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Belfort, une ville déjà marquée par plusieurs coups durs industriels

2016. Belfort Alstom craint de perdre sa division transports. / © Sébastien Bozon - AFP
2016. Belfort Alstom craint de perdre sa division transports. / © Sébastien Bozon - AFP

985 emplois vont être supprimés au sein du groupe américain General Electric implanté dans le Territoire de Belfort. Bull, Alstom, puis GE... le sort s'acharne sur la cité industrielle qui va devoir faire face à ce nouveau coup dur pour l'emploi. 

Par Sophie Courageot


 Un coup dur peut en cacher un autre. Remontons le fil de l'histoire. Belfort, la ville du Lion de Bartholdi a toujours été tournée vers l'industrice, mais elle a connu des hauts et des bas au niveau de son activité. 


2016 - Alstom annonce le transfert de la division transport vers l'Alsace 


C'était le dernier coup dur en date. 7 septembre 2016, le groupe Alstom annonce sa volonté de transférer la division transport de Belfort vers le site alsacien de Reichshoffen. 400 emplois s'apprêtent à fondre comme neige à Belfort. Mais les élus vont très vite monter au créneau pour défendre l'emploi sur le département. Sur demande du ministère de l'économie, des négociations s'ouvrent avec le groupe Alstom et son PDG Henri Poupart-Lafarge. François Hollande est alors Président de la République. L'Etat dit vouloir conserver les 400 emplois et la production à l'usine de Belfort. En octobre 2016, Manuels Valls premier ministre déclare que le site de Belfort est sauvé par notamment l'achat par l'État de 15 TGV destinés aux lignes Intercités Bordeaux-Marseille et Montpellier-Perpignan. L'Etat commande également 6 TGV pour la liaison Paris-Turin-Milan et 20 locomotives diesel.

Alstom a donné le statut de ville industrielle à Belfort. Avant son arrivée vers 1879, c'était une simple ville de garnison. Alstom, c'est aussi la fierté des Belfortains lors de la sortie de la motrice 001 du TGV en 1972. Elle trône d'ailleurs fièrement à l'entrée de ville en bordure de l'A36. 
 

2014 - Alstom energie vendue à General Electric


Avril 2014 : General Electric et Alstom s'accordent pour que la branche énergie d'Alstom soit vendue au groupe américain. Arnaud Montebourg est au ministère de l'économie. Emmanuel Macron est alors secrétaire général adjoint de l’Élysée. En Franche-Comté, le rachat de la branche énergie d'Alstom par General Electric concerne plus de 5000 salariés des deux groupes. 

Le 28 mai 2015, Emmanuel  Macron se déplace à Belfort, cette fois-ci comme ministre de l'Economie. "Belfort a un avenir industriel. Cet avenir industriel  fait partie d'abord des engagements pris de part et d'autres, et ces engagements sont suivis par le gouvermenent"

Le 30 octobre 2015, le PDG de General Electric, Jeffrey Immelt, vient à Belfort pour "célébrer" le rachat de la branche énergie d'Alstom. Selon la direction de GE, sur les 1000 emplois supplémentaires promis à l'Etat français, 310 postes doivent être créés sur le site de Belfort. Ces emplois ne seront jamais créés. 

En juin 2017, GE annonce sa volonté de créer une usine de 10 000 m2 dans le Territoire-de-Belfort. Mais, en novembre de la même année, GE affiche ses difficultés financières et annonce une restructuration. En décembre 2017, le groupe annonce 12 000 suppressions de postes dans le monde dont 4500 en Europe. Le marché de l'énergie est en difficulté. 

 

2004 - Alstom a du plomb dans l'aile, l'Etat acquier une partie du capital


2 800 salariés travaillent à Alstom Belfort. Mais la groupe va mal depuis son introduction en Bourse en 1998. Contraint de rembourser des turbines à gaz défectueuses, le constructeur du TGV frôle le dépôt de bilan, avec 1,4 milliard d'euros de pertes et un endettement de 5,3 milliards.

Un premier plan de sauvetage est bloqué par Bruxelles en septembre 2003 : la Commission s’oppose à ce que l’Etat entre directement au capital d’Alstom, au nom du respect de la concurrence.
En mars 2004,  le Président de la République Nicolas Sarkozy va faire d’Alstom sa priorité. Il parvient à faire accepter à Bruxelles un nouveau plan de sauvetage de renationalisation partielle, en juillet 2004.
L’Etat achète 21,4 % du capital du groupe pour 720 millions d’euros. Certaines activités du groupe sont vendues mais les 2 800 emplois du site de Belfort sont sauvés.

 

1992 - Fermeture de l'usine Bull


En 1992, l’usine Bull de Belfort qui fabriquait des imprimantes met la clé sous la porte. Plus de 2 000 salariés se retrouvent au chômage, une famille sur 10 était touchée dans le département. Bull était implanté depuis 1960 dans la ville, elle avait hérité des anciens bâtiments de DMC.



 

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