General Electric Belfort : l'intersyndicale en appelle au Président de la République Emmanuel Macron

L'intersyndicale du site de General Electric à Belfort en a appelé mardi 8 décembre à Emmanuel Macron, en visite au Creusot (Saône-et-Loire) pour soutenir la filière nucléaire, afin de "stopper la mauvaise orientation stratégique" du géant américain, acteur important de la filière nucléaire.
© Michael DESPREZ - maxPPP
L'ensemble des syndicats des différentes filières du site de GE à Belfort s'est réuni mardi pour interpeller le président de la République, en déplacement en Bourgogne-Franche-Comté sur le site du fabricant de réacteurs nucléaires Framatome au Creusot.
"Monsieur Macron, monsieur le Président. Quand allez-vous intervenir pour stopper cette mauvaise orientation stratégique, prise dans un contexte de panique, sous pression des actionnaires de General Electric ?", a interrogé Christian Mougenot de la CFDT, lors d'une conférence de presse à Belfort. "Si vous voulez soutenir le nucléaire, nous demandons des actes".

Plusieurs entités du groupe américain concernées par des suppressions d'emplois en France

Depuis des mois, élus locaux et représentants du personnel réclament l'intervention de l'Etat. Mardi se tenait le comité central européen de General Electric devant acter la suppression de 240 emplois à Belfort dans l'entité Steam Power de GE, spécialisée dans les turbines pour centrales nucléaires et à charbon. Ce plan de restructuration, qui prévoit la suppression de près de 300 postes au total en France, vient s'ajouter à deux autres procédures d'information-consultation déjà en cours dans les activités Grid (réseaux électriques) et Hydro (pièces pour centrales hydroélectriques), menaçant environ 700 postes au total, d'après les syndicats.

Le site historique de Belfort a par ailleurs pris de plein fouet le plan de 485 suppressions de postes annoncé en 2019 dans l'activité Gas (centrales au gaz), pour lequel 476 départs volontaires ont d'ores et déjà été validés.
"La filière nucléaire ne peut se faire sans Belfort", si les PSE en cours ne s'arrêtent pas, "ce sont des compétences stratégiques de la filière nucléaire qui disparaîtront à jamais", a déclaré le délégué CFE-CGC belfortain Philippe Petitcolin. Il s'agit pour lui "d'une question d'indépendance énergétique".

Emmanuel Macron dit qu'il travaille sur le dossier GE, c'est une affaire de semaines

Dans une lettre ouverte adressée au président de la République à l'occasion de son déplacement au Creusot, la présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay, lui demande "ne pas oublier Belfort" et sa filière nucléaire "hautement stratégique" pour la France. Elle plaide pour que Framatome "se porte acquéreur de l'ensemble de la branche énergétique de GE", afin de "recréer un champion énergétique français".
Lors de la visite du Président au Creusot, Marie-Guite Dufay a pu discuter avec lui quelques instants de la situation de GE à Belfort. "Il n'était pas au Creusot pour parler de General Electric mais il m'a dit qu'il avait bien reçu mon courrier. Il m'a dit également que GE faisait l'objet de toutes ses attentions. Si l'Etat n'a pas encore pris la parole publiquement, c'est qu'il veut aller jusqu'au bout de ce dossier complexe. En effet, il y est question de gaz, de nucléaire, d'hydrogène. Plusieurs éléments sont en jeu, notamment des investissements publics et privés. Il m'a dit également que les premiers mots de son discours s'adressaient aussi aux salariés de GE qui se battent pour une excellente cause, défendre la terre industrielle de Belfort. Il m'a assuré que c'est une affaire de semaines. Il a bien insisté, une affaire de semaines et pas de mois ! Il y travaille !" a relaté à France 3 Franche-Comté la président de région.
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