Grippe, gastro, comment le Covid-19 a éclipsé les épidémies habituelles de l'hiver

Les gestes barrières adoptés par les Français depuis bientôt un an ont permis de freiner la circulation des virus saisonniers. En Bourgogne-Franche-Comté, les chiffres de la grippe ont drastiquement chuté.

© Claude Heudes / France Télévisions

La grippe n'a jamais aussi peu circulé. À Auxerre, on fait la même observation pour les gastro-entérites et les autres virus. "On n'a pas eu de rhume pour les petits. Ni de gastro, ni de bronchite. Moi non plus, ni dans ma famille", confie une passante rencontrée dans le centre-ville. "Je pense que c'est le port du masque qui fait qu'il y a eu moins de grippe forcément", ajoute une autre.

Le port du masque, mais aussi le respect des gestes barrières et la fermeture des lieux où le brassage est important ont freiné la circulation des maladies. Pour les pharmaciens, c'est un hiver hors norme. "Normalement mi-février, le pic épidémique a soit déjà bien commencé, soit il est passé. Là, je n'ai pas vu l'ombre d'un frémissement de quelque chose, confie Sébastien Morisset, qui tient une officine place Charles Surugue. Après, la campagne vaccinale a été très efficace cette année, très suivie […] La vaccination, les gestes barrières et le masque, ça explique peut-être la baisse de ces maladies épidémiologiques qu'on a tous les ans depuis ces vingt dernières années."

Très peu de passages aux urgences

Chaque année, en moyenne, près de 10 000 Français décèdent de la grippe. Depuis le début de la pandémie de coronavirus, c'est beaucoup moins. En Bourgogne-Franche Comté, les passages aux urgences pour syndrome grippal ont quasiment disparu cette année.

Aucun cas grave n'est à signaler à ce jour, ni en réanimation, ni chez les plus jeunes en pédiatrie. "La chaîne de transmission est cassée. Les adultes font particulièrement attention. Certains parents qui hésitaient à mettre leur enfant à l'école ne les ont pas mis. Donc il y a une diminution globale des liens, et des connexions entre les enfants", explique le pédiatre Bertrand Soto.

Prudence toutefois, les épidémies de grippe peuvent survenir plus tardivement et atteindre leur pic au mois de mars. Alors là, seulement on pourra parler d'un hiver sans grippe.

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La grippe est la grande absente de l'hiver

 

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