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Y a-t-il de la place pour les migrants en Europe ? Ce qu'en disent nos candidats aux élections européennes

© Alexis Sciard - AFP
© Alexis Sciard - AFP

37 femmes ou hommes de Bourgogne Franche-Comté se présentent aux élections européennes ce 26 mai 2019. Quels sont leurs points de vue sur la question des migrants. Voici leurs réponses.

Par la rédaction web de France 3 Bourgogne-Franche-Comté

Les réponses des candidats sont publiées dans l'ordre où elles nous sont parvenues. 


Charles-Henri Gallois (Nièvre) - 5e sur la liste UPR

Il s’agit déjà de se poser la question des causes. Je rappelle que l’UE, qui est soumise à l’OTAN via l’article 42 du TUE, a participé lourdement aux déstabilisations de la Libye et de la Syrie qui ont amené les migrants. Il faut se libérer de l’OTAN et l’UE. La politique migratoire doit être gérée nationalement, ce qui n’est plus le cas depuis le traité d’Amsterdam. Il est illusoire de proposer une autre politique migratoire que l’actuelle en prétendant le faire dans le cadre de l’UE comme le font l’extrême-gauche ou le RN. Nous disons que les migrants doivent être traités avec humanité mais que la politique migratoire devra être décidée par les Français quand nous aurons repris notre indépendance. Nous soumettrons alors la question migratoire par référendum après un grand débat national.
 

Antonio Sanchez (Doubs) - 1er sur la liste du parti communiste révolutionnaire

65 millions de déplacés, de réfugiés, des centaines de milliers de morts, des conflits armés sur tous les continents. Voilà le résultat de la politique du capital. Les affrontements inter impérialistes ont des conséquences catastrophiques pour les peuples. Les population n'ont d'autre choix que de fuir leur pays et aujourd'hui ils sont rejetés par les pays agresseurs dont la France à la pointe, encourageant les interventions armées. Il faut arrêter sans tarder les agressions, rapatrier l'armée française utilisée pour dominer les pays agressés , pour exploiter les richesses et les peuples.


Anne-Sophie Pelletier (Jura) - 4e sur la liste France Insoumise 

Il faut arrêter de faire la guerre aux migrants et permettre à tout le monde de « travailler au pays ». Personne n’est migrant par plaisir, et quitter son pays est pour chacun un déchirement. La mer Méditerranée est devenue un immense cimetière et cela n’est pas humainement supportable. Lorsque les personnes arrivent sur le continent européen, nous avons le devoir d’humanité d’accueillir les malheureux dans des bonnes conditions. Mais il faut traiter les causes de migrations. Le libre-échange, les guerres et le dérèglement climatique en sont responsables. Nous pouvons agir en stoppant la destruction des agricultures vivrières du fait des traités de libre-échange, en mettant fin aux guerres, et en agissant pour le climat.
 

Catherine Comte-Deleuze (Doubs) 42e sur la liste UDI

La création d’une Agence Européenne des Migrations permettra d’en finir avec l’impuissance et l’inefficacité. Cette administration serait fédérale mais chaque Etat pourrait fixer le nombre d’étrangers qu’il veut accueillir chaque année, sur le modèle du Canada. L’UDI propose également l'harmonisation des critères du droit d'asile au niveau européen et l’instruction des demandes d’asile dans des centres d'accueil
situés dans des pays sûrs en dehors de l’Union ce qui permettraient d’éviter que des migrants prennent le danger inconsidéré de traverser la Méditerranée dans des conditions inhumaines ! Les aides européennes au développement seront allouées en priorité aux pays ayant choisi de coopérer et d’installer des centres d’accueil.
 

Laurence Lyonnais (Doubs) - 11e sur la liste France Insoumise

Il s’agit même d’un devoir humain fondamental que d’organiser au niveau européen les conditions d’un accueil digne des migrants. En ce sens il faut arrêter de faire la guerre aux migrants, et organiser un service civil de secours et de sauvetage en mer. La place des migrants est parmi les humains et non au fond de la méditerranée ! Mais l’Europe doit aussi être à la pointe de de la lutte contre les causes de départ, les migrants ne partent pas par plaisir mais parce qu’ils y sont forcés. Une révision des accords de libre-échange est nécessaire pour éviter l’appauvrissement et la spoliation des ressources des pays de départ. Mais plus encore, il faut lutter contre le dérèglement climatique qui sera à l’origine de vagues d’émigration sans précédent dans l’histoire humaine.
 

