce choix [du rachat par EDF] pour ce patrimoine à défendre, c’est aussi pour bâtir une souveraineté et se donner un avenir. » À ses côtés, Jean-Pierre Chevènement opine du chef et remarque : « Pour une fois, les choses vont dans le bon sens… » 

 

Énergies renouvelables à développer

Lors de la campagne de 2017, le candidat Emmanuel Macron disait vouloir réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50%, au lieu des 70 à 80% actuels d’ici 2035. En ce moment, la France ne construit qu’une centrale nucléaire, le fameux EPR de Flamanville dans la Manche. Ce chantier fait régulièrement parler de lui : il a 10 ans de retard et le coût a été multiplié par 4, pour atteindre 17 milliards d’euros.     

À Belfort, le président de la République a présenté son plan pour l’énergie en France avec pour but de « garantir l'indépendance énergétique de la France » et « atteindre nos objectifs, en particulier la neutralité carbone en 2050 ». Emmanuel Macron veut soutenir la filière hydrogène, il a notamment évoqué la grande fabrique de batteries de Faurecia à Allenjoie, dans le Doubs pour laquelle l'État doit verser plus de 246 millions. Autre bonne nouvelle : l'entreprise Mc Phy qui va construire son usine d'électrolyseur à Belfort recevra 114 millions.

Le locataire actuel de l'Elysée souhaite développer l’éolien, notamment maritime avec la création de 50 sites en mer pour 2050, sans oublier l’éolien terrestre qui selon lui peut être respectueux du patrimoine. Emmanuel Macron veut « retrouver notre souveraineté industrielle » et promet « un milliard d’euros pour la recherche sur les énergies renouvelables ». Le président veut développer les énergies renouvelables car « il faut 15 ans pour construire un réacteur nucléaire ».

Très attendu, les annonces sur le nucléaire

Justement, le président de la République le dit clairement. Emmanuel Macron veut relancer « la grande aventure du nucléaire civil en France » et parle même d’une « renaissance »… Dans un premier temps, l'ancien ministre de l'Economie précise vouloir prolonger tous les réacteurs nucléaires sans rien céder à la sûreté au-delà de 50 ans. De plus, il annonce qu’il lancera la construction de 6 EPR2, EPR deuxième génération, le premier en 2035 ainsi que l’étude de 8 autres d’ici 2050. Les 6 premiers réacteurs EPR2 coûteraient 50 milliards. Ils seront complétés par de petits réacteurs modulables (SMR) et des réacteurs « innovants » produisant moins de déchets, avec l'objectif de « 25 gigawatts de nouvelles capacités nucléaires d'ici 2050 », une « révolution » justifiée par la hausse des besoins d'électricité.

Les syndicalistes de GE voulaient des assurances sur l'emploi, ils sont certainement rassurés. Les turbines Arabelle qu'ils fabriquent équipent déjà le tiers des réacteurs nucléaires dans le monde.

Ces annonces de la relance de la filière nucléaire, le président de la République a insisté sur ce point, signifient des milliers d'emplois et pour plusieurs années.

Dans la campagne présidentielle

Le nucléaire est l'un des thèmes de la campagne présidentielle de 2022.Certains candidats militent pour une une sortie plus ou moins rapide du nucléaire, comme Yannick Jadot qui conduit la liste EELV ou l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon.D'autres sont favorables à cette énergie notamment à droite comme Valérie Pécresse des Républicains, à l'extrême droite comme Marine Le Pen mais aussi à gauche comme Fabien Roussel du PCF, Parti Communiste Français.