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Procès du meurtre de Sophie Lionnet à Londres : l'accusé se défend d'avoir joué un rôle déterminant

C'est au tribunal d'Old Bailey à Londres que le procès se déroule jusqu'au 11 mai. / © NIKLAS HALLE'N / AFP
C'est au tribunal d'Old Bailey à Londres que le procès se déroule jusqu'au 11 mai. / © NIKLAS HALLE'N / AFP

Le procès des meurtriers présumés de Sophie Lionnet se poursuit à Londres. Ce jeudi, l'homme qui l'employait comme fille au pair s'est défendu d'avoir joué un rôle déterminant dans la mort de la jeune femme. 

Par M. F. avec AFP

L'employeur de Sophie Lionnet a affirmé jeudi n'avoir jamais levé la main sur cette jeune fille au pair française qu'il est accusé d'avoir tué avec sa compagne, face à l'avocat de celle-ci qui tentait de lui attribuer un rôle déterminant dans les événements.

"Je n'ai jamais, jamais, jamais touché ou battu Sophie", a déclaré le Français Ouissem Medouni, 40 ans, interrogé devant le tribunal de l'Old Bailey, à Londres, par Icah Peart, le conseil de sa compagne et coaccusée.


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L'avocat a tenté de démontrer que Ouissem Medouni, tempéré au début, a progressivement pris le contrôle des interrogatoires filmés ou enregistrés que lui et sa compagne Sabrina Kouider, 35 ans, ont fait subir à la victime jusqu'à sa mort en septembre 2017.

Le couple tentait de faire avouer à Sophie Lionnet sa prétendue complicité avec Mark Walton, le père d'un des deux fils de Sabrina Kouider et membre fondateur du boys band Boyzone, qui avait selon eux drogué et abusé sexuellement des membres de la famille.


"Au début, je n'y croyais pas. J'y ai cru ensuite", a reconnu Ouissem Medouni au cours de son contre-interrogatoire. "J'ai parfois élevé la voix", a-t-il concédé, reconnaissant avoir "parfois" fait peur à la jeune fille au pair ou l'avoir intimidée en la questionnant. "Mais elle était plus effrayée par Sabrina".

Il voulait savoir "la vérité" pour ensuite rapporter les faits à la police, a-t-il expliqué. L'accusé a dit n'avoir lui-même jamais beaucoup parlé à Sophie Lionnet pendant les 20 mois où elle est restée au service du couple, craignant les réactions de jalousie de Sabrina Kouider : "Je limitais la communication au minimum parce que je sais comment elle est". 

"Maison de fous"

Ouissem Medouni a vivement nié être un noceur, comme l'a prétendu l'avocat de sa compagne, ou avoir pu se montrer violent ou infidèle envers elle.

 Au contraire, c'est Sabrina Kouider qui avait un caractère instable et agressif, a-t-il rétorqué, évoquant une altercation qu'elle a eue avec le père de l'accusé, pendant un séjour en France il y a quelques années. "Elle a coupé l'électricité de toute la maison. Elle a tenté d'ouvrir la porte, la fenêtre. Elle était folle", a-t-il raconté.

Il y avait beaucoup de disputes dans leur foyer, "mais c'est elle qui les commençait", a-t-il poursuivi, la qualifiant de "paranoïaque".


"Parfois, en raison de la pression dans cette maison de fous, j'avais besoin d'une pause, de marcher (...). C'est assez difficile d'aimer une femme folle", a-t-il ajouté pour expliquer ses absences, ponctuelles selon lui, du domicile.

Au cours de l'audience de mercredi, Ouissem Medouni avait affirmé que Sophie Lionnet était morte dans la nuit du 18 au 19 septembre à la suite d'un interrogatoire que sa compagne avait poursuivi seule après qu'il était allé se coucher.

"Sabrina m'a réveillé, probablement vers 01h30. Elle disait que Sophie ne respirait pas", avait raconté cet ex-analyste financier d'une voix blanche. Il avait ensuite placé le corps de la jeune femme dans une valise avant de le brûler dans le jardin du couple le 20 septembre.

Le cadavre carbonisé avait été découvert après l'arrivée des pompiers, alertés par des voisins intrigués par une importante fumée et une "horrible" odeur.

Sophie Lionnet, originaire de Troyes et âgée de 21 ans au moment des faits, avait, selon Ouissem Medouni, déjà été frappée à plusieurs reprises par Sabrina Kouider, notamment quelques jours avant sa mort avec un câble électrique.


Plusieurs années dans l'Yonne

Sophie Lionnet a vécu de nombreuses années dans l'Yonne. Elle avait notamment fréquenté le lycée Vauban à Auxerre où elle avait obtenu un CAP petite enfance en 2014. Elle revenait régulièrement en Bourgogne où sa mère Catherine Devallonné habite toujours à Paron, dans l’agglomération de Sens.

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