Défense aérienne : découvrez les secrets du fort de l'OTAN de Belfort, le dernier-né des bâtiments stratégiques de la région

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Les forts sont à Belfort ce que les volcans sont à l’Auvergne et les vignes à la Bourgogne. Ils façonnent le paysage. Découvrez le fort de l’OTAN de Belfort, le dernier-né des bâtiments stratégiques du Nord de la Franche-Comté.

Belfort porte bien son nom. Aux portes de la ville et en son cœur, on dénombre pas moins de 21 forts. Tous forment la Ceinture fortifiée du Nord de la Franche-Comté. Ce patrimoine militaire d’envergure est dû à ce qu’on appelle la "Trouée de Belfort". Ouverture battue par les vents, reliant les plaines du Rhin à celles de la Saône, la Trouée de Belfort constitue une voie d’accès propice aux invasions. Autrement dit, une place à défendre. Vauban, le premier, est chargé de transformer le château médiéval de la ville en Citadelle. Par la suite, la guerre contre la Prusse conduit à la construction de multiples fortifications. Pensés par le Général Séré de Rivières, ces édifices sont les témoins de l’histoire militaire mouvementée de la Franche-Comté.  

Aujourd’hui, l’initiative Franchement Forts, initiée par les communautés d’agglomération du Grand Belfort, du Pays de Montbéliard et des communautés de communes du pays d’Héricourt et des Vosges du Sud, rend hommage à ce patrimoine unique en France. 

Si la plupart des forts du territoire partagent la même architecture et le même objectif, le dernier-né des bâtiments stratégiques du Nord de la Franche-Comté diffère sensiblement des autres. Il s’agit du Fort de l’OTAN, construit 85 mètres en dessous du Fort Lefebvre en un dédale de pièces et de couloirs souterrains.  

On le nomme "fort" mais c’est loin d’en être un ! Son vrai nom, d’ailleurs, c’est Ouvrage "G" ou encore "Station Maître Radar 60/921". Il s’agit en fait d’un centre de détection de la Défense aérienne du territoire (D.A.T.). En d’autres termes, on y produisait des renseignements sur les mouvements aériens du bloc de l’Est en pleine Guerre Froide.  

Pour peu que vous soyez frileux, l’humidité et le froid vous gagne très vite quand vous pénétrez à l’intérieur de l’Ouvrage G. Mais lorsqu’il était encore en activité, un système de ventilation y maintenait une température permanente de vingt degrés Celsius. Il fallait bien ça pour permettre aux 500 personnes – Américains et Français – qui y travaillaient, d’œuvrer confortablement dans ces 10.000 mètres carrés d’espace sous-terrain. 

Construit par l’OTAN de 1953 à 1958 pour un milliard de francs, le "Fort" ne reste en activité qu’une seule année. En 1959 déjà, l’OTAN quitte les lieux. Rendu obsolète par les nouvelles technologies de l’aviation, le "Fort" ne lui est plus d’aucune utilité.  

Classé "Secret défense", le site de l’Ouvrage "G" est actuellement en cours de réhabilitation. L’association ATOMES s’occupe de la restauration des lieux. Elle a pour ambition d’en faire le premier musée consacré à la Guerre froide de France. Une fort bonne idée, n’est-ce pas ?  

Texte de Léa Spegt.

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