Avallon : dans les coulisses de "La Maison des Brocanteurs" de Julien Cohen

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Le célèbre antiquaire Julien Cohen ouvre sa troisième "Maison des Brocanteurs" à Avallon le 7 mai, dans les locaux des anciens abattoirs de la ville : un espace de plus de 1000 mètres carrés pour accueillir à terme 18 exposants.

C'est un antiquaire des plus médiatiques qui va inaugurer sa 3ème Maison des Brocanteurs : le célèbre Julien Cohen de l'émission "Affaire Conclue" et ses incontournables lunettes bleues ! 

Le site des anciens abattoirs réhabilité

A la sortie de la ville, rue de Lyon, Julien Cohen a eu le coup de cœur pour le site des anciens abattoirs d'Avallon : un endroit proposant suffisamment de place pour accueillir une vingtaine de brocanteurs, et de quoi créer un espace convivial type "buvette" à l'extérieur.
A l'intérieur plus de 1000 mètres carrés que 12 brocanteurs sont en train d'investir, chacun disposant d'un espace d'exposition entre 16 et 30 mètres carrés. Certains de ces professionnels ont déjà une boutique, pas forcément dans la région, mais pour d'autres, c'est leur première installation, car ils ne vendaient que sur internet avant de rejoindre l'aventure des "Maisons de la Brocante"

"A terme, nous allons passer à 18 brocanteurs dans cet espace. Cela fait écho à la maison des Brocanteurs que j'ai créé à Péronne (Somme)" affirme Julien Cohen.

Un concept pour dénicher la bonne affaire

Les Maisons des Brocanteurs que Julien Cohen souhaite créer à travers la France, c'est un réseau de lieux de découverte "pour venir flâner et chercher la bonne affaire"

"On ouvre Châteaudun (Eure-et-Loir) bientôt et on va créer une deuxième maison à Péronne" nous confirme Julien Cohen. Le brocanteur télévisuel va investir l'Hôtel-Dieu à Châteaudun, mais il souhaite créer un réseau d'une vingtaine de Maisons de Brocanteurs en France, en emmenant dans son projet près de 700 professionnels. 

Alors d'où provient cet intérêt pour les brocantes et pour les objets ? Pour Julien Cohen, il y a une génération, celle de nos parents, les personnes entre 70 et 85 ans, "qui achetaient beaucoup", la génération d'après "un peu moins" et les petits-enfants maintenant "savent ce qu'ils veulent, et eux, ils achètent !"

 Le regain pour les objets est aussi lié au fait qu'on peut tomber sur une bonne affaire, par hasard, dans une brocante : "Tous les week-ends en France, on trouve des trésors dans les brocantes !"

Les Maisons des Brocanteurs sont ouvertes du vendredi au dimanche, de 10h à 18h.

La brocante, une affaire qui marche !

Selon Julien Cohen, la France est "le grenier du monde" en matière d'objets de brocante. "Sur mes boutiques à Saint-Ouen, 50 à 60 % du chiffre d'affaires se fait avec des acheteurs étrangers."

Malgré tout, la crise sanitaire est passée par là, de nombreux brocanteurs ont renoncé à leur activité, à travers 15 ans de décroissance. Julien Cohen veut remettre ce métier dans la lumière : "Avec les maisons des Brocanteurs, il faut redonner du sens à ce métier. C'est dans une atmosphère festive que les visiteurs peuvent évoluer. Les brocanteurs peuvent aussi s'acheter des choses entre eux ! Moi, je veux donner une expérience multisensorielle. On va installer des diffuseurs de parfum, et de la musique."

La cour de la Maison des Brocanteurs est en effet décorée d'oliviers centenaires, l'entrée est fleurie, tout est fait pour qu'on s'y sente bien.

Deux brocanteurs de Saint-Ouen exposants à Avallon

Leila et Olivier sont brocanteurs au Marché Vernaison de Saint-Ouen. Ils ont adhéré au concept de la Maison des Brocanteurs sans hésiter. Pour eux, rien ne vaut le contact et les rencontres avec les acheteurs.

Le coup de cœur pour un objet est une chose, mais vient ensuite l'étape de la négociation de son prix. Pour Leila, "ça fait partie du métier, ils adorent négocier. On se donne toujours une fourchette de l'ordre de 20%, ils négocient toujours, ça fait partie du jeu !"

Olivier ajoute que certains clients étrangers "comme les clients chinois, ils viennent avec des guides touristiques édités à leur intention, où il leur est conseillé de négocier à 50 %. Alors ils se font souvent, mais gentiment, envoyer promener ! Maintenant ils commencent à connaître les prix !"

Pour Olivier, la négociation est inhérente à leur métier, mais il y a des leviers sur lesquels les brocanteurs peuvent jouer : "Ca fait partie du métier, on se donne une marge de négociation sur l'affichage du prix, et puis il y a d'autres choses qui peuvent rentrer en ligne de compte. Il y a la prestation de livraison aussi qu'on peut proposer. On ne calcule pas des prix au hasard, certains objets ont des cotes. Mon épouse et moi-même, on propose souvent entre 10 et 20 % en dessous de la cote. Il y a aussi les références internet, ça joue beaucoup. Quand on vend sur internet, ça négocie aussi."

Au 21 ème siècle, de nombreux sites marchands proposent de chiner en ligne : Selency, Design Market, Pamono. Ces sites peuvent être un outil pour sourcer les objets que mettent en vente les brocanteurs, mais Olivier est de la génération où il faut se rencontrer pour faire affaire : "La vente sur internet, ça fait du mal, car le cœur de notre métier, c'est le contact avec les gens. Mais on est aussi obligés d'être présents sur internet. Pour les vendeurs de 25-30 ans, ils ne vendent que sur internet. On a besoin du contact humain, on a aussi une passion pour les objets et le fait de pouvoir en parler au client, c'est important ! Le côté internet, c'est très très froid."

D'autres projets dans l'Yonne

Julien Cohen a aussi racheté l'Hostellerie de la Poste à Avallon il y a quelques mois. Le bâtiment était à l'abandon. Le brocanteur veut réhabiliter l'établissement et proposer une expérience gastronomique unique avec le restaurant, autour de menus Présidentiels.