L'ex-instituteur reconverti dans l'armurerie a été condamné mercredi 12 novembre à six ans de prison et 20.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Paris pour trafic d'armes. Il lui également définitivement interdit d'exercer sa profession d'armurier et de détenir des armes pendant 5 ans.
La procureur avait requis neuf ans de prison assortis d'une peine de sûreté des deux tiers à son encontre estimant que l'ancien enseignant avait agi par "appât du gain" et non "par passion des armes" comme il l'a prétendu. Il a finalement écopé de 6 ans de prison et une interdiction définitive d’exercer son métier d'armurier et de détenir des armes.
L’armurier procédait à la "remilitarisation", c'est-à-dire la remise en état de marche, d'armes de guerre neutralisées qu'il revendait à des grossistes liés au grand banditisme et au nationalisme corse.
"Ce dossier, c'est un peu Max et les ferrailleurs", avait expliqué Me Philippe Mullot, avocat du prévenu, selon qui le stock d'armes reproché à son client ne serait qu'un vieux matériel de collectionneur amassé durant des années.
L'avocat avait alors réclamé la relaxe de son client, en affirmant que les textes visés par la prévention ne concernaient que les particuliers et pas les armuriers. Un argument rejeté par le tribunal.
En fin d'audience, Emmanuel Toschi avait expliqué à la cour d'il souhaitait "prendre un nouveau départ et tourner le dos à l'armurerie".
"J'en suis vacciné", avait-il lancé.
En septembre 2012, des policiers de l'Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) avaient découvert un véritable arsenal militaire dans un box loué par Emmanuel Toschi à Danjoutin (Territoire de Belfort).
7 ans pour Jean-Marie Secrettand
Le tribunal a également condamné Jean-Marie Secrettand, 69 ans, à 7 ans de prison et 10.000 euros d'amende pour avoir joué un rôle d'intermédiaire entre Emmanuel Toschi et le grand banditisme. Le ministère public avait requis 10 ans de prison assortis d'une peine de sûreté des deux tiers à son encontre.
A l'audience, l'homme a reconnu deux transactions de cinq à six armes de poing et de deux fusils d'assaut mais le parquet a estimé que d'autres ventes ont eu lieu.
De la prison ferme pour Christian Joanenc et Jean-Michel Cordonnier, 18 mois ferme
Un autre intermédiaire de Toschi, Christian Joanenc, 46 ans, gérant d'une supérette en Haute-Corse soupçonné d'avoir partie liée avec le nationalisme corse, a été condamné à 5 ans de prison dont un an avec sursis et 10.000 euros d'amende.
Il avait été interpellé en possession de 10 fusils d'assaut Kalachnikov, d'un pistolet mitrailleur Scorpio et d'un pistolet automatique Walther PPK qu'il venait d'acheter à Toschi.
Enfin, le tribunal a condamné à 3 ans de prison dont 18 mois avec sursis et 5.000 euros d'amende Jean-Michel Cordonnier, 47 ans, un pharmacien à Belfort et ami de Toschi qui stockait pour lui et pour son propre compte des armes chez sa belle-mère, et à 18 mois avec sursis et 3.000 euros d'amende Franck Busalb, 45 ans, chez qui les enquêteurs avaient saisi 12 armes non déclarées.