Nathalie Desseigne (Jura) - 24e sur la liste Les Patriotes

La question ne se pose pas ainsi. Chaque pays doit être libre d'accueillir ou non des migrants, mais sans en faire subir les conséquences à ses voisins. Je considère que la France ne doit pas accueillir plus de migrants. Mais pour ce faire, il faut au préalable récupérer la maîtrise de notre politique migratoire, en retrouvant notamment des frontières nationales, donc en quittant Schengen et l'Union européenne.
 

Julien Odoul (Yonne) - 31e sur la liste Rassemblement National

C'est aux nations et aux peuples européens de décider souverainement de leur politique d'immigration. Chez nous, il revient au peuple français et à lui seul de déterminer qui entre ou non dans la maison France. Avec 6 millions de chômeurs, 9 millions de pauvres dont 370 000 en Bourgogne Franche-Comté, nous ne pouvons pas accueillir, loger, nourrir et entretenir les migrants. La priorité est de venir au secours des nôtres dans la misère.


Michel Treppo (Doubs) - 50e sur la liste Lutte Ouvrière

Tous les démagogues s’en prennent aux migrants pour détourner la colère des populations européennes des vrais responsables de la crise. Bien sûr qu’il y a de la place pour les migrants qui sont déjà ou seront des travailleurs. Nous sommes pour la liberté de circulation et d’installation sur toute la planète. Les capitaux circulent librement, mais de plus en plus de frontières et de barrières se dressent entre les hommes ! Et puis, pourquoi les migrants fuient leur pays ? A cause du pillage, des guerres, de la misère, de la faim ou des dictatures.. dont les pays impérialistes d’Europe sont amplement responsables. Il n’est que de voir les livraisons d’armes de la France à l’Arabie saoudite qui fait la guerre au Yemen. Les migrants sont nos frères, pas les marchands d’armes !


Michel Zumkeller (Belfort) - 77e sur la liste UDI 

L’Europe doit pouvoir être là pour celles et ceux qui sont vraiment victimes des guerres et de l’oppression. Par contre, nous devons mettre en place une police des frontières et des garde-côtes européens, pour empêcher les clandestins de venir chez nous. Mais au-delà de cet aspect indispensable de contrôler, nous devons accompagner l’Afrique dans son développement. Le choix est clair, soit nous voulons faire de nos voisins africains 1 milliard de migrants, soit en faire 1 milliard de clients.


Dominique Revoy (Jura) - 75e sur liste Lutte Ouvrière 

Nous sommes pour la liberté totale de circulation et d'installation des migrants. Cela ne pose aucun problème. L'Europe s'est constituée par les migrations. Elle est riche et ils s'intégreraient naturellement parmi ses 500 millions d'habitants. Le problème des migrants est une diversion, un piège fabriqué par les démagogues ; ils en font des boucs émissaires pour cacher que les vrais responsables du chômage et de misère sont les capitalistes industriels et financiers et les gouvernements à leur service. Les capitalistes, incapables de trouver une solution à la crise de leur propre système, n'ont qu'une seule politique : nous la faire payer, comme ils la font payer à la planète entière avec leurs rapines et leurs guerres pour défendre leurs intérêts. C'est à eux qu'il faudra s'attaquer.
 

Didier Klein (Doubs) - 29e sur liste UDI

L’Europe est une terre d'espoir pour nombre de populations qui soufrent à travers le monde. Elle doit pouvoir être là pour celles et ceux qui sont vraiment victimes de guerres et de l’oppression. Par contre, nous devons mettre en œuvre une vraie politique européenne pour la gestion de l'immigration avec des moyens financiers et humains. Notamment, la création d'un service européen pour les migrants, d'une police des frontières européennes et des garde-côtes européens, pour contrôler les clandestins et d'empêcher d'en faire un marché. Mais au-delà de la répression, nous devons aussi accompagner les pays en développement comme l’Afrique. Le choix est clair, soit nous voulons faire de nos voisins africains 1 milliard de migrants, soit en faire 1 milliard de clients.
 

Christophe Grudler (Belfort) - 20e sur la liste LREM-MoDEM

Jamais autant de migrants n’étaient arrivés en Europe qu’en 2015. Si le nombre d’arrivées a été divisé par 10 depuis, ce défi est toujours devant nous. Aucun pays ne peut le relever seul. Il faut bien distinguer l’asile, demandé conformément aux droits et valeurs de l’Union, pour les personnes persécutées qui fuient un pays en guerre, et la migration économique, qui n’est pas un droit. Nous voulons renforcer nos frontières extérieures (10.000 agents Frontex avec de vrais pouvoirs), créer un Office européen de l’asile pour harmoniser les critères et coordonner les agences nationales. Un pays qui veut bénéficier de la libre-circulation pour ses habitants (espace Schengen) doit prendre toute sa part à cette Politique commune d'asile. Sinon, l’Union en tirera les conséquences.
 

