REPLAY. Départementales dans l'Yonne : ce qu'il faut retenir du débat entre les principaux candidats

Ce lundi 7 juin, à quelques jours du 1er tour des élections départementales 2021 dans l'Yonne, quatre candidats ont débattu sur France 3 Bourgogne.. Plusieurs thèmes ont été abordés notamment la relance de l’investissement, le RSA jeune ainsi que les divisions au sein de la majorité sortante. 

© France Télévisions

À 13 jours du premier tour des élections départementales dans l'Yonne, quatre candidats en lice dans le département débattent sur France 3 Bourgogne. La majorité sortante menée par Patrick Gendraud, candidat à sa propre succession au poste de présient, estime que son bilan est bon, avec une baisse de la dette, et même un budget en excédentde 50 millions d'euros. Elle souhaitepoursuivre le travail engagé, dans la continuité, avec plusieurs priorités, notamment le numérique et la fibre dans tout le département dès 2023 ou encore la lutte contre la désertification médicale. Mais tout cela avec une droite divisée.

En effet, Mafhoud Aomar (DVD) et Xavier Courtois (DVD), tous deux conseillers sortants, ont décidé de se représenter avec une liste sous les couleurs "d'une autre voix pour l'Yonne". Xavier Courtois a pris ses distances avec la majorité départementale et avec Les Républicains qu'il juge "en proie à une droitisation." Mahfoud Aomar se verrait bien prendre la tête du conseil départemental. 

A droite de la droite, le Rassemblement national souhaite réitéré ses bons scores du 1er tour de 2015. Le Front National s'était qualifié dans 19 cantons sur 21. Le parti de Marine Le Pen espère obtenir plus de sièges. En 2015, le parti d'extrême-droite n'avait remporté qu'un seul canton, celui de Villeneuve-sur-Yonne. 

De l'autre côté de l'échiquier politique, la gauche et les écologistes seront unis pour ces élections départementales. Europe Ecologie les Verts, le Parti socialiste, la France insoumise, le Parti Communiste et la Gauche républicaine et socialiste ont réussi à trouver un accord pour présenter une liste d'union, "l'Yonne en commun". C'est une première dans le département. La question est de savoir si cette liste d'union sera suffisante à faire basculer l'assemblée à gauche ? 

Les invités du débat animé par Gabriel Talon : 

 

Le retour à l'investissement ? 

Premier thème abordé durant ce débat, faut-il un retour à l'investissement ? Le conseil départemental a voté en mars dernier un budget de 455 millions d'euros dont 92 millions d'euros d'investissement. Un véritable changement si l'on s'en réfère au début de mandat. Les premières années ont été marquées par un investissement faible et une certaine rigueur. L’Yonne est le département français qui consacre la part la moins importante à l’investissement.

Une rigueur assumée par Isabelle Froment-Meurice, conseillère sortante Les Républicains. "Effectivement, les finances de la collectivité se portaient mal avec un endettement trop important et une marge de manoeuvre trop faibles. Cela ne permettait pas d’engager des investissements importants comme le développement de la fibre. Nous étions assez contraints par cette étau financier qui enserrait la collectivité." Elle a cependant tenu à défendre le bilan et les efforts réalisés par sa majorité ainsi que les investissements opérés ces deux dernières années.

Frédérique Colas, candidate de l'union de la gauche, pointe de son côté "un manque de vision et d'ambition". Elle attaque le bilan de la majorité sortante en parlant de "sous-investissemment" et pointe des "ratés sur les grands investissements. Cette rigueur budgétaire, elle l’aurait pu la travailler autrement. Le département a peiné sur de nombreux dossiers comme la fibre. Il y aurait pu avoir des méthodes différentes." 

Jean-Christophe Letierce, candidat du rassemblement national, préfère parler de département désoeuvré. "Il y a eu beaucoup d’actes politiques mais peu de résultats. Cette ruralité, puisque nous sommes dans un département rural, elle est en train de mourir."

Si Xavier Courtois, candidat divers droite, se dit d'accord sur la situation critique en 2015, il dénonce une "majorité paresseuse" et critique le choix d'avoir augmenter la fiscalité en 2015 et 2016. "Je n’ai pas choisi d’augmenter cette fiscalité. Il y avait sûrement un certain nombre d’économies à faire ailleurs." 

