Vesoul : "C'est moi qui ai donné la mort à ma femme, mais c'était tout à fait involontaire"

Un chauffeur routier de 56 ans est jugé pour meurtre sur conjoint par la cour d'assises du Territoire de Belfort. Pendant un an, la dépouille de sa femme est restée introuvable. 
Le meurtrier présumé et son défenseur Me Uzan
Le meurtrier présumé et son défenseur Me Uzan © France 3 Franche-Comté : Denis Colle
Un meurtre pour conjoint devant la cour d'Assises à Vesoul



Deux jours de procès se sont ouverts ce jeudi 26 avril devant la cour d'Assises de Haute-Saône et du Territoire de Belfort. Dans le box des accusés, Eric Desnoue défendu par le ténor Me Patrick Uzan. 

"C'est moi qui ai donné la mort à ma femme, mais c'était tout à fait involontaire", a déclaré l'homme posé, au crâne dégarni et au visage impassible, au début de l'audience.

Le 28 août 2013, Eric Desnoue avait signalé la disparition de sa femme à la gendarmerie, jouant les maris éplorés. Mais très vite, le chauffeur routier avait utilisé l'argent de son épouse et refait sa vie avec sa maîtresse, avec laquelle il pratiquait l'échangisme.



Après plusieurs mois d'investigations, les enquêteurs de la gendarmerie ont découvert au domicile du couple, grâce au révélateur Bluestar, d'importantes traces de sang appartenant à la victime dans deux chambres, sur le palier de l'escalier, dans l'escalier et au sous-sol.

Placé en garde à vue en juin 2014, le mari avait finalement reconnu être responsable du décès de son épouse et indiqué où retrouver ses ossements. Le corps avait été retrouvé en forêt d'Urcerey (90). 


Tombée dans l'escalier ?


Le chauffeur routier a expliqué avoir donné un coup d'épaule à sa femme qui est tombée dans l'escalier menant au sous-sol, lors d'une dispute conjugale à leur domicile à Bourogne (Territoire de Belfort), dans la nuit du 27 au 28 août 2013.

Constatant sa mort, il avait mis le corps dans des sacs poubelle et l'avait déposé dans un bois, avant de rentrer nettoyer les traces de sang. 

"Ils se disputent, elle tombe, elle meurt. Ensuite, il agit dans un état de panique et se débarrasse du corps", plaide l'avocat de l'accusé, Me Patrick Uzan. L'état de décomposition du corps n'a pas permis de confirmer ou d'infirmer cette version des faits.
Me Randall Schwerdorffer et Julien Robin, avocats de la partie civile, doutent de la version de l'accusé. Le crâne de la victime est "sans stigmates", alors qu'elle serait tombée sur la tête dans l'escalier, ont-ils notamment souligné.

Eric Desnoue risque pour ce meurtre la réclusion criminelle à perpétuité. Reportage et compte rendu de la première journée d'audience dans le 19/20.

Une affaire similaire sur certains points à l'affaire Alexia Daval


Le meurtre de Bourogne rappelle l'affaire Alexia, la jeune femme de Gray dont le mari a caché la mort pendant près de trois mois en déposant son corps en fôret d'Esmoulins (70). Une mort accidentelle selon Jonathann Daval.

Me Randall Schwerdorffer est avocat des parties civiles, le frère et la soeur de la victime dans le procès qui s'est ouvert ce jeudi à Vesoul.  Pour l'avocat bisontin, les deux affaires Daval et Desnoue sont loin l'une de l'autre. "On est aux antipodes des personnalités. Dans cette affaire, la place est libre pour la maîtresse s'installe immédiatement au domicile. On est très loin de l'affaire Jonathann Daval" explique l'avocat bisontin qui est aussi le médiatique défenseur de Jonathann Daval. 
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