Clémentine Vasquez (Jura) - 42e sur la liste Génération(s)

Il y a des valeurs qui doivent transcender les partis. Alors pourquoi n'entend on plus le mot “Fraternité” ? La question migratoire est une construction politique. Mais c'est en réalité une situation insupportable pour des hommes, des femmes et des enfants du monde entier, ainsi que pour ceux qui ne veulent pas se résigner à les laisser mourir. Si le coût de l'accueil est négligeable, le prix de l'externalisation des frontières et des expulsions, lui, est astronomique. Et ne produit rien. Il y a de la place pour accueillir les migrants en Europe. Mais faut-il encore s'occuper de cette question à l'échelle européenne, au-delà du très injuste règlement de Dublin. Et prendre à bras le corps cette question demande, j'en conviens, un certain courage politique.


Aurélien Aramini (Belfort) - 49e sur la liste PCF

Oui, bien sûr il y a de la place pour les migrants en Europe. Contre l’instrumentalisation honteuse du discours anti-migrants, une nouvelle approche de la question migratoire est nécessaire. Au regard du nombre d’enfants, de femmes et d’hommes qui perdent la vie aux portes de l’Europe, il serait non seulement faux mais criminel de dire qu’il n’y a pas de place. Accueillir les migrants dignement est un devoir d’humanité, ce qui implique de développer des politiques de coopération et de mutualisation des moyens au niveau européen. Résoudre la question migratoire suppose aussi d’œuvrer, en amont, contre les politiques des pays occidentaux qui, par la guerre et le pillage des ressources, contribuent à jeter sur les routes de l’exil des populations entières.


Anna Maillard (Doubs) - 38e sur la liste Europe Ecologie - Les Verts

Oui, L’Europe a les moyens et le devoir d’accueillir dans des conditions dignes les personnes qui mettent en danger leur vie pour trouver en Europe un sort meilleur, car n’oublions pas que les pays dits “du Nord” ont une responsabilité majeure : à travers un modèle de développement productiviste et consumériste, ils sont historiquement responsables d’un accaparement des richesses et des ressources ainsi que d’une dette écologique irréversible. Il est temps de penser l’accueil et l’insertion sociale, linguistique, économique et culturelle des migrants ; tout en aidant à renforcer démocratie et résilience des pays en crise humanitaire et écologique (aide européenne au développement).


Myriam Elyassa (Doubs) - 13e sur la liste Place Publique PS

Selon le HCR, plus de 17 000 personnes sont mortes en Méditerranée entre 2014 et 2018. Les ONG ont pris le relais après l’arrêt de Mare Nostrum en novembre 2014, mais elles ont été traitées comme des délinquantes alors qu’elles sauvaient l’honneur de l’Europe. Nous devons sauver les vies en danger, être en conformité avec la Charte des droits fondamentaux et réformer le régime d’asile européen commun. La solution à la question migratoire ne peut pas être le repli derrière nos frontières. Une politique de l’accueil et une politique commune d’immigration et d’asile, fondées sur la solidarité européenne, sont nécessaires. Nous mettrons fin au règlement de Dublin qui renvoie les demandeurs d’asile vers les pays de première entrée qui se retrouvent seuls en Europe à assurer le premier accueil


Marie-Laure Dalphin (Doubs) - 36e sur la liste Les Républicains

L’Europe accueille les migrants. L’Europe protège. Pour accueillir dignement l’UE doit nous protéger efficacement des flux migratoires incontrôlés et gérer notre destin démographique. Nous sommes aujourd’hui impuissants à faire face au défi migratoire qui est devant nous. Nous pouvons être plus efficaces en augmentant les moyens de Frontex pour le contrôle de nos frontières par les visas et titres de séjour. Nous ne pouvons continuer à être spectateurs des crises humanitaires et des drames humains en Méditerranée. C’est aux états et aux peuples européens de décider qui entre en Europe. Notre politique migratoire doit être réformée. Nous voulons mettre en place une double protection européenne et nationale, refuser tout élargissement et stopper l’extension de l’espace Shengen.
 

Catherine Hervieu (Côte d'Or) - 20e sur la liste Europe Ecologie - Les Verts

L'UE doit rester fidèle à ses valeurs fondatrices: l'accueil des migrants ne doit pas être instrumentalisé à des fins de politiques nationales voire nationalistes. Elle doit être accueillante, solidaire et fraternelle. Elle peut accueillir les migrants dans des conditions dignes: ce qui ne pose pas de problème sur le fond s'il y a la volonté politique de s'en donner les moyens en appui des associations qui font un travail remarquable palliant les manquements des Etats et de l'UE. En parallèle, il faut la refonte de "Dublin IV" avec un système d'accueil solidaire et le partage des responsabilités entre tous les Etats membres. D'ores et déjà, il faut répondre à l'urgence humanitaire (visas humanitaires), fonder un droit d'asile communautaire, créer un statut de réfugié climatique.
 

