Coronavirus-Covid 19 : Les mennonites de Belfort prennent leur distance avec la direction de l'Ehpad de Valdoie

Le responsable  de l'Église Évangélique Mennonite se montre ferme par rapport aux faits qui touchent l'Ehpad de Valdoie. Le président de l'association Servir, se dit "outré" par de tels propos.

Église Évangélique Mennonite de Belfort.
Église Évangélique Mennonite de Belfort. © Google street view
"Ce sont bien les membres des églises mennonites qui ont fondé l'association "Servir" il y a 70 ans. Mais les établissements ont acquis depuis une autonomie totale. Avec un conseil d'administration propre, une assemblée générale propre. Et des partenariats avec l'ARS. Nous avons signifié nos inquiétudes dans le passé, par courrier et à plusieurs reprises, concernant le fonctionnement de l'ehpad de Valdoie". Gustave Roth, le président de l'Eglise Evangélique Mennonite, ne veut pas en dire plus et se tient au communiqué ci-dessous, rédigé pour la presse.

Ce sont effectivement les membres des églises mennonites de France qui sont à l’origine de cette association ; toutefois l'association Servir 90 est aujourd’hui une entité juridique indépendante de nos communautés. Elle fonctionne d’une manière totalement autonome. Elle est gérée par un conseil d’administration dont le Président est le représentant légal. Lui seul peut répondre aux questions, notamment en ce qui concerne la gouvernance de l’Association.
Nous lui avons à plusieurs reprises fait part de nos vives inquiétudes devant des orientations qui ne correspondent pas aux valeurs que notre communauté mennonite défend depuis toujours.
Nos pensées vont vers les familles endeuillées, vers les Résidents confinés et vers les salariés qui ont répondu présents malgré les difficultés extrêmes auxquelles ils ont été confrontés.
Cordialement

L’équipe pastorale de l’Eglise Mennonite de Belfort.

Alors qu’une nouvelle personne vient de décéder à la résidence La Rosemontoise de Valdoie, portant le nombre de morts à 29, Joel Goldschmidt, le président de l’association Servir, sort de son silence à son tour pour donner sa version des faits. Nous l’avons joint par téléphone.
« Il y a eu probablement des loupés dans la pédagogie et la communication »
D’emblée Joel Goldschmidt reconnait des manquements dans cette crise. « Il est vrai qu’on peut désamorcer des crises par la façon dont on se comporte. Je le conçois. J’ai été presque totalement absent pendant le mois de mars. J’ai été malade du COVID et mon père aussi, il en est décédé. Comme d’autres je n’ai pas pu le voir. Ce mois passé a été très dur. Je ne peux pas me permettre d’être dans l’émotion. Il faut faire face désormais et retrouver de la bienveillance et de la compétence à la Rosemontoise. On est tous sur le même bateau». Joel Goldschmidt ajoute. « La directrice générale a été suspendue. Il y a peut-être eu de sa part des loupés dans la pédagogie et la communication. Je dédouane par ailleurs la directrice d’établissement qui n’y est pour rien. Je prends ma part de responsabilité».
Le président de l’association Servir évoque aussi volontiers la situation de l’autre Ehpad sous sa responsabilité morale, celui de Couthenans, où aucun malade n’a été identifié. « Pourquoi l’un subit autant de morts et pas l’autre ? C’est pourtant la même direction et les mêmes procédures. Je ne comprends pas. Comme je ne comprends pas l’acharnement et les critiques relayées par la presse. En février dernier, nous avons eu un CSE, un comité social et économique et il n’y a pas pratiquement pas eu de remontées négatives à la Rosemontoise. Les représentants du personnel n’on pas fait une seule alerte ». Des propos qui contrastent avec les déclarations des soignants et des membres du CVS, conseil de la vie sociale, qui disent avoir contacté la direction plusieurs fois mais en vain. Ces mêmes soignants qui déplorent le silence du président, « un silence radio qui a duré jusqu’au 17 avril ».
Quant à la réserve, voire la prise de distance exprimée par le président des église Mennonites, Gustave Roth, il se dit consterné. « Je trouve cette distance soudaine abjecte. Je suis moi aussi Mennonite. Les Mennonites ont crée ce réseau de solidarités, ces établissements. De tels propos quand on est dans une crise comme ça, c’est désolant. Je suis formel, je n'ai jamais reçu un seul des courriers évoqués par Mr Roth. 
Enfin, dois-je rappeler qu'il était lui-même directeur d’une de nos institutions ( la Villa des Sapins, une MECS, Maison d'Enfants à Caractère Social) il y a 20 ans ? Quand il est parti l’établissement n’était pas dans une situation idéale. Un peu d’humilité aurait été bienvenue
».

 
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