Mort de Nora Quoirin en Malaisie : "le mystère s'épaissit", la piste criminelle ne fait aucun doute pour la famille

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Écrit par Yoann Etienne

Lundi 7 décembre, les audiences dans l'enquête sur la disparition de Nora Quoirin en Malaisie ont repris. Il s’agit de déterminer les circonstances exactes de la mort de l'adolescente. Pour ses grands-parents qui vivent à Venizy dans l’Yonne, la piste criminelle ne fait aucun doute.

Il y a un peu plus d'un an, Nora Quoirin, une jeune adolescente franco-irlandaise de 15 ans, disparaît mystérieusement dans la nuit du 3 au 4 août lors de vacances en famille en Malaisie. Son corps dénudé est retrouvé mardi 13 août dans un petit ruisseau au fond d'un ravin dans la jungle, à environ 2,5 kilomètres du lieu de sa disparition.

La police malaisienne avait conclu à une mort des suites d’une hémorragie interne, écartant tout acte criminel dans la mort de cette adolescente de 15 ans atteinte d’un léger handicap mental et avait classé l’affaire.

Mais la famille croit à une piste criminelle et avait réclamé aux autorités malaisiennes l’ouverture d’une enquête pour établir les causes de la mort de leur fille.

L’autopsie avait conclu qu’elle était probablement morte des suites d’une hémorragie interne induite par la faim, et par le stress, après avoir passé plus d’une semaine dans la forêt tropicale.
 

Les audiences ont repris en Malaisie 

Une nouvelle enquête pour connaître les circonstances de sa mort a donc été ouverte en août dernier. Aujourd'hui, les audiences ont repris en Malaisie en vidéoconférence à cause de la pandémie de coronavirus. 

Mais pour ses grands-Parents, il est toujours impossible de faire leur deuil. Depuis l'Yonne, Anne et Sylvain suivent attentivement les débats grâce leur fils, Sébastien, le père de Nora. 
 

Les circonstances de cette mort restent toujours mystérieuses."

Anne Quoirin, grand-mère de Nora Quoirin



"J'ai eu Sébastien au téléphone. Ce matin, c'était le médecin légiste malaisien qui était interrogé mais il n'a pas donné de nouveaux éléments", regrette Anne Quoirin. "Les circonstances de cette mort restent toujours mystérieuses." 

La famille privilégie la piste criminelle


Aujourd'hui, les grands-parents de Nora comme toute sa famille réfutent l'hypothèse des conclusions de l'enquête malaisienne et croient toujours à la piste criminelle.

"Le mystère s'épaissit. La probabilité d'une chute est quasiment nulle. Cela ferme une porte mais cela en ouvre d'autres, et on ne sait pas ce qu'il y a derrière. Donc tout est possible", estime Sylvain Quoirin, le grand-père de Nora. 

Ce qu'il souhaite, suite aux conclusions, c'est que "le dossier ne soit jamais fermé et soit toujours ouvert"

Une seconde autopsie déterminante


Selon le quotidien irlandais, the Independent, le médecin légiste britannique Nathaniel Cary, en charge d'effectuer une deuxième autopsie dans le cadre de l'enquête, a déclaré qu'il ne pouvait pas exclure la possibilité d'une agression sexuelle en raison de la grave décomposition corporelle. 

Mais il déclare également qu'il était d'accord avec les conclusions de la Malaisie selon lesquelles l’adolescente était décédée des suites d’une hémorragie intestinale due à la famine et au stress.
 

Je ne pourrai pas exclure un traumatisme minimal des organes génitaux en raison de la décomposition qui obscurcit les choses."

Nathaniel Cary, médecin légiste britannique



Lors d'une enquête virtuelle malaisienne sur la mort de Nora, le médecin légiste a déclaré qu'il ne pouvait pas totalement exclure que l'adolescente ait été agressé esexuellement, comme cela peut parfois ne pas le montrer. Le mauvais état du corps rendait difficile de déterminer s'il y avait des traces de sperme ou de l'ADN d’étrangers.

"Je pense que nous pouvons exclure un traumatisme très grave aux organes génitaux mais je ne pourrai pas exclure un traumatisme minimal en raison de la décomposition qui obscurcit les choses" a déclaré Nathaniel Cary. "La difficulté ici est à cause de la décomposition, les preuves médico-légales seraient désavantagées dans une certaine mesure."

Les conclusions de l'enquête sont attendues pour la mi-décembre. La justice française de son côté a ouvert une enquête pour enlèvement et séquestration
 
Mort de Nora Quoirin en Malaisie : la piste criminelle ne fait aucun doute pour la famille
 

Reportage de Baziz Djaouti et Claude Heudes

  • Anne Quoirin, grand-mère de Nora
  • Sylvain Quoirin, grand-père de Nora

 

Rappel des faits
Nora Quoirin avait disparu dans la nuit du 3 au 4 août, juste après être arrivée avec sa famille vivant à Londres pour des vacances dans le complexe hôtelier Dusun Resort.

Celui-ci est situé à 70 km environ au sud de la capitale, en lisière de la jungle, près de Seremban, la capitale de l'Etat de Negeri Sembilan. Une fenêtre avait été retrouvée ouverte dans le pavillon où résidait la famille.

Le corps dénudé de Nora Quoirin avait été retrouvé mardi 13 août dans un petit ruisseau au fond d'un ravin dans la jungle, à environ 2,5 kilomètres du lieu de sa disparition, après dix jours d'intenses recherches ayant mobilisé des centaines de personnes, des hélicoptères et des chiens.

En s'appuyant sur les résultats de l'autopsie, la police malaisienne a estimé que l'adolescente de 15 ans, qui souffrait d'un léger handicap mental, était probablement morte après avoir passé une semaine dans la jungle, et a précisé que son corps
ne présentait aucune trace d'agression ou d'enlèvement.

Elle est morte d'une "hémorragie aux intestins due au fait de ne pas avoir mangé" ainsi que d'un "stress extrême", avait déclaré aux journalistes Mohamad Mat Yusop, chef de la police de l'Etat. 

"Pour l'instant, il n'y a aucun soupçon d'acte criminel", avait-t-il ajouté. "Son corps présente des égratignures", a-t-il dit, mais rien n'indique qu'elle ait été agressée sexuellement ou enlevée.