Coronavirus : le télétravail, comment ça marche ? Un avocat vous donne le mode d'emploi

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Face à l'épidémie de coronavirus, de plus en plus d'entreprises incitent leurs salariés à travailler chez eux. Cela permet entre autres de préserver la santé du personnel et d'éviter le chômage partiel ou les arrêts maladie pour garde d'enfants. Comment ça marche ? Reportage à Auxerre, dans l'Yonne.

Par Christophe Tarrisse

Emmanuel Macron a demandé aux entreprises de "faire travailler leurs salariés à distance", "quand c’est possible. L'État prendra en charge l'indemnisation des salariés contraints de rester chez eux" a-t-il expliqué.

Le télétravail est possible pour "à peu près un emploi sur trois", selon le gouvernement. 

Facilité par les ordonnances Macron de l'automne 2017, le télétravail se fait pour 72% des entreprises sur simple accord avec le salarié (oral, courrier ou par mail), indique l'étude conduite auprès de 1.610 salariés d'entreprises du privé de plus de 10 salariés.
    
Il ne peut être imposé au salarié, sauf en cas de "circonstances exceptionnelles, notamment de menace d'épidémie, ou en cas de force majeure", pour permettre la continuité de l'activité de l'entreprise et garantir la protection des salariés, selon le code du travail.

Face à la progression du coronavirus en France a décidé le gouvernement à fermer les établissements scolaires à partir du lundi 16 mars et jusqu’à nouvel ordre.
La fermeture des écoles est un véritable casse-tête pour les parents. Certains vont devoir s’absenter du travail pour garder leurs enfants. De leur côté, les entreprises doivent se réorganiser pour maintenir leur activité. Celles qui le peuvent optent pour le télétravail, qui permet de préserver la santé des salariés, tout en évitant le chômage partiel et les arrêts maladie.
 

 

Télétravail : vous pouvez le demander, on ne peut pas vous l'imposer sauf en cas de circonstances exceptionnelles


Il suffit d'en faire la demande à son employeur, même s'il n'est pas prévu dans l'accord collectif de votre entreprise. L'employé et l'employeur se mettent alors d'accord par écrit. L'accord collectif ou la charte élaborée par l'employeur précise les éléments suivants, les postes éligibles au télétravail, les conditions de passage en télétravail et de retour à une exécution du contrat de travail sans télétravail, le mode d'acceptation par le salarié des conditions de mise en œuvre du télétravail et de contrôle du temps de travail ou de régulation de la charge de travail et la détermination des plages horaires durant lesquelles l'employeur peut habituellement contacter le salarié en télétravail.

En temps normal, l'employeur peut refuser une demande de téléravail. Par ailleurs, il ne peut l'imposer sauf en cas de circonstances "notamment de menace d'épidémie, ou en cas de force majeure, la mise en œuvre du télétravail peut être considérée comme un aménagement du poste de travail rendu nécessaire pour permettre la continuité de l'activité de l'entreprise et garantir la protection des salariés." 

Après une forte progression entre 2017 (25% de télétravail) et 2018 (29%), le recours au télétravail se stabilise en France à 30% des salariés en 2019. Ce qui conduit Anne-Sophie Godon, directrice de l'innovation, à estimer que "le télétravail est presque à maturité", avec une marge de progression réduite. "Grignoter les 60% d'emplois jugés peu propices au télétravail va prendre du temps", estime-t-elle.

 
Le télétravail, comment ça marche ? Les explications de Fabien Kovak, avocat spécialisé en droit du travail
 

Télétravail : quelques pièges à éviter


Le télétravail pose toutefois des difficultés en termes de management des équipes pour 47% des dirigeants interrogés selon une enquête CSA pour Malakoff Humanis, et de sécurité des données pour 44% d'entre eux. Côté bénéfices, les managers y voient "un meilleur équilibre de vie pour les salariés" (93%) mais aussi un gain d'image (73%) et une baisse de l'absentéisme (51%).
    
Pour leur part, les télétravailleurs plébiscitent l'équilibre vie personnelle/vie professionnelle (89%) et la diminution de fatigue (86%), notamment grâce à la suppression du temps de trajet. Mais paradoxalement, ils sont 58% à déplorer un empiètement de la vie professionnelle sur la vie privée, voire un risque d'addiction au travail (51%).
 
Quatre salariés télétravailleurs sur dix ont en outre peu ou pas de contact avec leur équipe lors des jours de télétravail, ce qui peut créer un sentiment d'isolement, particulièrement si le nombre de jours télétravaillés est important.

Sur les réseaux, on trouve ainsi de nombreux conseils pour les télétravailleurs.








 

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