La traditionnelle quête du Souvenir Français elle-aussi rattrapée par le coronavirus

Chaque année à la Toussaint, le Souvenir Français organise une quête nationale pour financer ses actions, notamment l'entretien des tombes des soldats morts pour la France. Mais la progression de l'épidémie de ces derniers jours fait hésiter certains bénévoles.

À Montbéliard (Doubs), le 1er novembre 2018.
À Montbéliard (Doubs), le 1er novembre 2018. © Lionel VADAM / MAXPPP
Les bénévoles du Souvenir Français sont nombreux chaque année à participer à la quête annuelle de leur association à l'occasion de la Toussaint. Cette récolte de fonds participe de manière très importante au budget de l'association, dont la mission principale est l'entretien des tombes des soldats morts pour la France.

Mais cette année, la crise sanitaire du coronavirus bouleverse les habitudes. Certains délégués départementaux ne souhaitent pas que la quête se tienne. "Je crois qu'il faut être raisonnable. On ne peut pas se permettre, sous prétexte d'une quête aussi généreuse soit-elle vis-à-vis de la mémoire de nos anciens combattants d'aller mettre en péril la santé de tout le monde, nous indique Jean-Claude Bernardet, délégué général du Souvenir français pour la Saône-et-Loire. On ne fait pas la quête et puis c'est tout."

"Ceux qui veulent éventuellement donner se tourneront vers les différents comités et feront un don. Mais solliciter dans une telle période, faire prendre des risques à des quêteurs et des quêteuses qui pour la plupart sont des personnes âgées, c'est idiot, ajoute-t-il. Il y a quand même plus important et plus urgent. Ceci ne nous empêche pas de continuer bénévolement notre mission de transmettre le souvenir, la mémoire, le respect envers celles et ceux qui sont morts pour la France."
 

Un protocole précis

Serge Barcellini, le président général du Souvenir Français, a récemment adressé un courrier aux délégués départementaux et aux préfets. Il y précise le protocole sanitaire envisagé pour la quête 2020. Les groupes de quêteurs ne doivent pas compter plus de quatre membres, ils doivent être munis de masques. Les donateurs sont invités à glisser leurs pièces de monnaie dans les boîtes de quête, en restant à distance des bénévoles du Souvenir Français. Une fois la collecte achevée, les boîtes doivent être stockées pendant quatre jours avant d'être ouvertes. 

"Avec les mesures sanitaires, ce n'est pas évident de faire une quête, de s'approcher des gens. On met le masque et on se tient à distance. Ça demande des précautions", reconnaît Didier Roger, le délégué de Côte-d'Or. Il craint surtout que l'affluence ne soit pas la même que les autres années. " Le souvenir Français n'a pas de subventions de l'État. Donc il y a la quête, puis la cotisation des adhérents et les dons. Donc c'est important de faire la quête […] Je ne suis pas particulièrement défaitiste. On verra et on prendra les choses comme elles viendront. On ne peut pas faire grand chose d'autre."
 

Il y a 28 comités en Côte-d'Or. Certains m'ont dit qu'ils ne la feraient pas. 

Didier Roger, Souvenir Français en Côte-d'Or




Dans la Nièvre, une quête est d'habitude organisée à Nevers, Cosne-Cours-sur-Loire et à La Charité-sur-Loire. Cette année, "il y aura quelque chose sur Nevers, mais réduit. On va quand même faire très attention", précise Christian Debroux, le délégué dans le département. "Surtout, cela ne va pas être facile d'avoir des gens pour nous aider", redoute-t-il.

"On est dans une forme d'attentisme", explique Richard Neuillet, délégué dans l'Yonne. "La quête est une des seules sources de revenus que nous avons. C'est vrai que c'est un petit peu pénalisant si on ne la fait pas". Mais l'accélération de l'épidémie ces derniers jours pourrait remettre en cause la quête du Souvenir Français, comme bien d'autres choses.

L'exécutif, confronté à la montée brutale de la deuxième vague de Covid-19, prépare activement ce mardi 27 octobre un nouveau tour de vis des mesures de lutte contre l'épidémie, qui pourrait aller jusqu'à un reconfinement. Le président Emmanuel Macron a réuni dans la matinée un conseil de défense en présence du Premier ministre Jean Castex et d'une dizaine de ministres. Les scénarios évoqués pour le durcissement vont d'un renforcement du couvre-feu à un reconfinement total, ou bien limité aux week-ends. Une prise de parole est prévue d'ici la fin de la semaine pour annoncer les mesures retenues.
 
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