Yonne : dans une cantine d'Auxerre, les enfants qui ne mangent pas de porc ont porté une pastille rouge

L’école des Pieds Dalloues, à Auxerre, avait mis au point le système suivant à la cantine : les enfants qui ne mangent pas de porc portaient une pastille rouge et les enfants qui ne mangent pas de viande du tout portaient une pastille jaune.

A la cantine de l'école des Pieds Dalloues, à Auxerre, les enfants qui ne mangent pas de porc portent une pastille rouge et les enfants qui ne mangent pas de viande du tout portent une pastille jaune.
A la cantine de l'école des Pieds Dalloues, à Auxerre, les enfants qui ne mangent pas de porc portent une pastille rouge et les enfants qui ne mangent pas de viande du tout portent une pastille jaune. © Creusot Infos
L’information est parue sur le site internet Creusot Infos. C’est Malika Ounès, conseillère municipale d’opposition à Auxerre (la ville dirigée par le socialiste Guy Ferez) qui a porté l’affaire sur le devant de la scène.

"C’est une mère de famille qui m’a interpellée et fait part de son indignation. Des pratiques comme celle-ci ne sont pas acceptables. On n’a pas le droit d’imposer cela, en catimini, à des enfants", déclare l’élue à Creusot Infos. "C’est révoltant. Cela renvoie à des heures sombres."

durée de la vidéo: 01 min 58
Yonne : dans une cantine d’Auxerre, les enfants qui ne mangent pas de porc ont porté une pastille rouge
Reportage : Michel Gillot et Jean-François Guilmard / Montage : Chantal Gavignet / Intervenants :

Une "initiative maladroite"

"Cette polémique ne repose sur rien", estime un membre du personnel éducatif de l'école des Piedalloues. "Les surveillantes, qui étaient nouvelles, ont utilisé lundi ce système de colliers pour ne pas risquer de donner du porc aux enfants qui n'en mangent pas. Ce n'était absolument pas dans un but discriminatoire."

De son côté, la municipalité évoque une "initiative isolée et maladroite". "Sur les 1 500 enfants qui mangent dans nos restaurants scolaires, ces colliers n'ont concerné que 18 enfants et l'opération n'a eu lieu que pour un repas", dit Christian Sautier, directeur de la communication de la ville, contactée par francetv info. Une enquête administrative a été diligentée sur la question, précise-t-il.


Les explications de la mairie d'Auxerre
Voici le communiqué de la mairie transmis vendredi 25 septembre 2015 à 16h42

"Suite aux accusations portées ce jeudi soir, en fin de réunion de conseil municipal, par Malika  Ounès, Guy Férez a demandé, dès ce matin 8h 30, au directeur général des services de la Ville de diligenter une enquête administrative afin de connaître avec précision la nature des faits et leur ampleur.
Cette enquête, menée au sein des 11 restaurants scolaires que compte la ville a permis de conclure qu'il s'agissait d'une initiative isolée, maladroite, autorégulée.

- Isolée car cette situation n'a été rencontrée que dans un seul restaurant scolaire, pour 18 enfants, scolarisés en maternelle et en CP. Ces enfants ne sachant pas lire, l'équipe de la cantine a choisi de travailler avec ces enfants à l'élaboration d'un code couleur car, pour respecter le choix des parents il est essentiel que les enfants sachent qu'ils doivent d'eux mêmes respecter la volonté de leurs parents.
Il est important de souligner que dans nos restaurants scolaires les enfants, par souci d'acquisition de l'autonomie et pour l'apprentissage de la vie en groupe, se placent comme ils le veulent. Pas question en effet pour la ville d'imposer des tables réservées aux enfants ne mangeant pas de porc ou pas de viande.

- maladroite : on comprend que, sans explication complémentaire, cela ait pu être mal interprété. Maladroite car cela va à l'encontre de tous nos principes et des actions que nous portons depuis 12 ans pour le respect des différences et la promotion de l'égalité des chances.

- autorégulée : après des retours négatifs, l'équipe a décidé d'elle-même d'arrêter cette organisation dès le mardi soir. Un seul repas a été servi alors que les enfants portaient ces badges. Lorsque Malika Ounès a porté ce fait à la connaissance des conseillers et des journalistes le problème était réglé.
L'enquête a également permis de vérifier que la situation était liée à une nouvelle équipe qui n'avait pas encore connaissance des enfants qui bénéficient des repas spécifiques.

Ce début de polémique permet à Guy Férez de rappeler les grands principes de respect des différences et de défense de la laïcité qui imposent de respecter la liberté de conscience mais de ne promouvoir aucune religion.
Les actions menées sur le terrain, avec la population en attestent.
Alors que certains, sont tentés en cette période électorale qui s'ouvre d'instrumentaliser nos différences, Guy Férez renouvelle son soutien aux enseignants et aux équipes municipales qui oeuvrent au quotidien pour que les grands principes fondateurs de notre République et du bien vivre ensemble soient toujours respectés".
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
éducation société