Histoires 14-18 : Pierre Binder, le décrypteur

Pierre Binder à l'écoute / © Jean-Claude Mayet et Olivier Le Roy
Pierre Binder à l'écoute / © Jean-Claude Mayet et Olivier Le Roy

L'espionnage de l'ennemi s'est aussi fait par la voie des ondes durant la première guerre mondiale. A ce jeu, chaque armée a déployé ses meilleurs télégraphes pour décrypter les codes les plus ingénieux. Parmi les Français : Pierre Binder, un Alsacien très doué.

Par Florence Cicolella

Histoires 14-18 : Pierre Binder, le décrypteur
Source archives : - Collection privée J-C Mayet - Collection privée O. Le Roy  - France 3 - F. Cicolella
Pierre Binder débute la guerre à Phaffans (Territoire de belfort) comme sapeur d'écoute. Pendant un an avec cinq camarades, il intercepte les messages de l'ennemi. D'abord en clair, à la radio, puis très vite en morse chiffré, le UBCHI, car les Allemands ont conscience d'être écoutés. Les hommes peuvent être fixes au bureau ou parcourir la campagne avec une sorte de diligence tout équipée pour être au plus prêt de leurs victimes. 
A l'écoute sur le terrain / © Jean-Claude Mayet et Olivier Le Roy
A l'écoute sur le terrain / © Jean-Claude Mayet et Olivier Le Roy

Entre deux écoutes, cette "tribu des sans fil", comme elle se surnomme, tue le temps. Pierre Binder photographie la vie de son unité et la campagne. Il peint aussi à l'aquarelle, laissant ainsi un double témoignage.
Pierre Binder en pause peinture / © Jean-Claude Mayet et Olivier Le Roy
Pierre Binder en pause peinture / © Jean-Claude Mayet et Olivier Le Roy

Fort de ses succès, Pierre Binder terminera la guerre à Paris comme sous-lieutenant affecté à la compagnie télégraphique du GQG, chef du 5e Radio Goniométrique. Il contribue au décryptage du fameux "radiogramme de la victoire". Celui-ci annonce une attaque ennemie sur Compiègne. Intercepté à temps, la manoeuvre est contrée, la France reprend le dessus et gagne ainsi la guerre.

Après le conflit, Pierre Binder mènera une carrière de chimiste et de chef d'entreprise, en toute transparence...

Son petit-fils, Olivier Le Roy a retracé l'histoire familiale sur son blog Wesserling, mémoires familiales Stamm, Binder 

Il partage sa passion avec Jean-Claude Maillet, habitant de Phaffans, qui consacre un site à l'histoire de son village et au séjour sur place de Pierre Binder Mon village, Phaffans 

Qu'ils soient tous les deux remerciés pour leur indispensable, très riche et chaleureuse collaboration.

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