Présidentielle 2017 : la droite peut-elle se relever de sa défaite ?

François Fillon après le premier tour de l'élection présidentielle le 23 avril 2017 / © CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
François Fillon après le premier tour de l'élection présidentielle le 23 avril 2017 / © CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Quel avenir l’attend le parti Les Républicains éliminé de la course à l’Elysée dès le premier tour de scrutin ? Pour beaucoup, la scission est inévitable entre les modérés et ceux qui incarnent une ligne dure. Illustration à travers les choix faits par deux élus de l’Yonne.

Par B.L.

Après l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République, les grandes manœuvres battent leur plein en vue des législatives.
Comment les choses vont-elles se passer entre un courant modéré, désireux de coopérer avec le nouveau chef de l’Etat pour l’aider à faire passer ses réformes, et une aile dure, prête à la confrontation avec le gouvernement en espérant prendre sa revanche le plus vite possible, avant même la présidentielle de 2022 si cela était possible ? Certains rêvent en effet d’une cohabitation à l’issue des législatives, d’autres tablent sur une dissolution si la volonté de réforme du chef de l’Etat se heurtait à un blocage général.



En Bourgogne, deux élus de l’Yonne illustrent l’ambiance qui règne au sein de la droite traditionnelle :
-le député LR Guillaume Larrivé (secrétaire départemental du parti LR dans l’Yonne) qui représente la ligne dure, celle des sarkozystes et de Laurent Wauquiez. Après avoir traité Emmanuel Macron « d’incompétent, inexpérimenté et communautariste » à l’issue du premier tour, il n’a donné aucune consigne de vote pour le second tour, tout en déclarant qu’à "titre personnel" il voterait blanc.

Un autre élu de la droite icaunaise a fait un choix différent : dès le 15 mars, le sénateur Jean-Baptiste Lemoyne avait annoncé son soutien à Emmanuel Macron pour l'élection présidentielle. Guillaume Larrivé avait alors dénoncé 'un "ralliement opportuniste" et une "trahison lamentable". Un avis partagé par le parti Les Républicains qui a lancé une procédure d'exclusion à l’encontre de celui qui était président de la fédération LR de l’Yonne.

Que va-t-il se passer maintenant ?

Que va-t-il se passer maintenant qu’Emmanuel Macron est installé au plus haut sommet de l’Etat ? Officiellement, les membres du parti Les Républicains jouent la carte du regroupement. L’objectif est de résister à la montée du Front national et de ne pas laisser les frontistes occuper la première place sur la partie droite de l’échiquier politique à l’issue des législatives.

Mais, officieusement, nombre d’adhérents craignent que la dissension (à l'image de celle qui oppose Guillaume Larrivé et Jean-Baptiste Lemoyne) ne se propage et aboutisse à une disparition du parti Les Républicains sous sa forme actuelle.
Face à cette menace, François Baroin, qui est chargé de mener la bataille des législatives pour Les Républicains, a mis en garde les élus de son camp qui auraient l’intention de se mettre en marche : ceux qui emboiteront le pas à Emmanuel Macron perdront leur investiture et trouveront face à eux des candidats LR ou UDI.  Cette menace suffira-t-elle à convaincre la famille du parti Les Républicains à rester soudée ? 


"Il faut libérer Emmanuel Macron des fortes pressions socialistes"

On peut en douter quand on entend l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin déclarer sur France 2 lundi 8 mai : "Il faut libérer Emmanuel Macron des fortes pressions socialistes qui vont peser sur lui. Et donc il faut des gens modérés, de droite et du centre, qui veulent une rupture avec la politique passée." L’ex chef du gouvernement estime être "tout à fait en situation de compatibilité" avec le nouveau président et dit ne pas être favorable aux "procès politiques" et à ce que l'on "sanctionne ceux qui ont envie de travailler avec Emmanuel Macron".

De son côté, l'ancien ministre LR Bruno Le Maire estime qu’Emmanuel Macron doit "impérativement tendre la main" et adresser des "gestes" aux électeurs de la droite et du centre. "Oui, je pourrais travailler dans une majorité de gouvernement", a réaffirmé l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy et François Fillon.

Selon un sondage Kantar Sofres-OnePoint, En Marche! recueillerait entre 24% et 26% des intentions de vote aux législatives, devant Les Républicains (22%), le Front national (21-22%), la France insoumise (13%-15%) et le PS (8-9%).

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