Gabriel Amard (Jura) - 8e sur la liste France Insoumise

Il s’agit même d’un devoir humain fondamental que d’organiser au niveau européen les conditions d’un accueil digne des migrants. En ce sens il faut arrêter de faire la guerre aux migrants, et organiser un service civil de secours et de sauvetage en mer. La place des migrants est parmi les humains et non au fond de la méditerranée ! Mais l’Europe doit aussi être à la pointe de de la lutte contre les causes de départ, les migrants ne partent pas par plaisir mais parce qu’ils y sont forcés. Une révision des accords de libre-échange est nécessaire pour éviter l’appauvrissement et la spoliation des ressources des pays de départ. Mais plus encore, il faut lutter contre le dérèglement climatique qui sera à l’origine de vagues d’émigration sans précédent dans l’histoire humaine.


Jacqueline Ferrari (Jura) - 55e sur le liste LREM-MoDEM

La question est plutôt : le nombre des migrants arrivés en Europe a baissé par rapport à 2015 au plus fort de la crise migratoire de 1 million à 115 000 soit 0.02 pour cent de la population européenne. Il faut mieux entourer l’objectif de schengen pour garantir la libre circulation des personnes sous le contrôle des états membres. Les contrôles sont toujours d’actualité en cas d’afflux massif de personnes quand cela représente une menace. « La frontière, c’est la liberté en sécurité » Il faut une police des frontières communes et un office européen de l’asile nous dit Renaissance soit une Europe qui protège.


Marc Montovani (Haute-Saône) - 49e sur la liste Debout la France 

L’Europe a dépassé ses capacités d’assimilation. La crise migratoire ouverte par Angela Merkel a complètement déstabilisé nos sociétés alors que nous accueillons déjà un nombre considérable d’immigrés en France et en Europe. Il faut rétablir nos frontières nationales face à la submersion migratoire, au terrorisme et à la criminalité galopante venue de l’Est (cambriolages, drogues, etc) tout en formant une vraie coopération des marines européennes contre les passeurs en Méditerranée. Contrairement à ce qu’ont voté 95% des députés socialistes et Les Républicains, il est hors de question d’imposer à des Etats une répartition obligatoire des migrants ! Il faut rendre aux nations le contrôle de leur politique d’immigration pour que la France puisse décider qui peut rentrer ou non chez nous.
 

Catherine Maudet (Yonne) - 18e sur la liste UDI

L'Europe ne peut pas imposer à un Etat d’accueillir des migrants.Par contre, nous proposons la création d’une Agence européenne des migrations qui aurait notamment pour mission de gérer l’ensemble des demandes de visas par l’Europe. L’administration serait fédérale mais chaque Etat pourrait fixer le nombre d’étrangers qu’il veut accueillir chaque année, sur le modèle du Canada, sauf les demandeurs d'asile qui doivent être respectés et accueillis si ils respectent les critères. L'objectif : ne pas laisser les demandeurs utiliser les failles des administrations nationales. L’absence de gestion commune n’est pas efficace : 25% étrangers ayant déposé une demande d'asile en France étaient en fait déjà connus dans un autre État membre de l'Union européenne !


Yannick Chartier (Nièvre) - 51e sur la liste UDI

L'Europe ne peut pas imposer à un Etat d’accueillir des migrants sinon elle sera rejetée par les peuples et elle disparaîtra. Nous proposons la création d’une Agence européenne des migrations qui aurait notamment pour mission de gérer l’ensemble des demandes de visas par l’Europe. L’administration serait fédérale mais chaque Etat pourrait fixer le nombre d’étrangers qu’il veut accueillir chaque année, sur le modèle du Canada, sauf les demandeurs d'asile qui doivent être respectés et accueillis si ils respectent les critères. L'objectif : ne pas laisser les demandeurs utiliser les failles des administrations nationales. L’absence de gestion commune n’est pas efficace : 25% des étrangers ayant déposé une demande d'asile en France étaient déjà connus dans un autre État de l'UE !

Vous ne trouvez pas la réponse d'un candidat ? C'est qu'il ne nous a pas encore répondu.


Les 5 thèmes sur lesquels France 3 questionne les candidats

  • La PAC tue-t-elle l’agriculture ?
  • L’Europe peut-elle sauver la planète ?
  • L'Euro est-il utile ?
  • Y a-t-il de la place pour les migrants en Europe ?
  • Le Brexit est-il une catastrophe pour l'Union européenne ?

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