La lutte contre les déserts médicaux 

Le département de l'Yonne est l'un des plus touchés par la désertification médicale avec seulement 116 médecins généralistes pour 100 000 habitants contre 248 en moyenne sur le plan national. Pour tenter d'attirer les médecins, plusieurs solutions existent. Pour la candidate de la gauche unie, Frédérique Colas, "il faut intensifier le salariat des médecins et les bourses aux étudiants." Un point sur lequel s'accorde Xavier Courtois. Selon le candidat divers droite, "il y a un certain nombre de professionnels de santé qui préfèrent le salariat." Il déplore cependant que la majorité sortante ne soit pas emparé de ces sujets bien plus tôt. 

Isabelle Froment-Meurice rappelle que le conseil départemental y consacre un budget très important. Elle dénonce cependant "la course à l'échalotte" entre les différents départments pour offrir des bourses plus importantes. "On s’aperçoit que’on se fait piquer les étudiants en médecine par d’autres départements ou régions qui ont des moyens plus importants."

Pour Jean-Christophe Letierce, si on veut attirer des médecins et leur famille, "il faut aussi de la mobilité, du réseau et des infrastructures."

Quel équilibre entre le nord et le sud du département ?

En 2021, l’INSEE comptabilise 333.0006 habitants dans l’Yonne. Depuis 2018, le département a perdu près de 4500 habitants. Dans l’Avallonnais, le Tonnerrois, la Puisaye, 80% des communes ont perdu des habitants sur la période 2012 - 2017 alors que sur la même période, on note une hausse des habitants dans le nord du département du fait de la proximité avec la région parisienne. 

Pour Xavier Courtois, candidat DVD sur le canton d'Avallon,  il faut tenter de "revitaliser le sud du département. Cela doit passer selon lui par l'union des forces vives et de l’ensemble des communes. Le département doit être le chef de file."

Frédérique Colas, candidate sur le canton de Joigny, pointe du doigt l'attrait de la camapagne durant cette crise sanitaire. Il faut selon elle, "fidéliser de nouvelles populations en misant sur l'attractivité de notre territoire. A partir du moment où on aura de la mobilité, régler le problème du désert médical, des équipements rénovés, on pourra faire venir et fidéliser les nouveau habitants."

Isablle Froment-Meurice et sa majortié veulent mettre l'accent sur l'entretien des bâtiments et des routes. "Il ya beaucoup d'investissements à faire sur nos propres bâtiments." Elle a évoqué également les projets en cour comme le contournement sud d'Auxerre ou encore la rénovation du pôle parental de l'enfance. 

Le candidat du RN "n'entend que des promesses". Il dénonce la mauvaise gestion de certains dossiers par la précedente majortié comme celle du pont de Pont-sur-Yonne trop bas pour les usagers du fleuve. "On se rend compte qu’aucun des professionnels qui utilisent l’Yonne n’a été consulté."

Un RSA à destination des jeunes 

Plusieurs présidents de département socialistes ont réclamé le droit d'expérimenter des solutions nouvelles au niveau départemental, parmi lesquelles l'ouverture du RSA (revenu de solidarité active) aux jeunes 18-25 ans. Frédérique Colas, candidate de ka gauche unie, abonde dans leur sens. "On a un certain nombre de jeunes qui n’ont plus de relais familial et des difficultés d'insertion. Il y a un dispositif qui fonctionne très bien qui est la garantie jeune. En démultipliant ce dispositif, on va travailler main dans la main avec les missions locales."

"Une fausse bonne idée" selon Jean-Christophe Letierce. "Une trappe au chômage", selon Isabelle Froment-Meurice. "Juste donner une indemnité à un jeune sans emploi, sans formation, cela s’appelle un revenu d’assistance" rétorque la conseillère sortante. 

Selon Xavier Courtois, ce dispositif ne correspondrait pas au profil des jeunes du département. "Ce dispositif, l’expérimenter pour l’instant, ne se fait pas ressentir."

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